«Mes recherches à l'Université de Montréal portent sur les commotions cérébrales. Et si les gens étaient conscients de la gravité des conséquences, plus personne ne serait en faveur de la violence dans le sport», déclare avec aplomb la professeure de neuropsychologie Maryse Lassonde en fixant la caméra.
Voilà l'un des messages d'une durée de 15 secondes lancés par des chercheurs de l'Université de Montréal mis en vedette dans la nouvelle campagne publicitaire de l'établissement. Ils ont été diffusés pour la première fois hier soir, le 25 septembre, au cours de la rentrée automnale de la populaire émission Tout le monde en parle.
Cette initiative se veut un moyen de dévoiler l'étendue de la recherche menée à l'Université et sa contribution au mieux-être de la société. «Dans mon travail, je constate tous les jours le déficit patent de connaissance et de reconnaissance de l'excellence de nos chercheurs et de nos étudiants. Nous devons corriger cette situation», indique le recteur, Guy Breton.
«Il s'agit d'une campagne de positionnement de l'UdeM qui précède la grande campagne de financement de 2012 commune avec HEC Montréal et l'École Polytechnique», précise Raynald Petit, directeur de l'image de marque et responsable de l'opération.
Seize chercheurs, dont deux étudiants, se font les porte-paroles de l'Université. Figurent parmi eux Jocelyn Faubert, professeur à l'École d'optométrie, Jean-François Rivest, chef de l'Orchestre de l'UdeM, Christina Cameron, professeure à la Faculté de l'aménagement, Maryse Lassonde, professeure au Département de psychologie, Mounthaga Sow, étudiant à la Faculté de droit, et Fasal Kanoute, professeure à la Faculté des sciences de l'éducation.
Grâce à eux, l'Université de Montréal trouve une voix, un visage et, surtout, une vision, estime M. Breton. «Cette campagne illustre de façon très concrète la spécificité de nos chercheurs, dit-il. En les laissant s'exprimer sur ce qu'ils sont, ce qu'ils font et ce qu'ils découvrent, nous reconnectons l'Université sur les besoins de la population.»
Cette intention explique bien la signature qui ponctue la fin de chaque message publicitaire: «L'Université de Montréal. Comprendre. Agir.» «C'est une signature de campagne qui va de soi, croit le recteur. On fait de la recherche pour comprendre et, une fois qu'on y est arrivé, on tente de trouver des solutions pour résoudre les grands enjeux de société.»
À la télévision, les publicités seront vues exclusivement à l'émission phare de Radio-Canada Tout le monde en parle du 25 septembre au 4 décembre. «Nous serons alors en mesure de joindre le plus de personnes possible, autant le grand public que les faiseurs d'opinion, les gens d'affaires et les décideurs», signale M. Breton. Il ajoute que les messages seront aussi mis en évidence sur le site Web de l'UdeM.
Cette campagne se distingue par son caractère «fait maison». Aucune agence de production ou de publicité n'a été sollicitée. La musique et les voix hors champ sont l'œuvre d'étudiants et d'employés de l'Université. Et les chercheurs ont participé bénévolement à l'entreprise. «Ça faisait partie de la démarche, affirme le recteur. Nous souhaitions que nos gens se mobilisent et ils l'ont fait avec enthousiasme.»
Pour compléter l'expertise interne, M. Petit a embauché le concepteur publicitaire Pierre Laramée et la jeune réalisatrice Anne Émond, dont le premier long métrage, Nuit # 1, vient de remporter une mention spéciale au Festival international du film de Toronto.
Réactions
Deux semaines avant la diffusion officielle des messages publicitaires, les participants et les artisans ont pu les visionner. Les réactions ont été positives. «Cela reflète bien notre travail, a jugé Mounthaga Sow. C'est très gratifiant de savoir qu'on fait partie d'une communauté qui en fait autant pour la société.»
«Nous avons été très bien dirigés, a mentionné pour sa part Jocelyn Faubert. Je suis fier d'avoir été choisi pour ce projet.»
«Ces publicités permettent de démythifier ce que nous faisons», pense Sébastien Roy, professeur au Département d'informatique et de recherche opérationnelle. Il salue au passage les efforts de l'équipe de tournage. «Ce n'est pas une mince affaire que de transformer un chercheur en acteur!» a-t-il dit en riant.
Marie Lambert-Chan
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