Pandémie H1N1: l'UdeM est prête

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De gauche à droite, MM. Lalande, Breton et Massé, et Mme BourgaultLes membres du personnel administratif et de soutien n'ont plus à présenter de certificat médical attestant qu'ils souffrent du virus de la grippe A (H1N1) pour obtenir jusqu'à sept jours de congés de maladie consécutifs. De leur côté, les étudiants atteints de symptômes grippaux n'ont qu'à remplir une fiche d'autodéclaration en ligne pour justifier leurs absences.

Voilà deux mesures mises en place par l'Université de Montréal pour contenir la pandémie de grippe qui frappe à nos portes. Il y en a plusieurs autres. «Nous avons accéléré nos efforts pour que notre plan de gestion de crise soit adapté à la situation. Je peux vous dire que ce plan va continuer à bouger, chaque jour, en fonction de l'évolution de la pandémie », a dit le directeur de la prévention et de la sécurité, Marc Lapointe, à environ 200 personnes réunies pour une séance d'information le 3 novembre à l'amphithéâtre Ernest-Cormier.

Le directeur de l'École de santé publique, le Dr Richard Massé, a rappelé que, mis à part sa virulence pour quelques groupes à risque (femmes enceintes, enfants, personnes atteintes de maladies chroniques), le virus H1N1 n'est pas très différent de ceux qui causent les grippes saisonnières. Même l'Organisation mondiale de la santé qualifie la pandémie actuelle de «modérée».

Mais il faut se préparer de façon particulière à la vague automnale, car elle pourrait infecter un très grand nombre de gens. Alors que la grippe saisonnière affecte de 5 à 20% de la population, entrainant de 1000 à 1500 décès par an au Québec, la nouvelle souche pourrait toucher de 30 à 50% de la population. Selon le scénario des 30%, on peut penser que plus de deux millions de Québécois seraient malades pendant quelques jours. «De ceux-ci, un peu moins d'un million et demi devront consulter un professionnel de la santé. Plus de 30 000 personnes devront séjourner à l'hôpital et plusieurs milliers pourraient en mourir.»

Le Dr Massé ne veut pas être alarmiste. En citant ces chiffres, il ne fait qu'appliquer des méthodes de calcul épidémiologiques. Le 20e siècle, a-t-il fait remarquer, en est à sa quatrième pandémie de grippe après les souches H2N2 en 1957 (grippe asiatique: 2 millions de morts), H3N2 en 1968 (grippe de Hong Kong: 1 million de décès) et, bien sûr, H1N1 de 1918 (grippe espagnole: de 20 à 40 millions de morts). Rappelons que cette dernière a particulièrement frappé les jeunes de 20 à 40 ans.

En matière de santé publique, une bonne préparation réduirait la transmission du virus, diminuerait la mortalité et la morbidité et permettrait d'améliorer l'efficacité des services publics.

Toute personne qui présente des symptômes de grippe (fièvre, toux, maux de tête, courbatures, fatigue intense) devrait rester à la maison. (Photo: iStockphoto)Protéger les étudiants

Le Dr Raymond Lalande, vice-recteur adjoint aux études, a souligné que la protection de la santé des étudiants était une priorité dans le plan d'urgence. Or, toute personne qui présente des symptômes de grippe (fièvre, toux, maux de tête, courbatures ou fatigue intense, etc.) devrait rester à la maison, et ce, jusqu'à la disparition des symptômes. Sur le site conçu par le Bureau des communications et des relations publiques, <umontreal.ca/grippe>, il est indiqué que les étudiants ne doivent pas revenir à l'Université avant d'avoir passé au moins 24 heures sans fièvre. «Au besoin, consultez un médecin au Centre de santé et de consultation psychologique de l'UdeM, ou dans un CLSC près de chez vous. Pour savoir ce qu'il faut faire si vous avez des symptômes de la grippe, consultez l'outil d'aide à la décision du gouvernement du Québec», peut-on lire.

On s'attend à ce que l'absentéisme atteigne des sommets au cours des prochaines semaines ou des prochains mois. Mais on garde à l'esprit l'atteinte des objectifs pédagogiques. Pour ce qui est du rattrapage, on laissera aux unités le soin d'en préciser les modalités. «On ne peut pas appliquer une politique semblable à l'ensemble des secteurs de l'Université, a signalé le vice-recteur. L'enseignement a de multiples visages : des petits groupes en milieux cliniques à des salles de 300 ou 400 personnes.»

Les étudiants qui effectuent un stage en milieu clinique font l'objet d'une attention particulière. On conseille aux femmes enceintes ou aux personnes à risque de complications si elles sont infectées par le virus de consulter un médecin aussitôt que possible. Selon l'évolution de la situation, ces personnes pourraient demander un certificat médical pour obtenir un retrait préventif.

En ce qui concerne les soutenances de thèses, elles auront lieu, sauf si l'étudiant lui-même est malade.

Le mot d'ordre: adaptation

Professeure à la Faculté de médecine, Anne-Marie Bourgault a fait rire l'auditoire en mentionnant qu'il y avait au moins une raison de se réjouir de l'approche du troisième âge: une possible immunité contre le virus H1N1. «Les personnes nées avant 1957 ont probablement été mises en contact avec le virus et ont développé des anticorps. Il semble que le risque est plus élevé chez les gens plus jeunes.»

Elle a tout de même noté l'impressionnant chemin parcouru en quelques mois par les services sanitaires. «C'est la première pandémie de grippe à laquelle la médecine moderne est confrontée. On ne connaissait rien de ce virus en avril dernier. Sept mois plus tard, la vaccination est en cours. C'est remarquable.»

Le président du comité d'urgence, Guy Breton, s'est fait rassurant en déclarant que l'Université de Montréal avait acquis une expertise en matière de gestion de crise dans le passé. C'est ce qui explique sa rapidité à réagir.

M. Lapointe a assuré que les responsables des unités membres du comité d'urgence surveillaient la situation. «Le mot d'ordre est “adaptation”. Je vous invite à consulter le site mis en ligne pour vous tenir informé de la situation, car de nouvelles mesures pourraient être adoptées prochainement pour faire face à la pandémie.»

Parmi ces mesures, celle qui a soulevé le plus d'enthousiasme dans l'auditoire est la possible campagne de vaccination sur le campus (incluant la Faculté de médecine vétérinaire, à Saint-Hyacinthe). «On y travaille», a conclu M. Lapointe.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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