Rapprocher le Conseil de l’Université et la communauté

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Un comité de l’Assemblée universitaire (AU) mis sur pied pour étudier le processus de nomination du recteur ou de la rectrice a constaté qu’il n’y a pas eu, dans le passé, suffisamment de communication entre le Conseil de l’Université et le comité de consultation chargé d’acheminer ses recommandations au Conseil quant au choix du recteur.

En conséquence, ce comité ad hoc, qui a remis son rapport le 24 novembre aux membres de l’AU, croit que des «passerelles» entre le Conseil de l’Université et le comité de consultation examinant les candidatures au poste de recteur seraient une solution envisageable. Cela éviterait aux deux groupes d’évoluer pendant des mois dans des mondes parallèles. En 2005, le Conseil a nommé à la direction de l’UdeM une personne autre que celle recommandée par le comité de consultation.

«Le comité a esquissé des pistes de solution, dont la principale est de gommer l’écart qui existe et de favoriser des échanges de qualité entre les deux instances concernées», conclut le rapport.

L’Assemblée universitaire a unanimement salué la qualité de ce rapport Sauver et a du même souffle donné un nouveau mandat au groupe de travail afin que ses membres produisent des recommandations en bonne et due forme au lieu de simplement livrer leurs observations.

Le comité ad hoc était présidé par Denis Lévesque, juge à la retraite de la Cour supérieure. Il était formé de Robert Leroux, professeur à la Faculté de musique et membre du comité de consultation pour la nomination du recteur en 1998, Louise-Hélène Richard, alors directrice des Services aux étudiants et maintenant secrétaire et vice-doyenne de la Faculté des arts et des sciences, Sébastien Allard, étudiant, Laurence McFalls, professeur au Département de science politique, Laval Rioux, chargé de cours, et Louise St-Jacques, technicienne en documentation.

«Nous avons relevé certaines lacunes, a indiqué Louise-Hélène Richard à la réunion de l’AU. Un comité consultatif qui passe des mois à travailler et qui rédige un rapport qui n’est pas en convergence [avec le Conseil], ce n’est pas souhaitable. Il faut prévoir une façon de faire pour que les travaux du comité de consultation bénéficient au Conseil. Il faut améliorer la communication entre ces deux instances.»

Des suggestions? Peut-être envisager que le comité de consultation produise un ou des rapports d’étape ou que des membres du Conseil fassent partie du prochain comité de consultation.

D’ailleurs, à sa séance du 24 novembre, l’AU ne s’est pas contentée d’adopter une résolution invitant le comité ad hoc à poursuivre son travail, elle a aussi convié le Conseil de l’Université à y déléguer deux membres, question de prendre dès maintenant de bonnes habitudes de communication.

Jacques Frémont et Pierre Simonet, respectivement provost et vice-recteur aux affaires académiques et vice-provost et vice-recteur à la planification, ont dit être restés sur leur faim. Du reste, c’est M. Frémont qui a présenté la proposition demandant au comité ad hoc de continuer ses travaux, proposition que M. Simonet a appuyée. Le comité devra remettre le fruit de ses réflexions d’ici mars 2009.

Le processus de nomination du recteur ou de la rectrice touche deux articles des statuts de l’Université, soit les articles 25.01 et 25.02. L’article 25 de la Charte de l’Université stipule que «le recteur est nommé par le Conseil, avec la participation de l’Assemblée universitaire».

Après avoir analysé ces articles, le groupe de travail ne recommande pas de les modifier, mais néanmoins de clarifier la portée de quelques-uns de leurs aspects. «Le processus lui-même a été jugé approprié», a déclaré Denis Lévesque. De l’avis des autres membres, les écueils du processus ne sont pas tant de nature technique que liés à des lacunes en communication.

«Vous attirez notre attention sur le fossé en matière de communication qui entraine un problème de confiance entre le Conseil et la communauté universitaire», a souligné Denis Monière, membre de l’AU.

Effectivement, le comité ad hoc note dans son rapport que la réussite de l’opération tient en bonne partie dans la confiance et la crédibilité des instances aux yeux de la communauté.

Laurence McFalls a par ailleurs rappelé que le groupe de travail n’avait pas de pouvoirs d’enquête et que par conséquent des éléments d’information ne lui étaient pas transmis. Cela dit, le comité a recueilli les observations de personnes ayant joué un rôle important dans le processus de nomination du recteur en 2005.

Le rapport contient aussi une intéressante mise en perspective puisqu’il fait remarquer dans quel contexte ont été adoptés les mécanismes actuels de nomination du recteur ou de la rectrice à l’UdeM. Mécanismes jugés légitimes par le comité ad hoc.

 

Paule des Rivières

 

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