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Faut-il permettre l'usage de Facebook pendant les cours?

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Au terme d'un sondage mené auprès de 31 000 collégiens du Québec – dont 92 % avaient un profil Facebook actif –, Bruno Poellhuber et ses collègues ont réalisé que des élèves avaient formé des groupes Facebook pour leurs cours et y engageaient des discussions sur des sujets abordés en classe, le plus souvent à l'insu de l'enseignant.

L'usage de cette plateforme, active à l'approche des examens ou en période de production des travaux d'équipe, constitue la preuve, selon ce professeur du Département de psychopédagogie et d'andragogie de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, que les nouvelles technologies peuvent servir la cause de l'apprentissage. «Il faut apprendre à vivre avec les réseaux sociaux plutôt que de tenter de les contenir et de limiter leur portée», estime ce chercheur rattaché au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante.

Facebook comme «réseau scolaire»? Peut-être, mais il suffit d'être assis à l'arrière dans un amphithéâtre pour constater que de nombreux étudiants parcourent assidument leur liste de messages durant les heures de cours. Ils cliquent sur des liens et répondent à leurs amis. «Par le passé, lorsqu'on gribouillait sur du papier pendant un cours, ça ne dérangeait personne. Aujourd'hui, de 5 à 10 étudiants autour de nous risquent d'être distraits par les images qui défilent», mentionne Claire Bélanger, conseillère aux Services de soutien à l'enseignement.

Dans les ateliers qu'elle anime sur la gestion de classe et à l'occasion de consultations individuelles, Mme Bélanger reçoit de plus en plus de demandes d'aide d'enseignants qui s'interrogent: comment gérer Facebook, ce nouvel intrus qui s'impose entre l'enseignant et l'apprenant? «On nous rapporte des cas de visionnement de films, de jeux vidéos et de bien d'autre chose. Tous les secteurs d'études sont touchés, tant en sciences sociales qu'en sciences pures.»

L'interdiction proprement dite n'est pas conseillée, car plusieurs travaux se font en recourant aux nouvelles technologies en temps réel. Il faut se tourner vers la responsabilisation de l'étudiant. Et l'enseignant a un rôle à jouer. «L'important est de bien définir les balises dès le début du cours, voire dans le plan de cours», dit-elle. Le professeur peut indiquer qu'il accepte la recherche en ligne, par exemple, mais préciser que le recours aux réseaux sociaux devra avoir un lien direct avec le sujet du cours. Des sanctions devraient-elles être appliquées en cas de non-respect des consignes? Doit-il demander aux étudiants de moucharder leurs voisins de bureau qui clavardent? Non, une fois que le professeur a défini les limites de l'utilisation des réseaux sociaux qu'il entend permettre à ses étudiants, il doit faire confiance à ses vis-à-vis.

Mme Bélanger a tracé un état de la situation dans les universités canadiennes pour le compte du Comité institutionnel sur l'utilisation des technologies mobiles en classe. «Les enseignants sont conscients que les étudiants utilisent leurs portables et autres appareils électroniques en classe à des fins autres que celles poursuivies par le cours. Toutes les universités sont aux prises avec ce phénomène et composent avec à leur façon», signale-t-elle.

D'un bout à l'autre du Canada, les pédagogues réagissent en intégrant les appareils dans l'apprentissage de manière structurée, en tolérant leur usage sans en fixer les limites ou en les interdisant. Bien que cette dernière attitude soit exceptionnelle, elle s'appuie sur une réalité documentée: l'ordinateur peut nuire à l'apprentissage en détournant l'attention. «Des études le démontrent formellement: on ne peut pas rester concentré sur la matière si l'on s'active sur son compte Facebook», commente Mme Bélanger.

Les compétences relatives au mode multitâche ne seraient qu'un mythe, reprend M. Poellhuber. «En classe, je suis résolument contre l'usage personnel de Facebook, souligne-t-il. Ça doit rester dans un cadre professionnel. L'utilisation des technologies mobiles en classe doit être canalisée de manière que les étudiants consacrent leurs activités et leur attention à des sujets liés au cours.»

Cela dit, une nouvelle tendance en éducation consiste à se créer un profil professionnel sur Facebook. M. Poellhuber vient tout juste de s'y mettre. Mais il fait remarquer que cette innovation va à l'encontre de la philosophie Facebook qui préconise le profil unique. En tout cas, pas question, pour l'universitaire, d'être «ami» avec ses étudiants. «Discuter sur Internet, très bien, mais ils n'ont pas à voir mes photos de vacances.»

Sans recommander l'interdiction des outils de communication, il plaide pour l'éducation à une «citoyenneté numérique» qui baliserait le recours aux réseaux sociaux. Il y a encore une éducation à faire quant à l'éthique, notamment en ce qui concerne le plagiat. «Les jeunes ont une culture du copier-coller qui n'est pas toujours valable. De même, ils ne font pas toujours la différence entre le privé et le public, surtout sur Facebook.»

Avec d'autres spécialistes des nouvelles technologies en milieu scolaire, M. Poellhuber entamera sous peu une étude en milieu universitaire sur l'utilisation des technologies mobiles en classe. Elle visera à cerner les problèmes qui y sont associés, mais aussi les usages bénéfiques pour l'apprentissage.

Mathieu-Robert Sauvé

 

Services de soutien à l'enseignement

 

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