Le recteur, Guy Breton, souhaite ardemment rehausser l'expérience étudiante à l'UdeM en encadrant mieux les étudiants, en facilitant leur intégration et en les aidant encore davantage à décrocher leur diplôme. Voilà un des objectifs que l'Université s'est donnés pour les prochaines années et auxquels M. Breton a fait écho dans sa déclaration annuelle, livrée le 14 novembre dernier dans un amphithéâtre Ernest-Cormier (pavillon Roger-Gaudry) magnifiquement restauré au cours de l'automne.
«À l'heure actuelle, 71 % de nos étudiants au baccalauréat quittent l'Université avec un diplôme. C'est assez bien comparativement aux universités publiques nord-américaines, mais nous voulons hausser la barre à 75 %. Aux cycles supérieurs, nous voulons faire passer le taux de diplomation de 55 à 65 %», a dit M. Breton.
Dans une allocution claire, accompagnée de plusieurs tableaux renforçant son propos, le recteur a ainsi fait le tour des principales réalisations de l'année passée. Il a également mentionné les principaux défis auxquels l'UdeM est aujourd'hui confrontée en s'appuyant sur les grandes orientations stratégiques que l'Assemblée universitaire et le Conseil de l'Université ont adoptées plus tôt cet automne. Un nouveau site explique d'ailleurs ces orientations pour lesquelles des cibles précises ont été définies. Et chacune des 16 facultés et écoles adoptera elle aussi ses grandes orientations pour l'avenir.
Première en recherche
Dans sa déclaration, le recteur a naturellement fait une bonne place à la recherche, dont le budget vient de franchir le cap du demi-milliard de dollars pour la première fois. Ce n'est donc pas un hasard si l'UdeM reste en tête au Québec pour l'importance des fonds de recherche alloués, en récoltant 37 % des fonds de recherche publics du Québec et la plus grosse portion par université des fonds du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Cela dit, le recteur reste préoccupé par les frais indirects de la recherche, qui exercent une pression sur la situation budgétaire de l'UdeM. En effet, au lieu des 65 M$ qu'elle devrait recevoir à ce chapitre, l'Université ne dispose que de 22 M$. Cet écart fait d'ailleurs l'objet de fréquentes représentations auprès des gouvernements provincial et fédéral.
«Comme recteur, un de mes devoirs est d'influencer ceux qui détiennent le pouvoir tout en préservant jalousement l'autonomie de mon université», a rappelé M. Breton.
Le recteur a ainsi voulu détruire un mythe selon lequel les universités seraient à la solde des entreprises. Il a répété que les universités devaient s'ouvrir à toutes les composantes de la société et discuter avec les entreprises.
«Plus de 99 % de nos diplômés ne feront pas carrière à l'université. Il me semble normal qu'on tienne compte du marché du travail.»
D'autres mythes sont passés à la moulinette, dont celui voulant que l'administration accapare une part toujours grandissante du budget et celui selon lequel les universités ne sont pas sous-financées. Sur ce dernier point, le recteur estime que la société dans son entier doit faire sa part pour réduire l'écart entre l'UdeM et les universités de recherche du pays, qui disposent de 4000 $ de plus par étudiant.
Doubler le fonds de dotation
Le recteur espère que la grande campagne de financement qui sera lancée en janvier conjointement avec HEC Montréal et l'École Polytechnique permettra de faire passer le fonds de dotation de 4000 à environ 7000 $ par étudiant.
Car même si l'Université affiche 75 chaires de recherche philanthropiques, «notre fonds de dotation n'est pas le mieux garni, loin de là», a fait remarquer le recteur.
Or, un fonds de dotation bien garni permet de créer des chaires et des programmes, de construire des laboratoires et d'offrir des bourses. Et cet objectif prend tout son sens quand on sait que plus du quart des étudiants à l'UdeM sont inscrits aux cycles supérieurs, ce qui représente la proportion la plus élevée du pays.
P.d.R.
L'ESPUM quitte le 1420
Les professeurs, les étudiants et tout le personnel de l'École de santé publique de l'Université de Montréal (ESPUM), actuellement logés au 1420, boulevard du Mont-Royal, vont déménager le printemps prochain au 7101, avenue du Parc.
En faisant part de l'intention de l'Université de «vider les lieux», le recteur, Guy Breton, a rappelé que l'UdeM n'occupe actuellement que 15 % de la superficie du bâtiment, qui ne répond pas aux besoins en matière d'espace.
M. Breton a aussi précisé que le prix de vente du bâtiment n'était pas de 21 ou 25 M$ mais bien de 28 M$, ce qui représentait une vente à cout nul.
L'Université a acquis l'ancien couvent en 2003 parce qu'il était à ce moment-là la seule possibilité d'expansion du campus. Toutefois, les choses ont changé depuis l'acquisition d'un terrain à Outremont. Aussi, plus le temps passait et plus il devenait clair que le bâtiment ne répondait pas aux exigences de la recherche moderne.
La relocalisation des employés et étudiants de l'ESPUM est temporaire, puisqu'il est prévu que l'école s'installe, dans quelques années, dans le quartier de la santé de Montréal, au centre-ville.
Le bâtiment du 1420, boulevard du Mont-Royal abrite aussi le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS). Une clause du contrat de vente de l'édifice prévoit que le BRAMS pourra y demeurer quelques années après la conclusion de la vente.
Outremont
Par ailleurs, le recteur a indiqué que le dossier Outremont suivait son cours et que la viabilisation du terrain (travaux de décontamination, installation des canalisations, etc.) serait mise en œuvre en cours d'année.
De plus, la direction de l'UdeM a déjà présenté le projet de pavillon des sciences au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, qui l'a bien accueilli. Les départements de géographie, de chimie, de physique et de sciences biologiques seront les premiers à y emménager. Et leur personnel sera bien heureux d'avoir enfin les locaux qu'il réclame depuis longtemps.
Dans sa déclaration, le recteur a en effet signalé que, si l'on comparait l'espace dont dispose l'UdeM avec celui des 13 plus importants établissements universitaires au Canada, l'UdeM affichait un écart de six mètres par étudiant, soit globalement l'équivalent de trois fois le pavillon Roger-Gaudry. «Là où les universités de recherche canadiennes logent trois étudiants, nous en logeons quatre», a expliqué M. Breton. Pas étonnant que les professeurs se plaignent de ne plus savoir où installer leurs étudiants!
P.d.R.
