Clément Arsenault vient de prendre les rênes de l'EBSI

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Clément ArsenaultLa plupart des programmes d'études sont régulièrement révisés. Mais peu sont revus aussi fréquemment qu'à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI).

«Il est absolument nécessaire de se mettre à jour. L'effet du numérique est partout, les changements constants. La moitié des contenus de chaque cours est à revoir chaque année», dit le nouveau directeur de l'École, Clément Arsenault.

L'EBSI, faut-il le rappeler, n'offre pas de scolarité de baccalauréat. Et les étudiants qui viennent y faire une maitrise doivent avoir en main un diplôme de premier cycle, peu importe la discipline. De sorte que les nouveaux étudiants ont un tronc de cours communs important, question de mettre tout le monde sur la même longueur d'onde. Encore cette année, la liste des disciplines représentées frise les 70!

«Plus tard, certains vont retrouver leur champ d'études. Par exemple, un diplômé en histoire pourra concevoir un système d'information sur une base informatique spécialisée dans son domaine», explique M. Arsenault.

D'ailleurs, cette multidisciplinarité n'est certainement pas pour déplaire au nouveau directeur, qui est lui-même titulaire de deux maitrises assez éloignées l'une de l'autre, soit en chimie et en chinois. «Ce fut une suite alphabétique», lance-t-il à la blague. Après avoir passé deux ans à Shanghai et un an à Hong Kong, M. Arsenault parle couramment le mandarin. «Le gout de découvrir autre chose» l'a ensuite conduit à la maitrise et au doctorat en bibliothéconomie.

Seule école du genre entièrement francophone – l'Université d'Ottawa offre désormais un programme dans la discipline mais bilingue –, l'EBSI est régie par l'American Library Association, qui s'est prononcée dans les années 70 en faveur d'une formation préalable dans un champ d'études autre. Clément Arsenault trouve l'idée pleine de bon sens.

«Ce qui nous guide avant tout, c'est la chaine documentaire ou son esprit, car les sciences de l'information se détachent du document. Mais on prend un document et l'on s'interroge sur la manière de le présenter, le décrire, l'organiser dans un système et aussi, ne l'oublions pas, le préserver. Puisqu'il faut en effet se demander si le support choisi sera encore lisible dans 50 ans.»

Clément Arsenault fait observer que la demande pour des documents électroniques en est encore à ses débuts et que les défis sont colossaux. «Nous fonctionnons par essai-erreur dans nos descriptions de documents. Auparavant avec l'imprimé, il y avait une page titre; aujourd'hui, il faut repenser nos modèles.»

Et de plus en plus, ces modèles sont repensés avec l'utilisateur en tête. Que veut-il? Quels sont ses besoins? Les regroupements et classifications proposés le sont en fonction du comportement de l'utilisateur.

Depuis 1997, l'EBSI offre aussi la scolarité de doctorat. Mais encore là, des changements sont en cours. Et, à l'hiver 2011, la version révisée de ce doctorat sera fin prête.

M. Arsenault voit donc son mandat comme un travail de consolidation. Et aussi, sans doute, d'accroissement du volume des recherches, grâce à tous les nouveaux professeurs qui ont rejoint les rangs de l'EBSI récemment.

Paule des Rivières

 

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