À l'université comme ailleurs, l'argent est le nerf de la guerre. Les étudiants des cycles supérieurs dont les fonds sont insuffisants pour maintenir un niveau de vie adéquat pendant leurs études risquent d'abandonner en cours de route.
Or, il existe une forte disparité dans les bourses et autres revenus que reçoivent les étudiants des deuxième et troisième cycles. «L'écart va de quelques centaines de dollars à 50 000 $», précise Louise Béliveau, doyenne de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP) et vice-rectrice adjointe aux études supérieures.
La doyenne entend corriger la situation en optimisant la répartition des ressources financières dont dispose l'UdeM et en cherchant en à attirer de nouvelles.
«Nous voulons être surs que l'étudiant peut se consacrer entièrement à ses études afin qu'il les termine dans un délai raisonnable puisqu'on sait que la durée des études est un facteur de décrochage», ajoute Mme Béliveau. À cette fin, le conseil de sa faculté a adopté, le 22 janvier dernier, un plan directeur de stratégie d'intervention en matière de financement étudiant conçu autour de la notion de financement intégré.
Financement intégré
Le principe central du financement intégré consiste à coordonner l'ensemble des mesures de soutien financier aux étudiants quelle qu'en soit la source afin d'assurer un revenu minimal à chacun. Présentement, le total de l'aide financière destinée aux étudiants des cycles supérieurs, qui combine les bourses de l'UdeM, celles des conseils subventionnaires du Québec et du Canada, celles des fondations privées et les salaires pour les charges de cours et les auxiliaires d'enseignement, est de 61,5 M$.
Cinquante-sept pour cent des quelque 6500 étudiants de ces cycles se partagent ce montant mais de façon très inégale, comme on l'a vu. L'inégalité est en partie due au fait qu'on ne tient pas compte de l'ensemble des sources de financement dont bénéficie un étudiant lorsqu'on lui accorde une bourse. La disparité est également observable entre les unités, certaines disposant de plus de ressources que d'autres.
Au doctorat, la doyenne voudrait que tous les étudiants admissibles obtiennent chacun une bourse de 14 000 $ minimalement pendant quatre ans. «Nous visons prioritairement les étudiants de troisième cycle, mais il faut être conscient que cet objectif ne sera pas satisfait en un an», tient-elle à souligner. À titre d'exemple, elle mentionne que les objectifs d'un plan de financement intégré implanté en 2000 à l'Université de Toronto n'ont été atteints que cette année pour le troisième cycle.
Implantation progressive
Diverses mesures administratives et de gestion seront mises en place progressivement. Pour cette année, le plan directeur prévoit une augmentation du nombre de bourses de fin d'études doctorales. Les concours pour l'obtention des bourses seront aussi rapprochés le plus possible du moment de l'admission afin que l'étudiant connaisse dès le début de ses études le montant sur lequel il pourra compter.
Sur présentation d'un échéancier réaliste, les étudiants verront leur bourse de doctorat bonifiée en dernière année d'études pour les inciter à passer à travers l'étape qui précède le dépôt de la thèse.
L'implantation de ce plan nécessitera la collaboration de toutes les unités, qui devront tenir compte de cette approche intégrée. Selon une enquête menée par la FESP, déjà 58 % des unités interrogées ont adopté une telle stratégie.
«Parallèlement à ces mesures, on continue les démarches auprès des gouvernements et des donateurs afin d'augmenter les sommes consacrées aux bourses», affirme la doyenne.
Daniel Baril
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