Le parcours inusité de Vicky Denis

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Vicky DenisL'équipe de hockey féminin des Carabins permet à des jeunes femmes de pratiquer leur sport préféré à un haut niveau tout en étudiant en français, ce qui était impossible il n'y a pas si longtemps. Pour la défenseuse Vicky Denis, la récente formation de cette équipe l'a remise sur les rails de la compétition.

Née à Rivière-au-Renard, en Gaspésie, Vicky Denis est initiée au patinage très jeune par ses parents, amateurs de hockey. «J'ai tout de suite eu la piqure, se souvient-elle. D'ailleurs, tout le monde en Gaspésie adore le hockey. C'était donc naturel pour moi d'y jouer.»

Elle patine dans des ligues organisées de 8 à 12 ans, mais doit ensuite abandonner, car il n'y a pas de ligue féminine à un niveau plus élevé dans sa région. «J'avais toujours joué avec des gars, mais, à l'âge de 12 ans, le jeu devient plus physique et c'était plus difficile pour moi», indique la jeune femme.

Elle continue cependant de pratiquer son sport favori sur les patinoires extérieures tout en devenant arbitre afin de patiner régulièrement. «J'ai arrêté de jouer pendant une année seulement et ça m'a énormément manqué. Malheureusement, c'était pour moi le seul moyen de rester en contact avec le hockey.»

Lorsqu'elle arrive au Cégep de la Gaspésie et des Îles à l'âge de 17 ans, l'étudiante s'inscrit dans une ligue féminine, mais il s'agit d'une ligue de garage. «Je jouais avec des femmes qui avaient le double de mon âge et qui n'avaient jamais vraiment joué au hockey avant, dit-elle. Bref, ce n'était pas très satisfaisant comme expérience.»

Pour la jeune Gaspésienne, jouer au sein d’une équipe de hockey universitaire s’apparente à un rêve. (Photo: James Hajjar)Une occasion inouïe

À l'été 2008, elle quitte sa région natale pour Montréal afin d'étudier en physiothérapie à l'UdeM. C'est alors qu'elle apprend qu'une équipe de hockey féminin est en train de se constituer chez les Carabins et elle décide de participer au camp d'entrainement. «Au début, c'était très dur, soutient-elle. Je n'avais pas joué dans une ligue compétitive depuis les peewees.»

«Le progrès qu'elle a fait au camp et par la suite, pendant notre année de préparation, est simplement remarquable, signale l'entraineuse-chef Isabelle Leclaire. Elle s'est améliorée sur tous les plans et est devenue bien plus mobile. Elle possède à présent un bien meilleur contrôle de la rondelle. Honnêtement, si nous avions amorcé nos activités la saison dernière, nous ne l'aurions pas gardée dans l'équipe.»

Une soirée mémorable

Le 16 octobre 2009, Vicky Denis a vécu une soirée historique en prenant part au match inaugural du seul programme de hockey féminin dans une université francophone au Québec. Devant plus de 1500 spectateurs, elle a endossé l'uniforme bleu, blanc, noir pour la première fois.

Les Carabins l'ont emporté 4-1 contre les Stingers de l'Université Concordia. «Ce match va demeurer un des plus beaux moments de ma vie.»

Si les Carabins impressionnent à leur première saison universitaire, on peut en dire autant de Vicky Denis. Isabelle Leclaire se dit très satisfaite du jeu de la défenseuse. «Vicky est très intelligente et elle s'applique énormément dans tout ce qu'elle fait, affirme-t-elle. Elle continue de nous impressionner et commet très peu d'erreurs sur la glace.»

Pour Vicky Denis, être aujourd'hui entouré de joueuses de haut calibre, de légendes du hockey féminin comme France St-Louis et Danièle Sauvageau, de physiothérapeutes, de médecins, de préparatrices physiques est tout simplement extraordinaire.

Mais l'étudiante garde les pieds sur terre. «Pour l'instant, je ne regarde pas trop en avant, explique-t-elle. Je prends les choses une année à la fois et, même si le hockey prend beaucoup de place à l'heure actuelle, je demeure consciente que mes études en physiothérapie demeurent la priorité. Cependant, je ne pensais jamais atteindre le calibre de jeu auquel je suis et qui sait jusqu'où cela me mènera.»

Alexis Bélanger-Champagne
Collaboration spéciale

 

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