L'Université doit se préoccuper des classements internationaux

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Anne-Marie BoisvertLes palmarès internationaux des universités comportent de multiples lacunes, mais cela ne constitue certainement pas une raison pour lever le nez sur ce qu'il convient désormais d'appeler l'industrie des classements.

«Les classements ne doivent pas déterminer nos priorités, mais ils nous renvoient une image de nous-mêmes que nous ne pouvons ignorer», a déclaré Anne-Marie Boisvert, vice-rectrice aux ressources humaines et à la planification, aux membres de l'Assemblée universitaire (AU) le 15 novembre. Mme Boivert a profité de cette tribune pour saluer le travail colossal, dans le domaine de la recherche et de l'analyse de statistiques, de Rachel Houle, directrice du Bureau de recherche institutionnelle.

Sans avoir un effet immense, les classements exercent une influence sur la décision de fréquenter ou non un établissement, notamment pour les étudiants étrangers. Et cela vaut aussi pour les professeurs de l'extérieur du pays. Les donateurs jettent en outre un œil sur les résultats des classements les plus connus, soit le Times Higher Education et le classement de Shanghai. Deux palmarès canadiens font également jaser, celui du Globe and Mail et celui du magazine Maclean's.

Certaines enquêtes s'appuient sur des sondages étudiants, d'autres sur des revues de pairs. Mais un critère reste primordial, celui de la réputation de l'établissement. Cette renommée est directement proportionnelle au nombre de publications et de citations obtenues dans les revues savantes, à commencer par les prestigieuses Nature et Science.

À ce sujet, Mme Boisvert exhorte les professeurs à publier davantage. Mais surtout, elle lance un appel en faveur de la signature institutionnelle. Trop de chercheurs, a-t-elle rappelé, ne mentionnent que le nom de leur unité ou centre de recherche (sans parler du fait que les chercheurs des deux écoles affiliées n'ont pas non plus le réflexe d'ajouter «Université de Montréal» au bas de leurs articles). Les articles de ces auteurs ne sont donc pas répertoriés.

Pour le professeur Christian Nadeau, il est certain que la signature est importante. Mais il faut s'interroger sur les raisons de cette absence de mention de l'Université. «Moi, je signe toujours “Université de Montréal”, mais certains se sentent davantage appuyés par leur centre de recherche.»

Enfin, Mme Boisvert a conclu qu'au fil des classements la position de l'UdeM affichait «une certaine cohérence». L'Université s'améliore, mais ses concurrents progressent plus rapidement encore.

Campus de Laval

Par ailleurs, des membres de l'AU se sont demandé si des déplacements de membres du personnel seraient imposés à l'ouverture du nouveau campus à Laval, en septembre.

«Les professeurs à Montréal n'auront pas d'obligation d'enseigner à Laval, a assuré Hélène David, vice-rectrice aux affaires académiques et rectrice suppléante. Il y aura embauche de nouveaux professeurs et nous travaillerons à un plan de développement.»

Cette réponse s'applique aussi aux autres catégories d'employés, comme l'a précisé Éric Filteau, vice-recteur aux finances et aux infrastructures, en réponse à une question d'Éric Romano, au nom des employés de soutien.

Grande campagne

Aux membres de l'Assemblée universitaire, Donat J. Taddeo, vice-recteur au développement et aux relations avec les diplômés, a parlé de la grande campagne de financement qui sera menée conjointement avec les écoles affiliées.

L'objectif n'est pas encore arrêté. Il sera fixé en fonction de la réponse des donateurs à la campagne dite «silencieuse», qui commencera sans doute cet hiver.

M. Taddeo a fait remarquer que la mobilisation commençait au sein même de la communauté, pour ensuite s'étendre aux diplômés. «Ces derniers sont au cœur du financement à long terme de l'Université et cet accompagnement doit commencer dès que l'étudiant met le pied sur le campus.»

Mais encore faut-il que le donateur soit informé des difficultés associées au financement des universités de recherche. Surtout, l'Université, a souligné le vice-recteur, doit avoir des priorités claires afin de renseigner les donateurs sur ce qu'il adviendra de leurs dons.

«Le donateur ne veut surtout pas donner au fonds de fonctionnement. Il ne veut pas se substituer à l'État. En revanche, il est prêt à donner pour des centres de recherche, des bourses et des installations.»

Paule des Rivières

 

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