Le recteur de l'Université de Montréal (UdeM), Guy Breton, a plaidé aujourd'hui, lors d'une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, pour un nouveau modèle de financement des universités québécoises.
M. Breton a profité de l'occasion pour rappeler l'importance des universités dans le développement social, économique, culturel et scientifique du Québec. Il a également appelé à une vaste mobilisation collective en faveur de l'éducation.
« Depuis quelques années, un consensus émerge quant à la place que doit occuper l'éducation au Québec, a souligné M. Breton. Or les consensus servent à passer à l'action et le Québec est prêt à passer à l'action pour faire de l'éducation sa priorité. L'UdeM, qui forme un étudiant universitaire sur quatre au Québec, est prête à passer à l'action.»
Une société en transformation
Passant en revue les grands défis auxquels le Québec fera face au cours des prochaines années, de la transformation du marché du travail au vieillissement de la population en passant par les préoccupations grandissantes pour les questions environnementales, le recteur a souligné le rôle crucial que les universités sont appelées à jouer. « L'UdeM forme la moitié des professionnels de la santé qui prendront soin de notre population vieillissante, a-t-il mentionné. Et les réponses aux défis environnementaux se préparent dans les laboratoires de nos universités, parce qu'il n'y a pas de développement véritablement durable sans sciences. »
L'Université entend par ailleurs toujours aménager un pavillon sur le site de l'ancienne gare de triage d'Outremont afin de loger convenablement ses départements de sciences. Ce projet profondément montréalais transformera un immense terrain vague en un quartier résidentiel et universitaire. Les trois ordres de gouvernement ont saisi la portée de ce projet et financeront les coûts de viabilisation du site. Le projet permettra également de préserver l'intégrité environnementale du mont Royal puisque l'expansion nécessaire de l'UdeM se fera sur le terrain de l'ancienne gare de triage plutôt que sur le mont Royal.
Pour un financement adéquat
L'écart continue de se creuser entre les moyens dont disposent les universités de recherche canadiennes et leurs comparables québécoises. Pour l'UdeM, la plus grande université du Québec, cet écart était, il y a quatre ans, de 2 700 $ par étudiant par année. Il est aujourd'hui de 4 000 $ par étudiant par année, soit quelque 120 millions de dollars.
« À l'heure actuelle, le financement de nos universités repose essentiellement sur deux acteurs : le gouvernement du Québec et les étudiants, a expliqué M. Breton. Je propose de repenser ce modèle afin de diversifier et d'accroître nos revenus. »
M. Breton invite tout d'abord les gouvernements fédéral et provincial à couvrir à leur juste valeur les frais occasionnés par la recherche. L'UdeM figure au premier rang québécois et au quatrième rang canadien pour le volume de ses activités de recherche. Pourtant, et c'est le paradoxe de la recherche, elle est aussi la plus endettée.
En deuxième lieu, l'UdeM s'engage à augmenter son offre de formation continue, professionnelle et culturelle, afin de mieux répondre aux besoins des individus et des entreprises.
Troisièmement, M. Breton a plaidé pour une hausse des droits de scolarité. « Cette hausse n'est pas seulement nécessaire, elle est incontournable, a-t-il affirmé. La hausse devra être progressive et modulée, c'est-à-dire que les droits de scolarité devront tenir compte des coûts des programmes et des revenus escomptés de leurs diplômés. Enfin, 30% de cette hausse doit servir à bonifier l'aide financière aux étudiants. »
Enfin, M. Breton a proposé la création d'un espace fiscal pour soutenir l'enseignement et la recherche universitaire. Ces mesures fiscales, à l'instar de celles qui existent pour soutenir l'industrie cinématographique, permettraient aux entreprises de soutenir la recherche menée dans un domaine qui n'est pas lié à leur domaine d'activité et aux individus de devenir des partenaires des universités. « Je souhaite que ce nouvel espace fiscal soit plus qu'un levier financier, qu'il devienne le baromètre de la valeur que nous accordons à l'éducation », a-t-il conclu.
À propos de l'Université de Montréal
Montréalaise par ses racines, internationale par vocation, l'Université de Montréal (UdeM) compte parmi les grandes universités de la Francophonie. Elle accueille avec ses écoles affiliées, HEC Montréal et l'École Polytechnique, plus de 60 000 étudiants, soit un étudiant universitaire sur quatre au Québec. Elle décerne quelque 11 000 diplômes chaque année, dont un diplôme de doctorat sur douze au Canada.
