Claude Viau, toxicologue et ... comédien amateur !

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Entre deux opérations de surveillance biologique, Claude Vian chante, fait de la photo ou joue la comédie.Tenue décontractée, voix modulée, Claude Viau n'hésite pas, dans ses leçons en communication scientifique, à s'affubler d'un nez de clown et d'une perruque blonde pour souligner que donner un cours, c'est comme faire du théâtre. «Un cours magistral peut être soporifique ou captivant. Comme en toxicologie, c'est la dose qui compte», signale le titulaire de la Chaire d'analyse et de gestion des risques toxicologiques et grand amateur de théâtre.

«Je suis un fidèle abonné du Théâtre du Nouveau Monde», affirme le professeur du Département de santé environnementale et santé au travail, en nommant ses metteurs en scène préférés: Lorraine Pintal, René Richard Cyr et Normand Chouinard. S'il fait parfois le bouffon lorsqu'il enseigne, et même sur scène – M. Viau fait partie d'une troupe de théâtre amateur –, son dada, c'est la recherche et l'enseignement. À son laboratoire du pavillon Marguerite-d'Youville, il étudie principalement les hydrocarbures aromatiques polycycliques, des polluants répandus issus de l'environnement en général et de certains milieux de travail.

Avec son équipe, le spécialiste de la «surveillance biologique» a conçu des biomarqueurs pour mesurer l'intensité de l'exposition à différents polluants de l'environnement. «Il s'agit d'indicateurs biologiques, comme le sang et l'urine, qui servent à mesurer directement chez l'humain les expositions environnementales afin de prévenir les maladies qu'elles pourraient provoquer, explique le professeur Viau. Les progrès impressionnants réalisés dans le domaine de l'analyse chimique de traces de substances potentiellement toxiques dans les milieux biologiques ont favorisé un plus grand usage de cet outil.»

Préoccupé depuis quelques années par les aspects éthiques de l'analyse des risques, le chercheur vient d'écrire un chapitre de livre sur le sujet. L'ouvrage intitulé General and Applied Toxicology devrait paraitre l'automne prochain aux éditions John Wiley & Sons.

Chercheur de renommée internationale...

Sa feuille de route est impressionnante. Après une formation en chimie à l'Université McGill (1975), il s'est spécialisé en chimie analytique en 1979 à l'Université de Montréal et a obtenu, en 1985, une licence et un doctorat en sciences médicales, option «toxicologie industrielle», de l'Université catholique de Louvain, en Belgique.

Il a travaillé dans le secteur privé et a participé à la création des laboratoires de l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail du Québec avant d'être engagé, en 1987, par la Faculté de médecine de l'UdeM. Son expertise est aujourd'hui sollicitée partout dans le monde, notamment par la Commission internationale de la santé au travail et l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail. Bref, il possède un CV en béton!

Malgré ses nombreuses publications, sa carrière se déroule sans tambour ni trompette médiatiques. Bon vulgarisateur – M. Viau assume depuis 20 ans, avec son collègue Michel Guérin, la rédaction d'une chronique dans la revue Travail et Santé –, il lui a toujours semblé que l'essentiel résidait dans la recherche, la pédagogie et la transmission des connaissances auprès des gens du milieu afin d'aider à la prise de décision en santé publique.

... et photographe!

En entrevue à Forum, Claude Viau discute d'appareils photo et d'objectifs avec le photographe du journal. Car le professeur et chercheur se passionne également pour la photographie. Avec son Nikon D80, il adore croquer sur le vif des scènes cocasses de la vie de tous les jours. «Des paysages, certes, mais surtout des gens», confie celui qui s'adonne à ce passetemps depuis l'âge de 27 ans. «À l'époque, je faisais des études à Bruxelles», précise ce fils de boulanger et papa de trois enfants (Catherine, Dominic et Marc-André).

Né en 1954 à Montréal, Claude Viau, qui est en outre membre du chœur Amabilis de la Rive-Sud, aurait tout aussi bien pu devenir photographe. Mais sa fibre scientifique a eu raison de son amour pour la photo. «Il y a tellement de surprises en science! s'exclame-t-il. À chaque avancée, nous découvrons de nouveaux paysages, de nouvelles perspectives de progrès...»

Dominique Nancy

 

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