Que faire pour améliorer la situation financière de l'Université?

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professeur et étudiants

Les membres de l'Assemblée universitaire (AU) ont abondamment commenté, le 26 octobre, le document «Baliser notre avenir», qui contient des pistes pour améliorer la situation budgétaire de l'Université dès 2010-2011 et remédier aux déficits structurels qui l'enferment dans un carcan. Il s'agit du «chantier postbudgétaire» mis en branle dans l'urgence au début de l'été.

Ce document de consultation de 34 pages porte la griffe de Mireille Mathieu, vice-rectrice aux relations internationales, et de Pierre Simonet, vice-provost et vice-recteur à la planification. Le texte a été rédigé à la lumière des commentaires des doyens et d'un comité consultatif constitué à cette fin.

Les pistes de solution du document sont nombreuses et de divers ordres. Il y est entre autres question de stratégies pour augmenter le nombre d'étudiants, surtout étrangers, pour réduire les taux d'abandon à tous les cycles et pour diminuer la durée des études aux cycles supérieurs, ainsi que pour bien soutenir financièrement les étudiants des 2e et 3e cycles.

Il est aussi suggéré de revoir les programmes d'études afin de les rendre plus pertinents et d'accroitre la formation continue.

L'avis de la communauté est en outre sollicité sur une possible redistribution des responsabilités confiées aux groupes assurant l'enseignement, la recherche et l'encadrement.

Il y est proposé par ailleurs de ne pas abandonner la révision en profondeur des pratiques administratives de l'Université, déjà au menu. À ce sujet, le document précise qu'une firme de consultants a déjà ciblé les conditions de succès de l'entreprise de changement organisationnel qui doit s'amorcer.

Six groupes de discussion

À cette séance du 26 octobre, les membres de l'AU ont formé six groupes de discussion avant de se retrouver pour débattre du document. Plusieurs membres ont émis des réserves sur certains de ses aspects, mettant notamment en doute la source des données sur lesquelles reposent plusieurs suggestions et déplorant l'absence de données brutes en appui aux observations formulées.

Des membres ont également souhaité que l'AU puisse revoir le document révisé avant qu'il soit transmis aux unités académiques et aux services, mais cette idée n'a pas été retenue. Les commentaires exprimés conduiront néanmoins à des clarifications, mais le temps presse, ont rappelé les représentants de la direction.

«Certains signalent que nous sommes bousculés. Nous le sommes, bousculés. Il faut réduire les risques de déficit structurel contenus dans le dernier budget», a mentionné le recteur, Luc Vinet. En fait, la direction de l'Université espère avoir en main un document définitif en décembre pour être en mesure de s'atteler à la préparation du prochain budget.

Le président du Syndicat général des professeurs et professeures de l'Université, Louis Dumont, a dénoncé l'approche «service à la clientèle». «Nous ne sommes pas dans un Wall-Mart», a-t-il ajouté.

Aux membres de l'AU qui se sont inquiétés du nombre élevé d'étudiants dans les classes, M. Simonet a répondu qu'il était difficile de prévoir l'avenir, mais qu'en 2009-2010 le nombre de professeurs devrait être presque égal à celui de l'année précédente. Cela dit, «nous n'avons pas de planche à billets» pour réduire ce rapport rapidement, a-t-il poursuivi.

Si la plupart des suggestions du document ont fait l'objet de débats, il est une chose sur laquelle tous s'entendent, et c'est la nécessité de mieux démontrer l'importance de l'Université afin que les pouvoirs publics haussent leurs subventions.

Plan directeur informatique

L'AU a approuvé à l'unanimité le plan directeur informatique de la direction, qui définit les orientations structurelles, opérationnelles et organisationnelles au regard de l'infrastructure informatique. Les changements s'étaleront sur une période de cinq ans et couteront plusieurs dizaines de millions.

L'Université entend installer un progiciel de gestion intégré (PGI), dont le principe a déjà été approuvé. Dans un an, croit Jacques Frémont, provost et vice-recteur aux affaires académiques, les directions des finances et des ressources humaines pourront recourir au PGI, tout comme le service de la recherche et les chercheurs.

Le réseau existant sera rehaussé de façon importante, un réseau sans fil sera accessible partout et, pour les enseignants, une nouvelle plateforme remplaçant WebCT sera livrée au printemps.

Bien que tous les choix ne soient pas arrêtés, il n'est pas impossible que l'Université adopte un logiciel libre.

Enfin, en début de séance, plusieurs questions ont porté sur la grippe A (H1N1), particulièrement sur la pertinence de poursuivre les cours si un nombre significatif d'étudiants s'absente. M. Frémont a indiqué que de l'information serait mise à jour presque quotidiennement sur le site de l'Université, mais que c'est aux unités de déterminer quel est, dans chaque cas, le taux d'absentéisme qui commande un report des cours. «On ne connait pas l'ampleur de ce qui nous attend», a-t-il résumé.

Paule des Rivières


 

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