Déclaration annuelle du recteur

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Excellence, modernité, interdisciplinarité et développement durable. Voilà quelques mots clés qui ont trouvé une place de choix dans la déclaration annuelle du recteur, livrée à la communauté le 18 octobre.

«Je veux amener l'Université là où elle n'a jamais été, grâce à une image renouvelée», a lancé Guy Breton.

«L'Université est capable de se mobiliser pour faire avancer une cause [campagne actuelle de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein]; la communauté peut également se mobiliser pour défendre ses intérêts et c'est là que nous allons grandir.» En toute chose, le nouveau recteur promet de placer l'étudiant au centre de ses préoccupations afin de lui offrir «un soutien complet et continu».

Dans un discours particulièrement structuré et sans complaisance accompagné d'une présentation PowerPoint, le recteur a brossé un tableau de l'Université et fourni un éclairage sur la direction qu'il souhaite y imprimer au cours de son mandat. Il a rappelé que, pour une 13e année d'affilée, les inscriptions étaient en hausse et qu'en 12 ans le nombre d'étudiants avait crû de 30 %.

Défis démographiques

Mais ces chiffres n'empêchent pas l'UdeM d'être confrontée à des défis démographiques majeurs: la tranche des 15 à 64 ans entrera bientôt dans un déclin progressif et, à partir de l'an prochain, il y aura davantage de gens de 65 ans et plus que de jeunes âgés de plus de 14 ans. Et il faut ajouter à cela les 20 000 Montréalais qui, chaque année, quittent la ville pour s'établir ailleurs, notamment sur les rives nord et sud.

Que faire? L'Université devra travailler sur plusieurs fronts, a indiqué le recteur. Elle possède déjà une bonne carte dans son jeu avec l'ouverture prochaine d'un campus à Laval. D'ailleurs, 40 % des étudiants lavallois choisissent l'UdeM et cette région connait une forte croissance démographique.

Le recteur veut aussi renforcer, dans toutes les facultés, les programmes de formation continue dans les domaines aussi bien culturel que professionnel – «330 000 professionnels au Québec ont l'obligation de maintenir à jour leurs compétences». Et il entend déployer des efforts pour explorer de nouveaux bassins de recrutement. D'abord localement, auprès des jeunes autochtones, trop souvent oubliés, et des enfants allophones, qui constituent la moitié de la clientèle des écoles primaires à Montréal. Et internationalement ensuite, car la mobilité des étudiants dans le monde est appelée à croitre du double d'ici 2025, pour un total de 7,2 millions de personnes.

Mais tous ces projets s'inscrivent dans un contexte financier très difficile. Le sous-financement universitaire et les avenues pour en sortir occuperont une bonne partie des énergies de l'équipe de direction au cours des prochains mois. On le sait, le recteur a formulé des pistes de solution originales qu'il a d'ailleurs eu le loisir de détailler devant la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport et le ministre des Finances, ainsi que devant leurs sous-ministres.

La direction de l'Université de Montréal souhaite que la hausse des droits de scolarité soit graduelle et qu'il ne soit pas question de parité avec le reste du Canada d'ici cinq ans. Et, si les étudiants sont appelés à faire leur part, le recteur a dit à plusieurs reprises que le gouvernement, les entreprises et les contribuables doivent aussi participer à l'effort collectif. De plus, sensible à la condition financière souvent fragile des étudiants, le recteur estime que 30 % de chaque dollar de hausse de droits de scolarité doit aller à l'aide financière aux étudiants.

«Le financement universitaire est une responsabilité partagée et je suis fier d'avoir fait des propositions inédites à ce sujet», a-t-il souligné.

Recherche et déficit

Le recteur a en outre insisté sur la «corrélation troublante» entre déficit et recherche: les trois universités québécoises qui effectuent la majorité des travaux de recherche et qui reçoivent les plus généreuses subventions à cet effet sont celles aux prises avec les plus gros déficits. Pourquoi? Parce que la recherche occasionne des dépenses récurrentes indirectes qui ne sont que partiellement couvertes par les programmes gouvernementaux existants.

«À l'UdeM, le budget de recherche compte pour 40 % du budget total, tandis que, dans la plupart des autres universités québécoises, il représente 10 % des dépenses. Les subventions de recherche servent à financer les travaux des chercheurs, ainsi que la construction et l'entretien des laboratoires. Mais, dès qu'il s'agit de faire fonctionner ces installations, les couts sont à la charge de l'établissement», rappelle le recteur, qui entend sensibiliser les élus à cette réalité.

Durant son mandat de cinq ans, le recteur souhaite que chaque amélioration contribue à renouveler l'image de l'Université: «Il y a un écart croissant entre la réalité de nos succès et la perception de la population.» Il a promis de tout faire pour réduire cet écart en projetant une image de l'Université plus conforme à ce qu'elle est objectivement: «Le complexe universitaire le plus important de tout le monde francophone.»

Paule des Rivières

 

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