Guy Breton livre un vibrant plaidoyer en faveur de l'éducation

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Le recteur a rappelé que les universités qui font le plus de recherche sont celles qui sont les plus endettées. (Photo: Andrew Dobrowolskyj)Une formation universitaire sera de plus en plus recherchée au cours des années qui viennent parce qu'un million d'emplois seront à pourvoir à compter de 2012, uniquement en raison du départ à la retraite des babyboumeurs. Et ces emplois seront largement décrochés par des diplômés universitaires.

«Les Québécois vont travailler comme jamais dans les prochaines années. Ils vont devoir aussi travailler mieux, être plus productifs», a souligné le recteur, Guy Breton, le 30 novembre dernier.

À l'invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Breton s'est adressé à quelque 900 personnes, un auditoire exceptionnel qui « est en général réservé à un ministre », a dit en ouverture le président de la Chambre, Michel Leblanc. Dans une allocution d'une vingtaine de minutes, le recteur a détaillé son plan de refinancement du système universitaire québécois, à bout de souffle. Mais d'abord, il a rappelé à quel point productivité et diplôme universitaire sont liés.

Pour illustrer son propos, il a signalé que si, au Québec, 36 % des cadres étaient titulaires d'un diplôme universitaire, cette proportion était de 54 % aux États-Unis. Or, plusieurs études le démontrent, l'écart de productivité est largement attribuable au niveau de scolarisation.

«Ce que les Québécois doivent comprendre, c'est que la productivité, ce n'est pas une journée de travail qui se poursuit après 18 heures, mais une éducation qui se poursuit après 18 ans», a-t-il lancé, bousculant ainsi le tabou qui entoure la notion de productivité.

Dans ce contexte, le dirigeant de l'UdeM s'est engagé à développer notamment la formation continue et en particulier la formation continue professionnelle. «Nous voulons offrir des formations d'appoint à toutes les personnes qui le désirent, par exemple à des architectes qui veulent se former en gestion, des médecins qui ont besoin de se frotter aux méthodes statistiques, des notaires qui souhaitent acquérir une formation en psychologie, des musiciens désireux de maitriser l'informatique et des gens d'affaires qui veulent parler le mandarin.»

Diversifier les sources de revenus universitaires

L'Université pourrait tirer certains revenus de telles formations d'appoint, mais essentiellement, pour remplir sa mission d'enseignement et de recherche de manière adéquate, elle devra compter sur de nouvelles sources de revenu.

Le recteur a également indiqué que, même si la hausse des droits de scolarité était «non seulement nécessaire mais indispensable», les étudiants ne peuvent être les seules cibles d'une réinjection d'argent dans le réseau universitaire.

Ainsi, M. Breton suggère d'implanter des mesures fiscales incitatives destinées aux individus et aux entreprises prêts à investir dans le système universitaire. Ces mesures pourraient prendre la forme de crédits analogues à ceux en vigueur pour soutenir l'industrie cinématographique.

M. Breton a livré sa communication six jours avant la tenue de la rencontre des partenaires de l'éducation, convoquée à l'initiative de la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, et où il sera beaucoup question de financement universitaire.

Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Breton a fait observer que l'Université de Montréal reçoit 4000 $ de moins par étudiant que ses comparables canadiennes et que cet écart se creuse chaque jour davantage, puisqu'il était de 2700 $ il y a quatre ans à peine.

Le recteur estime en outre que le gouvernement doit désormais distinguer ses subventions à l'enseignement de ses subventions à la recherche, car la recherche coute très cher en frais indirects.

«C'est le grand paradoxe du financement de la recherche. Plus une université fait de la recherche, plus elle s'endette», a-t-il déclaré.

Paule des Rivières

 

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