«L'Université de Montréal, c'est une bonne partie de ma vie», affirme Hubert Reeves à la caméra de Fixez l'objectif.
Originaire du quartier Côte-des-Neiges, l'astrophysicien et vulgarisateur scientifique a grandi en regardant la tour du pavillon Roger-Gaudry. Il se disait: «Un jour j'irai y étudier les sciences physiques.» Il fera bien mieux. Après avoir obtenu un baccalauréat à l'UdeM en 1953 et passé plusieurs années aux États-Unis, où il côtoiera les plus grands noms de la physique et sera notamment conseiller scientifique à la NASA pendant quatre ans, il acceptera un poste de professeur dans son alma mater. En 1965, il devient directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, en France, mais conservera une affiliation à l'UdeM. «Je suis professeur associé au Département de physique depuis plus de 30 ans maintenant.»
Au moins deux fois par année, lors de ses passages au Québec, il accepte des invitations de ses collègues pour animer des séminaires ou prononcer des conférences. «Je lis tout ce que je peux sur ma discipline, explique-t-il. En science, on est vite dépassé si l'on ne se tient pas au courant et notre réputation en paie le prix.»
Même s'il avait la tête dans les étoiles, le jeune Hubert Reeves avait pris l'habitude de se promener dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, où il observait la nature. «Un jour, j'ai regardé la fosse qu'on avait creusée pour y déposer un cercueil. Le corps allait y être transformé en atomes, en molécules. Les racines viendraient y chercher de la matière nutritive. Cette idée de recyclage cosmique, si je puis dire – les étoiles font les atomes, les systèmes planétaires la vie –, m'a toujours beaucoup plu quand je venais ici.»
C'est à quelques mètres de la Faculté de droit (fondée par son parrain, Maximilien Caron) que ses parents sont enterrés. «C'est autour de ce monument que reposent mon père, ma mère, ma grand-mère, mon grand-père», dit-il devant une tombe de marbre noir. Il en profite pour faire le tour du site avec son iPhone, un outil indispensable qui lui sert d'aide-mémoire, d'appareil photo et vidéo et de dictaphone.
Même s'il vit en Bourgogne avec sa femme depuis plusieurs décennies, M. Reeves revient régulièrement au Québec. À sa dernière visite, le 19 octobre, l'Université de Sherbrooke lui a décerné un doctorat honoris causa... son huitième. Il a donné plusieurs conférences en sol québécois, notamment à l'UQAM avec son neveu François Reeves, cardiologue d'intervention et professeur à l'UdeM (voir l'article «La pollution expliquerait la hausse des maladies cardiovasculaires»). Leur présentation en duo avait pour titre «Du cœur des étoiles au cœur de l'homme».
L'Université de Montréal lui a pour sa part remis un doctorat honorifique dès 1983. Un astéroïde (le 9631) porte aussi son nom.
Auteur prolifique, il signe en 2011 La petite affaire jaune (Elytis), un 26e ouvrage. Après des volumes sérieux sur l'astronomie et l'origine du monde, dont certains ont connu un succès international, il livre ici une réflexion sur l'humour. Contes, histoires et devinettes composent ce livre abondamment illustré.
Mathieu-Robert Sauvé
Voir le clip
- La Côte-des-Neiges d'Hubert Reeves (Durée: 3 min 40 s)
À lire aussi
- La pollution expliquerait la hausse des maladies cardiovasculaires
(paru dans Forum le 31 janvier 2011)
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