Vincent Dumez met son expérience au service du personnel médical

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Vincent DumezContaminé accidentellement par le virus du sida au cours d'une transfusion sanguine dans les années 80, Vincent Dumez réalise l'ampleur de ce drame lorsqu'il confie sa séropositivité à une personne dont il est tombé amoureux. «Ça m'aura pris une crise amoureuse pour comprendre ce que le sida signifiait», explique-t-il.

Militant au sein des organismes montréalais d'aide aux personnes atteintes du virus de l'immunodéficience humaine, il découvrira un monde marginalisé par l'exclusion. «Une sacrée leçon de vie», dit cet hémophile qui a reçu des centaines de transfusions sanguines, dès son enfance, pour survivre.

Diplômé de HEC Montréal en finance et management, Vincent Dumez n'a jamais cessé d'étudier. Il met aujourd'hui son expérience de patient au service du personnel médical à titre de directeur du Bureau facultaire de l'expertise patient partenaire. Le milieu hospitalier, il connait! «Si je totalise tous les moments que j'ai passés à l'hôpital, cela donne environ quatre années complètes, soit presque 10 % de toute ma vie.»

Présenté comme un partenaire dans le processus médical plutôt que comme un simple rouage, le patient a beaucoup à offrir aux professionnels de la santé, et le bureau dirigé par Vincent Dumez a pour but de favoriser ce partenariat sous toutes ses formes.

Sans être une première, l'expertise du patient mise au service d'une faculté de médecine est encore peu exploitée, et l'Université de Montréal veut la développer à une large échelle. Vincent Dumez donne de nombreuses conférences et consultations dans des unités médicales. À notre passage au Département de radio-oncologie de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont l'hiver dernier, une centaine de personnes assistaient à sa présentation. «La relation entre le médecin et son patient se transforme depuis quelques années. On sent que le modèle paternaliste se lézarde au profit d'une relation plus égalitaire», fait observer le spécialiste.

L'autonomie croissante du patient ne doit pas faire oublier que les traitements doivent être respectés pour être efficaces. «Le patient a sa part de responsabilités, indique-t-il. Une personne qui ne prend pas ses médicaments peut faire échouer le traitement. La confiance doit être établie et maintenue pour assurer le succès de l'intervention.»

Le système de soins s'est nettement amélioré au cours des dernières décennies; il peut traiter des affections beaucoup plus complexes qu'autrefois. Mais il faut prendre garde aux distances entre soignants et soignés. «On est en train d'ouvrir une porte entre les deux groupes, résume-t-il. Mon rêve, c'est que les hôpitaux soient un jour le lieu d'un véritable partenariat, un lieu de vie.»

Mathieu-Robert Sauvé

 

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