Les universités du Québec : loin du déclin

Imprimer

La chancelière de l'UdeM, Louise Roy, répond à la chronique d'Yves Boisvert, de La Presse, au sujet du déclin des universités québécoises.

Qui se soucie vraiment des universités au Québec?  La question que pose Yves Boisvert dans sa chronique du 12 juin dernier est fort pertinente. Après tout, il est vrai que les universités, qui contribuent avec force au développement social, économique et culturel du Québec, font plus souvent qu'à leur tour l'objet de critiques et de demandes aussi multiples que contradictoires.

Pourtant, malgré toutes les difficultés qu'elles connaissent, les universités québécoises, l'Université de Montréal en tête, sont loin du déclin qu'évoque M. Boisvert. Au contraire, elles offrent une formation de très haute qualité et contribuent à l'avancée des connaissances sur la scène internationale. C'est pour ces raisons que le Québec accueille annuellement près du tiers de tous les étudiants étrangers au Canada et que l'UdeM figure au palmarès des 100 meilleures universités au monde, établi par le prestigieux magazine Times Higher Education.

Il ne fait pas de doute que la compétition entre les universités à travers le monde est féroce.  Les chercheurs les plus productifs et les plus innovateurs ont la possibilité de poursuivre leur carrière là où ils obtiennent les conditions les plus favorables à leur épanouissement. Encore là, l'UdeM n'a pas à rougir de son bilan : de nombreux chercheurs, parmi les plus brillants de leur domaine, ont choisi de se joindre à notre campus au cours des dernières années. Au total, les arrivées surpassent en nombre les départs et notre Université affiche un solde migratoire positif de matière grise.

Le hasard a voulu que la chronique de M. Boisvert soit publiée au moment même où nous annoncions un don de cinq millions de dollars de la Fondation Jean et Marcelle Coutu à notre Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC). Nos donateurs connaissent bien la valeur des activités d'enseignement et de recherche menées au sein de notre établissement et leur soutien ne se dément pas, en dépit d'une conjoncture économique peu favorable. Ce don généreux s'ajoute à d'autres provenant notamment de la communauté anglophone, comme celui de la Fondation Cole, qui a versé 2,5 millions de dollars ce printemps pour favoriser la venue de jeunes chercheurs prometteurs à l'IRIC.

Le véritable enjeu concerne le sous-financement dramatique des universités québécoises, une réalité que reconnaît l'ensemble des observateurs du monde de l'éducation. Dès 2002, le ministère de l'Éducation et la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec chiffraient à 375 millions de dollars par année l'écart de revenus entre les établissements du Québec et ceux des autres provinces canadiennes. Depuis, le fossé n'a cessé de se creuser. Et le dégel partiel des droits de scolarité au Québec n'est venu en rien corriger la situation.  Concrètement, l'UdeM dispose annuellement de 2700 $ de moins par étudiant que les grandes universités de recherche du Canada auxquelles elle se compare, soit près de 90 millions de dollars par année. Année après année.

Les conséquences de ce sous-financement se font sentir sur les campus des universités québécoises de plusieurs façons. D'abord, par le manque de professeurs,  mais également par le manque d'espace et le piètre état de certaines des infrastructures existantes. Sur ce dernier volet, les gouvernements fédéral et provincial viennent de mettre sur pied d'importants programmes d'infrastructures du savoir, qui devraient permettre de résoudre en partie le déficit d'entretien des campus québécois. Ce déficit est évalué à 1,5 milliard de dollars, dont 350 millions  uniquement pour l'Université de Montréal. Outre la vétusté de ses bâtiments, notre campus souffre d'un manque criant d'espace. En ces matières, nos besoins sont immenses.

En dépit de ces contraintes bien réelles, la formation qu'offre l'UdeM se compare très avantageusement à ce qui se fait ailleurs au Canada et dans le monde. D'ailleurs, plusieurs de nos programmes sont soumis à l'examen périodique de dizaines d'organismes d'agrément indépendants dont bon nombre proviennent de l'extérieur du Québec. Lorsque nos étudiants en médecine terminent premiers aux examens nationaux qui sanctionnent l'entrée dans la profession ou lorsque nos chercheurs démontrent l'existence de nouvelles exoplanètes, c'est tout le génie de notre communauté qui s'exprime.

L'UdeM a remis ce printemps 421 diplômes de doctorat, du jamais vu au Québec, dont le taux de diplomation aux cycles supérieurs est encore trop faible par rapport à bien d'autres régions du monde. Et pas plus tard que la semaine dernière, elle obtenait, avec ses établissements affiliés, plus de 120 millions de dollars de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) et du gouvernement du Québec pour le financement d'infrastructures de recherche de pointe – la plus importante subvention récoltée par une université québécoise aux derniers concours de la FCI et la deuxième en importance au Canada.

On pourrait multiplier à l'infini les exemples pour démontrer la vitalité exemplaire de notre université et la qualité des gens qui contribuent à ses nombreux succès.  L'Université de Montréal concurrence les meilleures universités internationales dans plusieurs domaines et tient haut la position d'université de recherche au Canada, comme en témoignent ses réalisations et sa position objective sur l'échiquier du savoir international. C'est tout le contraire d'une université en déclin!

Imaginons un instant tout ce que les universités québécoises pourraient accomplir si on leur donnait véritablement les moyens de réaliser leur mission!

 

Dossiers

 

Zoom sur les enfants

Que se passe-t-il quand l’enfant devient le parent de ses parents? Comment prévenir les...

 

Sortir de sa bulle grâce à l'interdisciplinarité

En militant, il y a plus de 25 ans, pour une pensée complexe qui accueillerait l'enchevê...

 

Le campus de l'UdeM à Laval : des débuts très prometteurs

Le campus de l'UdeM à Laval a toutes les allures d'un pari gagné: en effet, plutôt que ...

Le chiffre

11,0 G$

C’est le total des sommes déboursées par les universités canadiennes pour la recherche et le développement en 2009-2010.

Lire la suite...