Geneviève Bois veut devenir médecin de famille. Elle veut pratiquer au Québec, mais aussi effectuer des missions humanitaires pour lutter contre les maladies infectieuses dans les pays en développement. La lauréate au Gala Forces Avenir 2010 dans la catégorie «Personnalité 1er cycle» n'est pas une femme ordinaire. Elle a même été première ministre au Parlement jeunesse du Québec, occupant pendant cinq jours à l'Assemblée nationale le siège où René Lévesque, Robert Bourassa, Lucien Bouchard et Jean Charest ont défendu leur gouvernement.
«Mon engagement me rend heureuse», dit l'étudiante de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal qui semble mener trois vies en une. Au cours de la dernière année, la présidente de la branche québécoise de la Federation of Medical Students' Associations (IFMSA-Québec) a organisé un important congrès réunissant à Montréal, en septembre dernier, des centaines d'étudiants en médecine. Elle a mis sur pied des activités sur la santé maternelle et remis sur les rails le journal Bulletin de santé mondiale. Elle a lancé la campagne de lutte contre la tuberculose Pour un second souffle!, reprise d'un bout à l'autre du continent à l'occasion de la Journée mondiale de la tuberculose, le 24 mars 2010.
Celle qui se décrit comme future médecin activiste est allée jusqu'à jeuner avec une quarantaine de personnes afin d'amasser des fonds pour cette campagne. L'origine de son engagement communautaire remonte à un séjour prolongé dans les Petites Antilles, plus précisément à la Grenade, où elle a monté un spectacle avec des enfants. Voyant les sourires que ces animations suscitaient, elle a créé la fondation Finding Smiles, dont la mission consiste à amener les étudiants de l'Université de Saint George's à tendre la main aux groupes vulnérables avoisinants.
De retour au Québec, elle a participé à la création de l'école d'été de l'Institut du Nouveau Monde. Le directeur de l'Institut, Michel Venne, la décrit comme une «leader naturelle» qui trouve les moyens de faire avancer les choses en stimulant les capacités d'agir des gens, comme il le déclarait au rédacteur du Gala Forces Avenir 2010, qui s'est tenu à Sherbrooke le 10 novembre. Geneviève Bois figure parmi les trois lauréats retenus sur huit finalistes, avec l'équipe de la voiture solaire Esteban V, de l'École Polytechnique, qui a aussi remporté un prix.
En 2005, Geneviève Bois s'est jointe au Parlement jeunesse du Québec. Pendant cinq ans, elle a rédigé des projets de loi, pris part à des réunions et lu des tonnes de documents. Élue «recrue de l'année» à sa première participation, elle a gravi les échelons jusqu'au poste de leader de l'opposition et de première ministre. «À voir une centaine de jeunes par année se donner à fond pour le Parlement jeunesse, je peux vous dire que les jeunes sont très intéressés par la politique. Ils travaillent comme des fous à préparer leurs interventions, à rédiger des textes, etc. Ils aiment beaucoup débattre, échanger des idées politiques. Ce qu'ils aiment moins, c'est tout le côté partisan.»
Suivie par la caméra de Fixez l'objectif dans ses cours à la Faculté de médecine, l'étudiante se dit très heureuse d'utiliser le stéthoscope. «C'est un instrument utile pour écouter le cœur, les poumons et les gros vaisseaux. Mais c'est aussi un symbole puissant que les futurs médecins ont hâte de pouvoir porter à leur cou.»
Mathieu-Robert Sauvé
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- Le stéthoscope de Geneviève Bois (Durée : 3 min 7 s)
