Quel est le statut du professeur ou du chercheur invité? Un comité de l'Assemblée universitaire a pour mandat de faire la lumière sur cette question.
«Il y a des ambigüités autour du professeur invité», a noté Samir Saul à la réunion de l'Assemblée universitaire du 19 janvier avant de proposer que le Comité du statut du corps professoral étudie le rôle de cet enseignant. M. Saul évalue à 452 le nombre de professeurs invités que l'Université a reçus entre 2003 et 2008.
Le comité qui se penchera sur la question examinera l'encadrement normatif et la règlementation relatifs au professeur et au chercheur invités. La proposition initiale visait la production d'un projet de politique institutionnelle, mais une majorité de membres a jugé que ce n'était pas nécessairement la voie la plus appropriée.
Le Comité tentera d'accoler une définition à la désignation et à la fonction du professeur invité et il s'interrogera sur ses compétences, les circonstances de son embauche, sa rémunération et la durée de son mandat. Actuellement, de nombreux modèles sont en vigueur.
Tout en appuyant la résolution, le provost et vice-recteur aux affaires académiques, Jacques Frémont, a laissé entendre que les professeurs invités constituaient une ressource importante pour l'Université et a exprimé sa préoccupation quant à un commentaire voulant que la rétribution de certains professeurs ou chercheurs invités mette de longs mois avant de parvenir aux intéressés.
Le Comité du statut du corps professoral, qui est présidé par Denis Monière, a reçu un autre mandat à cette même séance de l'Assemblée lorsque celle-ci a adopté une proposition de Pierre Trudel destinée à revoir les contrats d'affiliation entre l'Université et ses établissements affiliés, surtout dans le domaine de la santé.
Il s'agira, pour le sous-comité qui évaluera cette question, d'étudier l'incidence de ces contrats sur le statut des professeurs et des étudiants travaillant dans un établissement affilié, surtout lorsque les directives de l'établissement affilié et de l'Université diffèrent.
Le provost et le vice-recteur exécutif, Guy Breton, ont par ailleurs tous deux formulé des commentaires, en réponse à une question, sur l'image que projette l'UdeM et sur l'efficacité de ses efforts en matière de recrutement étudiant.
M. Frémont a fait remarquer que l'Université se distingue des autres par la qualité de sa formation, mais que les jeunes étaient aussi à la recherche d'environnements au design accrocheur, de lieux conviviaux, notamment de belles salles de classe. Et, comme plusieurs d'entre elles semblent «passées de mode», il peut être difficile d'attirer certains jeunes.
«Il reste que, dans la vaste majorité des cas, a souligné le vice-recteur aux affaires académiques, nous crevons la marge avec une cote R plus élevée que nos concurrentes.»
Pour sa part, M. Breton a rappelé que le financement était essentiellement lié à la production de crédits sans réelle prise en compte du taux de diplomation. En d'autres termes, si l'Université refuse des étudiants qu'elle juge non qualifiés, elle perdra du financement. Mais elle conservera son niveau.
Pour M. Frémont, il faut cesser d'être modeste et faire connaitre ses réussites. «Peut-on arrêter de se cacher lorsqu'on fait des bons coups?»
Paule des Rivières
