Six aventuriers de la région montréalaise tenteront de dompter les 300 km de la Rivière aux Feuilles, dans le Nunavik, en juillet prochain, au profit d'un organisme qui vient en aide aux familles d'autistes de la région de Lanaudière.
« Depuis que je suis enfant, je rêve d'une expédition de ce genre dans le grand nord, reprend Mathieu-Robert Sauvé, rédacteur au journal Forum de l'Université de Montréal et président de l'Association des communicateurs scientifiques du Québec. Nous approchons du départ et je sens qu'on est tous impatients de nous envoler vers la toundra. »
« C'est le voyage de ma vie », lance Benoit Laporte, chef du marketing chez ViaRail Canada et initiateur du projet, lui-même père d'une autiste.
Même si l'expédition se déroule en plein été, chaque canoteur devra revêtir en permanence une combinaison isothermique pendant la journée car la température de l'eau demeure très basse. On s'attend à des conditions météo difficiles. « Il y a des tempêtes de vent pendant lesquelles on ne peut rien faire. Il faut camper sur place jusqu'à l'accalmie, mentionne Étienne Denis, chef d'entreprise, qui a conçu l'itinéraire. Et c'est sans parler des moustiques. »
Plus de 18 mois de préparations ont été nécessaires au groupe qui profite de la visibilité médiatique de ce voyage pour faire porter l'attention sur les difficultés vécues par les familles d'autistes, laissées souvent à elles-mêmes après les heures ouvrables. Les fonds recueillis pendant et après l'expédition seront versés aux Répits de Gaby, un organisme sans but lucratif de la région de Lanaudière. En 2004, le groupe de canoteurs avait permis d'amasser quelque 40 000$ dans le cadre d'une expédition similaire, sur la rivière George, rendant possible l'achat d'une maison qui reçoit aujourd'hui 87 enfants autistes, toutes les fins de semaine.
La rivière aux Feuilles doit son nom à une population riveraine de saule nordique, le Salix phylicifolia, dont les bourgeons nourrissent les inuits. En inuktitut, elle se nomme Kuugaaluk (la grande rivière) ou Itinniq (où il y a de grandes marées). Selon Parcs Canada, l'estuaire de la rivière aux Feuilles connaît en effet les plus fortes marées du monde : plus de 18 mètres. La dernière étape du voyage est d'ailleurs la plus délicate puisque les aventuriers n'auront que deux heures pour franchir l'embouchure de la rivière vers la baie d'Ungava. Sans une bonne coordination, les courants contraires sont trop puissants pour permettre au groupe d'atteindre Tasiujak, destination finale.
Le groupe, qui compte également un étudiant à la maîtrise, un avocat et un policier, s'attend à des rencontres fortuites avec des animaux sauvages (loups, ours, caribous, phoques et bœufs musqués) mais se prépare surtout à vivre beaucoup d'émotions.
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