Aider les étudiants handicapés à mieux réussir

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Plusieurs étudiants sont aux prises avec un handicap physique, mais de nombreux autres éprouvent des difficultés d’apprentissage ou souffrent de problèmes de santé mentale.Quelque 300 étudiants aux prises avec des handicaps divers fréquentent le Bureau de soutien aux étudiants en situation de handicap, un des nombreux services qu'offre l'Université de Montréal à cette clientèle. Ce ne sont pas toutes des personnes aveugles, sourdes ou en fauteuil roulant. «Nous constatons l'arrivée croissante d'une nouvelle clientèle à l'UdeM, c'est-à-dire ayant des troubles d'apprentissage ou souffrant de troubles psychologiques», signale Andrée Labrie, coordonnatrice de la diversité à l'Université.

«Notre mission est d'évaluer les défis et les enjeux liés à cette clientèle émergente tout en incluant celle aux handicaps dit traditionnels afin de permettre à chacun un accès aux études universitaires et à la vie communautaire», renchérit Annie Rochette, professeure à l'École de réadaptation et présidente du Comité pour l'intégration des étudiants en situation de handicap.

À l'occasion de la Journée québécoise des personnes handicapées, le 3 décembre, Mmes Rochette et Labrie, au nom du comité qu'elles représentent, veulent sensibiliser la communauté universitaire à la réalité de ceux et celles qui vivent quotidiennement avec des limitations fonctionnelles significatives et persistantes. «Il faut prendre conscience que la vie étudiante ne se limite pas à se rendre à ses cours et à prendre des notes, affirme Annie Rochette. On doit aussi tenir compte de tout ce qui compose le quotidien de ces personnes. L'accessibilité au savoir est plus complexe que l'adaptation des immeubles et l'accès aux technologies. Cela commence avant même le processus d'admission par une information adaptée.»

Mme Rochette, qui est aussi chercheuse au Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation de Montréal, a présenté, le 4 novembre dernier, un mémoire sur le sujet aux audiences en vue de la nomination du prochain recteur ou de la prochaine rectrice.

L'accès au savoir

«Dans un contexte où les recruteurs pointent du doigt la difficulté à trouver des jeunes handicapés diplômés universitaires, il parait plus que jamais nécessaire de développer l'accès au savoir pour permettre à de plus en plus de jeunes de poursuivre leurs études à l'université», écrit la professeure Rochette dans ce mémoire.

Selon la présidente du Comité pour l'intégration des étudiants en situation de handicap, la révision de l'offre de formation, la prochaine grande campagne de financement et la construction du pavillon des sciences à Outremont sont des occasions pour l'Université de mieux se positionner à l'égard des personnes handicapées et de devenir un modèle dans le monde de l'éducation. «Cela pourra se faire adéquatement par un plus grand accès aux immeubles et aux technologies de l'information et de la communication, mais également par une sensibilisation accrue de tous, estime Mme Rochette. Avoir une bonne connaissance des clientèles particulières et se montrer ouvert non seulement à leurs besoins mais aussi à leurs apports est nécessaire si l'on veut mieux répondre aux attentes des étudiants handicapés en matière d'aide à la réussite scolaire.»

Annie RochetteTout le monde en bénéficie

L'Université possède une assez bonne réputation pour ce qui est de l'accessibilité à ses bâtiments, ajoute-t-elle, même si «chaque immeuble a ses petites choses à améliorer». Par ailleurs, grâce à l'apport de la technologie, les étudiants handicapés sont davantage en mesure de suivre normalement leurs cours.

L'UdeM fait partie, avec les universités McGill, Concordia, Laval, ainsi que Rimouski et UQAM, des établissements universitaires québécois qui accueillent les plus importantes cohortes de personnes handicapées. Elle admet beaucoup d'étudiants affectés par des troubles visuels. Ces derniers bénéficient d'appareils qui leur sont d'un précieux secours, entre autres de claviers pour la lecture en braille qui leur permettent de travailler avec un ordinateur ou de naviguer dans Internet.

L'utilisation de la technologie à des fins pédagogiques a aussi été d'une aide précieuse pour une étudiante ayant des problèmes d'apprentissage inscrite au baccalauréat en relations industrielles. Souffrant d'épilepsie et de dyslexie, Wenda Albers éprouvait des difficultés sur le plan du traitement de l'information. Méthodique et déterminée à réussir, elle scannait toutes ses notes de cours et les lectures obligatoires à l'aide d'appareils numérisés grâce auxquels elle pouvait écouter l'information au lieu de la lire. Récemment diplômée, la jeune femme de 23 ans a remercié, dans un témoignage au 34e congrès de l'Association québécoise pour les troubles d'apprentissage, la bibliothécaire Nicole Chamberland pour son rôle joué dans la réussite de ses études.

Les problèmes que les responsables de l'appui aux personnes handicapées doivent résoudre sont de tous ordres, selon le type de handicap. Tantôt ils s'occupent de faire traduire des notes et des examens en braille pour un non-voyant, tantôt ils engagent un interprète qui assiste un étudiant sourd en classe, ou encore ils font appel à un preneur de notes ou à un accompagnateur pour aider un étudiant gravement handicapé, confiné dans un fauteuil roulant.

«Chacun des cas est évalué afin de connaitre les besoins de la personne et de favoriser sa réussite scolaire», mentionne Mme Rochette, qui prend soin de préciser qu'il n'y a pas que les personnes handicapées qui profitent de ce soutien. «Sur le plan social, fournir l'occasion à chacun d'atteindre ses objectifs personnels et de s'épanouir pleinement contribue à notre économie nationale et à notre qualité de vie.»

Dominique Nancy

 

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