L'ACPUM certifiée carboneutre

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L'Association des cadres et professionnels de l'Université de Montréal (ACPUM) a décidé de passer de la parole aux actes en matière environnementale en devenant carboneutre. Par l'achat de crédits de carbone auprès de la firme Bleu Environnement, l'Association s'assure de compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) engendrées par l'ensemble de ses activités.

«Cette certification carboneutre démontre notre détermination à réduire notre empreinte sur l'environnement ainsi que notre engagement et notre leadership dans la lutte contre les changements climatiques», affirme Stéphane Béranger, chimiste à la Faculté des arts et des sciences et membre du conseil d'administration et du comité environnemental de l'ACPUM.

L'Association calcule ainsi combien de CO2 elle émet dans le cadre de ses fonctions: le papier utilisé, l'électricité consommée, le recours à la climatisation, les ordinateurs, la superficie des locaux... Le résultat? L'ACPUM a produit 0,8 tonne de CO2 en 2008. Une empreinte environnementale modeste. Mais elle a néanmoins tenu à assurer sa «carboneutralité» par l'achat d'un montant compensatoire forfaitaire équivalant à l'émission d'une tonne par année. Cout: 50 $.

Pour Stéphane Béranger, l'initiative n'est pas juste symbolique. «Elle est nécessaire, dit-il. Non seulement pour lutter contre les changements climatiques, mais aussi pour demeurer cohérent avec la mission de l'Université. Au-delà du bénéfice environnemental, les gestes que tous les membres de l'ACPUM sont invités à faire ont une grande valeur éducative.»

Tout le monde doit s'y mettre

Au fil des ans, plusieurs résolutions ont été adoptées par l'ACPUM pour appuyer des pratiques plus environnementales, notamment en appliquant la notion d'écoresponsabilité à ses activités. L'Association a décidé de faire le grand saut cette année en embauchant Bleu Environnement, stratège en environnement et spécialiste en quantification de GES, pour l'aider à obtenir sa certification carboneutre. «On paie chaque tonne de CO2 qu'on produit. Bleu Environnement s'occupe d'investir cet argent-là dans des projets de réduction de GES comme la plantation d'arbres ou la production d'énergie renouvelable», signale Stéphane Béranger.

Le Parti québécois, à la campagne électorale de 2007, a souscrit à un programme similaire. Avec l'argent amassé, Planetair a investi dans des projets internationaux. Un de ceux-là, à Madagascar, a permis d'installer des éoliennes pour éviter le recours à l'énergie combustible. Plus récemment, Les pieds dans la marge ont obtenu un certificat de Planetair les désignant première émission télé carboneutre au pays.

Au Québec toutefois, la notion de crédits de carbone demeure méconnue du grand public, contrairement à l'Europe, où les communications d'affaires à ce sujet sont monnaie courante. Être carboneutre est à la mode. Mais la compensation volontaire ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan. Selon la Banque mondiale, elle aurait permis en 2007 de soustraire moins d'un millième des 28 milliards de tonnes de CO2 émises dans le monde. Utile, la carboneutralité? Oui, répond Stéphane Béranger. «Compenser ne doit pas servir à donner bonne conscience, mais encourager à diminuer notre consommation et par le fait même nos émissions. Si tout le monde s'y met, on parviendra à créer une norme et à faire davantage bouger les choses.»

L'auteure de cet article a donc sagement écouté son conseil et éteint son ordinateur. L'horloge indiquait 17 h...

Dominique Nancy

 

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