L’Université peut vous aider! Le service des relations médias apporte conseils et soutien aux chercheurs
La chercheuse Véronique Dupéré a été surprise, mais ravie, lorsque de nombreux médias l’ont jointe pour la questionner sur ses recherches qui abordent les liens entre la pauvreté et les comportements suicidaires.
«Je ne savais pas que mes travaux pouvaient susciter autant d’intérêt», souligne la jeune femme, qui a bénéficié du soutien de Sylvain-Jacques Desjardins, attaché de presse au Bureau des communications et des relations publiques (BCRP). «Il m’avait conseillé de m’en tenir à deux ou trois points maximum et aussi d’avoir un langage simple et clair. Tout a bien fonctionné.» Et comment! Les recherches de Mme Dupéré ont été rapportées dans près de 40 médias, québécois comme étrangers, presse écrite comme électronique.
Dans ce cas, c’est M. Desjardins lui-même qui a découvert les travaux de Véronique Dupéré en consultant les sites des publications scientifiques sur Internet. Il a communiqué avec la chercheuse et a préparé avec elle un communiqué de presse qu’il a mis sur le site de l’Université. Les grands médias ont repris l’information.
Souvent, ce sera le chercheur qui entrera en rapport avec un des membres du service des relations médias du BCRP. Ou avec un membre de l’équipe du journal Forum. L’hebdomadaire de l’Université sert en effet fréquemment de tremplin aux chercheurs. Parlez-en à Olivier Bauer, qui offrira cet hiver un cours sur les liens entre la religion et le hockey. Forum et le quotidien Le Devoir ont fait leur une avec cette nouvelle le 14 octobre et du coup le travail du professeur adjoint de la Faculté de théologie et de sciences des religions a provoqué un véritable engouement dans le monde des médias. Entre autres, le quotidien torontois National Post a publié la nouvelle sur sa première page.
«Je n’étais pas prêt, dit aujourd’hui Olivier Bauer en riant. Les gens du service des relations médias ont parfois servi d’intermédiaires et ils ont pu me dire quel média était plus important qu’un autre par exemple.»
Un autre chercheur, le chimiste Sébastien Sauvé, raconte pour sa part avoir beaucoup appris d’un séminaire de formation sur les médias, donné il y a quelques années aux professeurs de l’UdeM par Bernard Motulsky, alors directeur des communications sur le campus, et le journaliste René Vézina.
«Ce séminaire m’a permis de comprendre le fonctionnement des médias. Et aussi de gérer les attentes que je pouvais avoir. Je sais qu’un journaliste qui m’interviewe ne parlera pas nécessairement de mes travaux et que l’échange doit généralement être rapide. En conséquence, je déploie des efforts mais pas démesurés. Ainsi, je ne me déplace habituellement pas pour rencontrer les journalistes. Ils viennent à mon bureau.»
M. Motulsky, à présent titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’UQAM, et Vézina, chroniqueur au journal Les Affaires, ont d’ailleurs fait paraitre il y a quelques semaines un ouvrage intitulé Comment parler aux médias, dans lequel ils expliquent la façon de se préparer avant de s’adresser aux médias et la manière de se faire comprendre. Ils lèvent aussi le voile sur ce que recherchent les médias.
L’UdeM dans les médias
Si plusieurs chercheurs ne voient pas l’utilité de faire connaitre leurs travaux, un nombre croissant, surtout parmi les plus jeunes, considèrent que la vulgarisation scientifique fait ni plus ni moins partie de leurs tâches.
À titre d’exemple, une étude récente rapporte que l’Université de Montréal occupe une place de plus en plus grande dans les médias. De 2006 à 2007, la visibilité médiatique de l’établissement a connu une croissance de 43 %. Ce chiffre correspond à une estimation du nombre de personnes susceptibles d’avoir pris connaissance d’une nouvelle ou d’un commentaire relatifs à l’UdeM.
Plus du tiers de cette visibilité est le fait des activités de recherche. Les travaux de Bruce D. Murphy (Faculté de médecine vétérinaire) sur l’ovulation et ceux de Jennifer O’Loughlin (Faculté de médecine) sur le tabagisme chez les adolescents ont notamment suscité énormément d’intérêt.
Daniel Weinstock (Département de philosophie) compte aussi parmi les professeurs les plus cités grâce à sa participation à la commission Bouchard-Taylor.
Le CERIUM fait sa marque
Les chercheurs ne sont pas les seuls à faire sentir leur présence dans les médias. En effet, l’accroissement de l’exposition médiatique de l’UdeM s’explique entre autres par les analyses d’experts. Et plusieurs de ces experts sont rattachés au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université (CERIUM).
En 2006, les cinq professeurs les plus présents dans les médias ont été Pierre Martin (Département de science politique), Jocelyn Coulon (CERIUM), Jean-Paul Brodeur (École de criminologie), Rafick Pierre Sékaly (Faculté de médecine) et André Blais (Département de science politique).
En 2007, Pierre Martin et Jocelyn Coulon occupaient encore les deux premières places, suivis de Jean-Claude Leclerc (Faculté de l’éducation permanente), de Jean-Paul Brodeur et de Jean-François Lisée (CERIUM).
«Contrairement à ce qu’on entend parfois, l’Université de Montréal est très présente dans les médias, et ce, dans de multiples domaines, en conclut Sophie Langlois, directrice des relations médias au BCRP. Nous pourrions faire plus, mais, compte tenu de la barrière de la langue, cette présence est remarquable.»
Heureusement, pour un nombre grandissant de chercheurs, le temps consacré aux médias fait partie intégrante du travail. «Je crois que nous avons un devoir envers le public», estime Véronique Dupéré.
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