Le directeur de l'École de santé publique de l'UdeM (ESPUM), Richard Massé, insiste sur la nécessité de se tenir prêt à faire face à une possible résurgence du virus dans quelques mois

Imprimer

La grippe A (H1N1) semble s'essouffler, mais le directeur de l'École de santé publique de l'UdeM (ESPUM), Richard Massé, insiste sur la nécessité de se tenir prêt à faire face à une possible résurgence du virus dans quelques mois. L'Université n'a pas le choix, estime-t-il.

«Il est difficile de prévoir l'évolution d'un virus encore instable, a souligné il y a quelques jours M. Massé. Il se peut, comme ce fut le cas en 1918-1919, que le virus soit d'une gravité relative au printemps, mais que celle-ci s'accentue à l'automne et à l'hiver. Mais cela, personne ne le sait. C'est pourquoi les autorités sont sur un pied d'alerte tout en restant calmes. Il faut être prêt à réagir.»

Avant de prendre la tête de l'ESPUM, Richard Massé présidait l'Institut national de santé publique du Québec depuis 2003.

M. Massé n'est pas le seul à suivre la situation de près. Le directeur de la prévention et de la sécurité (DPS), Marc Lapointe, n'a pas tardé à réunir un comité de suivi de la crise. «Nous nous sommes immédiatement mis en mode de surveillance», résume-t-il.

Concrètement, la DPS a constitué un petit comité ad hoc chargé d'effectuer le suivi sur le virus et de dégager les priorités au fil de l'évolution de la situation. M. Lapointe préside ce comité.

D'ailleurs, l'Université a rapidement tout mis en place pour rapatrier ses étudiants au Mexique et elle est également intervenue lorsqu'un groupe a été mis en quarantaine en Chine.

Un comité «pandémie»

L'Université ne part pas de zéro: il y a deux ans, elle formait un comité dont le mandat était justement de prévoir un plan advenant une pandémie. L'arrivée de la grippe A (H1N1) a confirmé, si besoin était, la pertinence du travail du comité, qui entend bien redoubler d'ardeur au cours des prochains mois.

Entre autres, il s'agit de s'assurer que des services essentiels peuvent être offerts même avec un taux d'absentéisme élevé; il s'agit aussi d'implanter des mesures d'hygiène, par exemple la fourniture de masques (surtout pour les personnes travaillant auprès du public).

Les discussions incluent en fait l'ensemble des services de santé, soit le dépistage des cas de grippe, les services de référence et possiblement la vaccination.

«Nous avons de la chance, car, en Amérique du Nord, nous entrons dans une saison de faible transmission des virus», signale Richard Massé. La saison de la grippe s'étend en effet sur deux mois ou deux mois et demi, entre décembre et avril.

Par contre, les pays de l'hémisphère Sud, où les services de santé ne sont pas partout adéquats, entrent dans une période de transmission.

Depuis l'éclosion du virus, les responsables de l'Université ont communiqué avec leurs collègues des autres universités mais aussi avec les autorités québécoises et canadiennes.

«Tout le monde a accompli du bon travail, à mon avis», commente Richard Massé, expliquant que la population ne saisit pas toujours bien les raisons derrière le niveau d'alerte accolé à un virus.

Le niveau d'alerte est fonction entre autres de la transmission possible entre individus. Et, dans le cas qui nous occupe, cette transmission s'est avérée. Le niveau monte encore lorsque le nombre de pays touchés s'étend. En d'autres termes, il ne dépend pas nécessairement du taux de mortalité ou de la gravité du virus.

P.d.R.

 

Sur le Web

 

Dossiers

 

En mai, on célèbre le mont Royal!

Le mont Royal est indissociable de l'histoire de l'Université de Montréal, dont le camp...

 

Sortir de sa bulle grâce à l'interdisciplinarité

En militant, il y a plus de 25 ans, pour une pensée complexe qui accueillerait l'enchevê...

 

Zoom sur les enfants

Que se passe-t-il quand l’enfant devient le parent de ses parents? Comment prévenir les...

Le chiffre

19,6 %

À l'automne 2011, les étudiants non canadiens – soit les étudiants résidents permanents et les étudiants internationaux − comptaient pour 19,6 % des étudiants inscrits à l'UdeM.

Lire la suite...