L’Assemblée universitaire (AU) a donné son accord, le 27 octobre, à un ambitieux plan directeur des espaces qui prévoit un redéploiement majeur des unités d’enseignement et de recherche sur le campus actuel et la construction d’un pavillon des sciences sur le site de la gare de triage du Canadien Pacifique, à Outremont.
Le plan s’échelonne sur plusieurs décennies et s’insère donc dans l’ensemble des grandes étapes qui ont façonné et transformé l’Université au cours de son histoire. Le projet sera présenté au Conseil de l’Université dans le courant du mois.
«Ce plan donne la mesure du défi à relever, mais le projet qu’il trace s’inscrit dans la poursuite de l’excellence et il campe une vision de l’Université de Montréal quant à son avenir», indique le document du plan directeur.
Ce projet a donné lieu à de multiples études, consultations et audiences publiques. Il tient compte des besoins à venir en enseignement, mais aussi de l’intégration environnementale des bâtiments, dans un esprit de rehaussement des espaces verts.
Pierre Simonet, vice-provost et vice-recteur à la planification, a piloté le dossier. Il avait pour ce faire mis sur pied un comité ad hoc formé de représentants de la direction, des facultés, des services, des professeurs, du personnel, des étudiants et des diplômés.
«Ce plan démontre la volonté de l’Université de créer des espaces conviviaux et de grande qualité afin que l’ensemble de la communauté universitaire dispose d’un milieu de vie stimulant et enrichissant», souligne encore le plan directeur.
Les sciences à Outremont
La construction du pavillon des sciences débutera vraisemblablement en 2010, lorsque le gouvernement fédéral aura concrétisé son appui à la décontamination de la gare de triage, dont l’Université est propriétaire. La Ville de Montréal et Québec ont déjà garanti leur soutien à la préparation du terrain.
Ce complexe des sciences à Outremont doit regrouper les départements de chimie, de physique, de sciences biologiques, de géographie, de mathématiques et de statistique ainsi que d’informatique et de recherche opérationnelle. L’Université aura, signale-t-on dans le plan directeur, «un ensemble scientifique, cohérent et de grande qualité».
Le document de 50 pages rappelle en outre les constats qui ont conduit à ce projet, soit le manque cruel d’espace sur le campus et l’impossibilité d’y ériger de nouveaux bâtiments, les terrains étant désormais situés dans un arrondissement historique et naturel. L’Université prévoit d’ailleurs contribuer à «verdir» son campus et à mettre en valeur le mont Royal, pour sa communauté mais également pour le public.
Un cruel manque d’espace
L’Université de Montréal fait actuellement face à un déficit d’espace normé, de 39 000 m2, qui se maintiendra même en considérant le facteur démographique.
Ce manque d’espace a été abondamment discuté à la séance de l’Assemblée universitaire du 27 octobre. Si une petite minorité de membres a fait connaitre son opposition au plan directeur des espaces, personne n’a remis en question la précarité des installations avec lesquelles certaines disciplines doivent composer.
«Les départements de chimie, de physique et, dans une moindre mesure, de sciences biologiques et de géographie sont dans des conditions inacceptables», a indiqué le vice-recteur à la recherche, Joseph Hubert, résumant les propos entendus précédemment.
Certains membres de l’Assemblée ont cependant estimé qu’ils n’avaient pas été suffisamment consultés ou encore que la logique derrière le plan leur échappait. Le président du Syndicat général des professeurs et professeures de l’UdeM, Louis Dumont, a voté contre le plan, entre autres parce qu’il croit qu’il y a moyen de construire sur le campus existant. Il s’est dit opposé à l’éclatement de celui-ci.
D’autres membres de l’AU ont signalé qu’à l’ère du travail en réseau l’existence de deux campus n’était pas un problème.
Mais, surtout, les membres du comité qui se sont penchés sur le plan ont fait observer deux choses: d’abord que, si le plan donnait une vision, une orientation, il ne devait pas être vu comme un carcan; ensuite que les déplacements et réaménagements sur la montagne avaient été pensés dans le but de réunir des disciplines et des gens appelés à travailler ensemble, du moins lorsque cela s’y prêtait. «Les effets de synergie et de complémentarité» ont été privilégiés chaque fois que cela était possible et avec l’appui des facultés concernées.
Enfin, le recteur, Luc Vinet, avait précisé, plus tôt dans sa déclaration annuelle, que l’Université s’assurera d’avoir le financement nécessaire avant d’entreprendre les travaux, qui se dérouleront par étapes.
Campus sur la montagne
Les superficies rendues disponibles au pavillon Roger-Gaudry permettront, entre autres, de recréer des espaces communautaires. L’École de réadaptation, actuellement située sur l’avenue du Parc, viendra rejoindre les autres unités de la Faculté de médecine.
Par ailleurs, plusieurs unités de cette faculté gagneront des mètres dont elles ont bien besoin, tandis que la Faculté de médecine dentaire disposera, dans un premier temps, d’une partie de l’espace libéré avant un déménagement vers le site d’Outremont dans une phase ultérieure du plan.
La Faculté des études supérieures et postdoctorales de même que le Département d’anthropologie déménageront dans l’édifice construit par Ernest Cormier, la première pour occuper la place centrale qui lui revient, le second pour bénéficier de laboratoires de recherche.
«En ce qui a trait aux services, rapporte le document du plan, le pavillon Roger-Gaudry est appelé à retrouver la vocation mixte qu’il avait à ses origines.»
Mentionnons que la libération de locaux au pavillon André-Aisenstadt permettra d’opérer un premier regroupement des disciplines des sciences sociales, dont le Département de science politique, celui de sciences économiques, l’École de relations industrielles et l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information. Le Département de communication et les studios de la DGTIC suivront.
Secteur ouest du campus
Au pavillon Lionel-Groulx, les départements des littératures de langue française, de littérature et de langues modernes, de littérature comparée, d’études anglaises, de linguistique et de traduction, d’histoire, d’histoire de l’art et d’études cinématographiques disposeront de nouveaux locaux. Le Département de philosophie s’installera par ailleurs dans ce pavillon.
Il sera également possible de réaménager certaines parties du pavillon situé au 3744, rue Jean-Brillant afin d’agrandir les locaux de l’École d’optométrie et de faire une place à la Direction des ressources humaines et au Bureau du personnel enseignant.
Le secteur est n’est pas en reste puisque les déplacements permettront de créer un autre pôle en sciences sociales grâce au regroupement du Département de psychologie, de l’École de psychoéducation, de l’École de service social ainsi que des centres de recherche liés à ces disciplines.
Les déplacements ci-dessus mentionnés ne sont pas exhaustifs et d’autres changements sont inclus dans le plan. À l’AU, Pierre Simonet et plusieurs membres du comité ad hoc ont ajouté que des modifications aux déplacements initialement prévus pourraient survenir si le plan fonctionnel et technique démontrait que d’autres options apportaient une valeur ajoutée à l’ensemble.
Paule des Rivières
