Nouvellement engagé par l'Université de Montréal – après 22 ans à l'UQAM –, Simon Harel est depuis juillet dernier directeur du Département de littérature comparée de la Faculté des arts et des sciences. Un de ses projets consistera à parcourir la ville de Montréal afin de recueillir les récits de vie de gens auxquels on s'intéresse peu habituellement: chauffeurs de taxi, itinérants...
Lauréat du prix Trudeau 2009-2012, Simon Harel est spécialiste des écritures migrantes. Parmi quelque 25 ouvrages qu'il a signés, son Voleur de parcours, publié en 1989 et réédité en 1999, est reconnu comme l'un des livres les plus significatifs des années 80 et 90 dans le champ des études culturelles au Québec. Son plus récent essai s'intitule Attention écrivains méchants.
«Le Département de littérature comparée de l'Université de Montréal a une solide réputation et je suis très fier d'en faire partie», dit le psychanalyste qui a notamment étudié avec l'éminente écrivaine Julia Kristeva, professeure à l'Université Paris Diderot-Paris 7.
Autrefois, la littérature comparée était basée sur les comparaisons de thématiques selon les langues. On analysait par exemple une œuvre selon ses versions allemande ou italienne.«Avec le temps, la littérature comparée a évolué vers une analyse interdisciplinaire. C'est ainsi que l'on conçoit la discipline à l'UdeM. On réfléchit sur l'intermédialité, comme le cinéma, la littérature et d'autres formes d'art dans la société.»
Simon Harel n'a aucun mal à admettre que l'intellectuel a sa place au milieu du «vrai monde», qu'il a même le devoir d'y puiser la source de sa réflexion et de son action. Ce n'est pas par hasard que l'une de ses premières réalisations au département aura été de présenter, en collaboration avec la Maison de l'architecture du Québec, un débat sur l'embourgeoisement au centre-ville de Montréal. À l'occasion de la rencontre Striptease du Quartier des spectacles, une centaine de personnes ont pu assister à des récitals de poésie, des visites de sites culturels et des débats sur la survie des quartiers populaires. Le 30 septembre, des spécialistes de la question se sont livrés à une réflexion collective sur la scène d'un bar de danseuses nues, le Cléopâtre.
Grand amoureux de Montréal, Simon Harel voit la métropole québécoise comme l'une des villes les plus intéressantes du continent pour affronter l'avenir. On trouve ici, entre autres, la plus grande concentration de personnes trilingues d'Amérique du Nord. En plus de son caractère francophone, Montréal offre une qualité de vie riche, forte de sa diversité culturelle.
Selon Simon Harel, les professeurs ont la responsabilité d'être «bienveillants» à l'égard de leurs étudiants. Ils doivent leur assurer un encadrement rassurant pour leur permettre de se concentrer sur le développement de leur créativité.
Mathieu-Robert Sauvé
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- Le Montréal de Simon Harel (Durée: 3 min 27 s)
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