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La bibliothèque peut être votre «troisième lieu»

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Les Néerlandais ont adopté le concept de «troisième lieu» en déployant de grands efforts afin que les bibliothèques publiques deviennent ce troisième endroit d'élection. Ci-dessus la bibliothèque publique de La Haye.On peut manger, discuter, assister à des spectacles et même chanter dans la nouvelle bibliothèque d'Amsterdam. Mais le premier objectif de la plus grande bibliothèque d'Europe est de faire de l'endroit le «troisième lieu» des Hollandais.

Selon ce concept bien connu en bibliothéconomie, les gens affectionnent un endroit en particulier, en dehors du bureau et de la maison, où enraciner leurs habitudes. «La bibliothèque publique peut jouer ce rôle», explique Réjean Savard, professeur à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal (EBSI), qui a organisé au printemps un voyage d'études aux Pays-Bas pour y découvrir leur imposant réseau de bibliothèques.

Les 30 étudiants des cours Aspects internationaux et comparés et Sujets spéciaux de l'UdeM (six crédits au total) sont revenus enchantés de leur voyage et convaincus du rôle social assumé par ces lieux. «Nous y avons observé une approche beaucoup plus tournée vers la clientèle que dans les bibliothèques traditionnelles. Dès qu'on entre dans la bibliothèque centrale d'Amsterdam, on a un choc. L'architecture, le mobilier, les couleurs vives invitent au plaisir», commente Julie Bouchard, qui a fait le voyage du 10 au 25 mai dernier (voir l'encadré).

Né aux États-Unis, le concept de la third place library a été adopté par les Néerlandais lors de la construction de la bibliothèque centrale d'Amsterdam, au cout de 70 millions d'euros, en 2007. L'immeuble compte même, au septième étage, une grande cafétéria. Il faut savoir que l'ensemble du réseau néerlandais des bibliothèques est souvent présenté dans la littérature scientifique comme un exemple d'innovation culturelle, «notamment quant au recours aux nouvelles technologies de l'information», peut-on lire dans le plan de cours.

Historiquement, relate Réjean Savard, la bibliothèque publique tenait le rôle de conservateur des documents. Celui-ci s'est transformé pour verser dans la diffusion du savoir. Aujourd'hui, sans délaisser ses premières missions, la bibliothèque veut être un lieu de convergence plus ludique que jamais. En Angleterre, on appelle ces nouvelles bibliothèques idea stores («magasins à idées»).

Réjean SavardUn voyage dépaysant

Le voyage aux Pays-Bas ne portait pas que sur la bibliothèque centrale, bien entendu. Les étudiants ont pu rencontrer des spécialistes à La Haye, Leidschendam, Rotterdam,  Spijkenisse, Schiedam, Amstelveen, Haarlem, Utrecht et Leyde, avant de rentrer dans la capitale. Ils ont notamment visité le Book Mountain de Spijkenisse, dont les plans ont été choisis à l'issue d'un concours international comptant 4600 candidats de 54 pays, la bibliothèque universitaire de Delft et une bibliothèque de Haarlem, située dans une gare.

À leur retour au pays, les étudiants ont dû produire des notes de lecture et un rapport sur une bibliothèque visitée. Fait à noter, ils étaient également évalués sur leur participation personnelle au voyage et leur contribution à la page Facebook du cours.

Comme professeur, Réjean Savard donne le cours Aspects internationaux et comparés depuis une dizaine d'années, mais la formule du voyage d'études n'en est qu'à sa quatrième année. Le cours est ouvert aux étudiants et aux professionnels intéressés par les expériences étrangères. Dans le groupe de 2013, une dizaine d'inscrits étaient des bibliothécaires et gestionnaires. Réjean Savard rappelle que l'EBSI est la seule école francophone en Amérique dans son secteur, ce qui lui confère une responsabilité en matière de formation continue.

Anachronique ou visionnaire?

N'y a-t-il pas un paradoxe dans le fait que les administrateurs publics lancent de grands projets immobiliers à une époque où l'industrie du livre affronte la crise du numérique? «Même s'ils ont accès à d'innombrables sources d'information, les gens ont besoin de sortir de chez eux. Les élus estiment qu'il faut leur offrir un lieu à la fois convivial et inspirant», mentionne le spécialiste qui a guidé ses étudiants en Finlande et en France au cours des dernières années.

La Grande Bibliothèque au centre-ville de Montréal n'échappe pas à la règle et accueille chaque jour des milliers d'utilisateurs qui viennent y trouver une atmosphère détendue et chaleureuse. La bibliothèque Marc-Favreau, dans le quartier Rosemont, vise le même objectif.

Les livres demeurent leur raison d'être, mais elles cherchent à refléter la grande tendance de leurs visiteurs: être multitâches.

Mathieu-Robert Sauvé


 

Une vidéo pour financer le voyage

Julie Bouchard et Julie Gagnon, étudiantes de deuxième année à la maitrise à l’EBSI, ont trouvé une façon originale de financer leur voyage d’études aux Pays-Bas le printemps dernier: elles ont réalisé une vidéo de 10 minutes sur le réseau néerlandais des bibliothèques publiques. Le commanditaire, la compagnie montréalaise CEDROM-SNi, leur a versé la somme de 750$ en échange d’une visibilité du site Eureka.cc dans la production et dans un article pour la revue Argus. «Nous avons conçu cette vidéo comme un documentaire. Il y a des entrevues, des visites de lieux significatifs et des photos d’immeubles dignes de mention», commente Julie Gagnon.

La vidéo complétait un travail entamé plusieurs mois plus tôt de manière à permettre aux étudiants d’acquitter une partie de leurs dépenses. Quatorze d’entre eux ont pris part à la campagne de financement. Les profits d’un tirage au sort (des livres ont été offerts par des éditeurs partenaires) et la participation financière de la Direction des relations internationales ont permis d’amasser quelque 20 000$. Un montant qui a diminué les dépenses occasionnées par ce projet très spécial.
On peut visionner gratuitement la vidéo sur YouTube.

 

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