Vingt-quatre salles de classe et deux amphithéâtres du pavillon du 3200–Jean-Brillant de l'Université de Montréal ont subi une cure de rajeunissement majeure cet été. «Les étudiants vont constater le changement dès qu'ils vont s'engager dans le corridor. Ils vont dire wow!» lance Robert Couvrette, directeur général des immeubles.
Avec le photographe de Forum, M. Couvrette fait le tour du propriétaire afin de montrer les transformations survenues au terme de plusieurs semaines de travaux dans l'un des pavillons les plus occupés du campus. «Environ 6000 étudiants s'assoient ici simultanément, sans compter ceux des pavillons adjacents, Maximilien-Caron et Lionel-Groulx. Nous parlons du pôle le plus populeux du campus. Souvent, l'occupation est de 100 % du matin au soir, car les étudiants de la Faculté de l'éducation permanente prennent la relève de ceux du jour», mentionne-t-il en ouvrant la porte d'un local de 60 places, frais peint, qui sent le neuf.
En plus du mobilier renouvelé et du réaménagement de l'espace, signé par l'architecte Frédéric Leclerc, le pavillon du 3200–Jean-Brillant comporte des installations technologiques d'avant-garde. Chaque poste est pourvu d'une prise électrique et d'une prise permettant la connexion à Internet. De plus, le professeur règle la lumière et le système de projection grâce à une console minimaliste. Une caméra insérée dans le plafond permet la rétroprojection de tout document déposé sur le bureau.
Il y a aussi les changements qu'on ne remarque pas, comme la ventilation restaurée et les gicleurs d'incendie, auparavant inexistants. «C'est ce qui a été le plus couteux et le plus complexe, note le directeur général: la mise à niveau selon le Code de construction.»
Amphithéâtre méconnaissable
L'amphithéâtre B-2325, lui aussi complètement rénové, est méconnaissable. Des sièges rembourrés et des tablettes de travail escamotables améliorent considérablement le confort. «J'avoue que le bâtiment, construit en 1968, vieillissait mal. Des murs gris, des corridors tristes... Si j'avais dû faire une maitrise ici, je crois que j'aurais fait un burnout avant la fin», laisse tomber M. Couvrette.
Plus de 55 M$ (incluant 10 M$ uniquement pour les installations technologiques) ont été nécessaires à la rénovation des pavillons du 3200–Jean-Brillant, Maximilien-Caron et Lionel-Groulx, dont les travaux se poursuivront à l'été 2011. L'an dernier, on a rafraichi 14 salles de classe et il en restera 12 l'an prochain, en plus de 6 amphithéâtres.
Il n'y a eu aucun dépassement de couts et les échéanciers ont été respectés, souligne M. Couvrette. «À la rentrée, on peut dire que toutes les salles de classe sont prêtes, dit-il. Toutefois, certains travaux ont dû être ajournés. Nous avons mis l'accent sur les locaux où se déroulent des cours.»
C'est un point sur lequel M. Couvrette insiste: toutes ces rénovations servent d'abord la mission première de l'Université, l'enseignement. «On a cherché à redonner aux étudiants des locaux modernes et bien adaptés aux pratiques technologiques d'apprentissage en milieu universitaire», indique le site Web de la Direction des immeubles.
Il faudra s'habituer à voir l'intérieur du plafond du deuxième étage durant les prochains mois. Les tuiles du faux plafond contenaient de l'amiante et ont été retirées.
Ceux qui s'étonneront de retrouver le bon vieux tableau noir et la craie derrière le bureau du professeur doivent savoir que cet anachronisme résulte d'une consultation auprès de la communauté universitaire. «Tableau noir ou tableau blanc, ce débat s'est poursuivi jusqu'à l'Assemblée universitaire, fait observer M. Couvrette, amusé. Il y avait des défenseurs des deux options. La craie sur le tableau produit une fine poudre; le crayon-feutre du tableau blanc dégage une odeur d'alcool qui déplait à certains.»
Au final, les opinions étaient partagées au point où aucune majorité ne se dessinait. On a donc tranché en faveur du tableau noir. Voilà une technologie qui ne se démodera pas.
Pour le reste, on en a pour trois décennies, estime M. Couvrette.
Mathieu-Robert Sauvé
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