En 10 ans d'existence, le Centre de communication écrite (CCE) de l'Université de Montréal est rapidement devenu le plus important centre du genre dans tout le réseau des universités québécoises. Rappelons que le CCE a pour mandat de mettre en œuvre la Politique de la maitrise de la langue française dans les études, adoptée par l'UdeM en 2001, et à cette fin d'offrir différentes activités de soutien aux étudiants qui éprouvent des difficultés en français écrit.
Dès 2003, première année où le Centre propose de telles activités, pas moins de 14 ateliers figurent au programme. «Ce fut un succès immédiat, déclare Lorraine Camerlain, directrice du CCE depuis 2001. La demande était très forte et tous les ateliers se sont remplis.»
Aujourd'hui, le Centre offre une cinquantaine d'ateliers repris trois fois par année. Plus de 500 étudiants s'y inscrivent et choisissent en moyenne quatre ateliers. Destinées à l'origine aux étudiants de premier cycle, les activités sont maintenant ouvertes aux étudiants de tous les cycles.
Ces ateliers sont très diversifiés et vont de l'utilisation des dictionnaires jusqu'à la rédaction de cadavres exquis en passant par la construction de phrases, l'accord des participes, l'argumentation, les correcteurs orthographiques informatisés ou encore l'emploi du mot «juste». Chaque étudiant opte pour l'activité qui lui convient; «c'est ce qui fait notre succès, affirme Mme Camerlain. La satisfaction est grande chez les usagers et l'on fait de plus en plus appel à nos services.»
Francophones, allophones et Francofête
L'équipe du CCE s'est rapidement aperçue qu'il fallait établir une distinction entre francophones et non-francophones et des ateliers ont été spécialement conçus pour ces derniers. Les allophones, de plus en plus nombreux à l'UdeM, peuvent ainsi apprendre à décoder le parler québécois, apprivoiser le subjonctif, maitriser les modes et choisir le bon pronom relatif. Des ateliers pour ceux qui étudient dans le domaine de la santé leur permettent de se familiariser avec le vocabulaire propre aux soins du nourrisson, des adolescents ou des personnes âgées.
Depuis sa création, le Centre de communication écrite est responsable des tests d'évaluation en français écrit et oral que doivent subir certains candidats à l'admission non francophones. En 2009, plus de 5600 de ces tests ont été passés.
En 2006, le Centre a vu son mandat être élargi à l'ensemble de la communauté universitaire avec l'offre d'un programme de français pour les employés de bureau, où il est question d'orthographe grammaticale, d'accords difficiles, d'anglicismes, etc. Ce programme de huit modules reçoit de 250 à 300 inscriptions par année.
Le CCE a par ailleurs conçu sur son site Web une boite à outils très complète destinée au grand public. On y trouve de l'information sur les difficultés de la langue françaises, des exercices d'autoformation, des références... C'est de ce site que Forum tire ses capsules linguistiques. Il est considéré par le Centre collégial de développement de matériel didactique comme l'un des 15 sites incontournables pour l'amélioration du français.
Le survol des réalisations du CCE serait incomplet sans la mention de la Francofête, qui se tient chaque année, depuis 2003, durant la Semaine du français. Conférences d'auteurs, ateliers d'écriture, concours de mots croisés et autres marquent l'évènement tenu en partenariat avec la FAECUM, qui organise entre autres la dictée Beauchemin. Grâce à la participation d'une trentaine de commanditaires, des prix d'une valeur de 5000 $ peuvent être remis aux gagnants.
«La Francofête est maintenant une activité attendue et ça fait chaud au cœur de voir ce qu'elle est devenue», mentionne Lorraine Camerlain.
Une retraite créative
Lorraine Camerlain quitte son poste ce mois-ci pour prendre une retraite bien méritée. Elle qualifie la mise sur pied du CCE de «belle aventure de création». «Ce que nous avons fait a été très utile et ce qui sera fait le sera tout autant.»
La directrice ne peut toutefois pas cacher que si le Centre a réussi à répondre à la demande, ce fut «de peine et de misère». Si les services devaient être augmentés, l'Université aura à faire des choix quant à leur gratuité, estime-t-elle.
Lorraine Camerlain a occupé son premier poste à l'UdeM alors qu'elle était étudiante à la maitrise en littérature française; elle travaillait à la rédaction du Cours autodidactique de français écrit. Elle a ensuite été chargée de cours en rédaction à la Faculté de l'éducation permanente, puis responsable des programmes de communication avant d'être nommée directrice de tous les programmes de la FEP.
Mme Camerlain tient par ailleurs à souligner que le succès du CCE est dû à toute l'équipe qui adore son travail: Marielle St-Amour, conseillère linguistique, Anne Blanchette, coordonnatrice, Francine Blanchard, coordonnatrice des ateliers, Thi Thuy Tran, agente de secrétariat, sans oublier les nombreux collaborateurs qui participent à l'organisation des diverses activités.
Daniel Baril
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