Le recteur veut apporter un vent de changement à l'Université

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Guy Breton favorise les remises en question.La nouvelle direction de l'Université souhaite faire souffler un vent de changement sur le campus. Pour cela, elle veut s'inspirer des meilleures pratiques ayant cours dans les autres établissements d'enseignement supérieur en Amérique du Nord.

Fébrile à quelques jours de sa rentrée comme grand patron de l'Université, et la tête pleine d'idées, M. Breton veut aussi mieux faire connaitre l'UdeM, surtout ce qui la différencie des autres universités. Il amorce l'année avec une nouvelle équipe dont la composition reflète ses priorités, notamment en matière de vie étudiante et de développement durable.

Se rebrancher sur la société

Mais pourquoi changer, demanderont certains? Entre autres pour que l'Université «se reconnecte» sur les besoins de la société, pour qu'elle conserve sa pertinence.

«La société change, elle vieillit, elle est davantage multiculturelle, plus mobile. Il faut se demander si l'Université répond à ses besoins», a souligné le nouveau recteur durant un entretien la semaine dernière.

Pour le savoir, croit-il, une attitude d'ouverture et d'écoute doit caractériser les rapports avec les autres acteurs de la société. M. Breton a lui-même donné le ton cet été en multipliant les rencontres avec des représentants de la société civile et des partis politiques de tous les paliers.

«Lorsqu'on se met à interroger les gens sur ce qu'ils feraient s'ils étaient à notre place ou, mieux, sur ce qu'on peut faire pour eux, ils sont très surpris, car ça change du discours “Donnez-nous de l'argent”», mentionne le recteur (en spécifiant tout de même que, de l'argent, il en faudra!).

Certains des besoins de la société pourront être satisfaits grâce à la formation continue, indique M. Breton, selon qui ce secteur devra prendre de l'expansion. «Il faut aller plus loin dans la formation continue: penser à la formation délocalisée, la formation en ligne et aussi sur le campus.»

Mais il aimerait que l'ensemble des secteurs de l'Université se remette en question. «Je veux qu'on regarde ailleurs ce qui se fait de meilleur en enseignement et en recherche et que l'on n'hésite pas à prendre exemple sur les autres établissements d'enseignement supérieur nord-américains.»

«La culture du changement n'est pas une punition. C'est une façon d'améliorer notre sort», fait-il remarquer. Ici, sur le campus, l'instauration prochaine du PGI, le progiciel de gestion intégré, permettra d'accroitre l'efficacité au chapitre de la gestion. Voilà un premier changement majeur dont les répercussions sur la vie au travail seront significatives.

De manière plus globale, pour améliorer l'environnement actuel, le recteur a également entrepris, au cours de l'été, de rencontrer les représentants étudiants et syndicaux, échanges non officiels qu'il veut maintenir en plus de ceux plus officiels. «La porte de mon bureau est restée ouverte tout l'été et tous ceux qui ont voulu me parler ont pu le faire», dit-il pour illustrer son approche, qu'il qualifie de recherche de solutions.

Finances : un défi partagé

Dans le monde universitaire, l'automne sera marqué par le débat sur le financement des universités. Le nouveau recteur juge primordial de sortir du «discours stérile» et du «dialogue de sourds» qui marquent les discussions entre les parties. «Il faut changer de paradigme.»

«Le gouvernement dit qu'il n'a pas d'argent, les universités se font dire qu'elles gèrent mal leurs fonds et les associations étudiantes ne veulent pas hausser les droits de scolarité. Nous tournons en rond.»

Ce que le recteur propose? Que chacun fasse sa part et que toute la société se réapproprie l'enseignement supérieur. Comment? Il propose, entre autres, la création d'un fonds d'investissement pour l'enseignement supérieur, qui serait alimenté par l'émission d'obligations gouvernementales destinées à des particuliers qui bénéficieraient en retour d'un allègement fiscal immédiat.

Quant aux droits de scolarité, M. Breton est convaincu qu'ils doivent être indexés sur le cout de la vie, partiellement ou complètement. Les étudiants doivent sortir de leur «intégrisme du gel». Cela dit, il est certain que les étudiants ne peuvent être les seuls à participer à l'amélioration des finances des universités.

Guy Breton est par ailleurs en faveur d'une modulation partielle des droits de scolarité dans certains programmes, étant entendu que l'avenir s'annonce plus prospère pour un futur médecin que pour un étudiant en lettres. Le Québec, observe-t-il, est le seul endroit en Amérique du Nord où les droits sont identiques quelle que soit la discipline. Encore là, il souhaite que le Québec s'inspire des meilleures pratiques en vigueur dans les autres universités, «tout en conservant notre culture».

Le recteur voudrait aussi que le gouvernement envisage la possibilité de reconnaitre à des universités une valeur à leurs activités de recherche relativement à l'obtention de crédits d'impôts.

Le recteur a en outre tenu à parler de développement durable. Une vice-rectrice s'y consacre désormais et caresse plusieurs projets. M. Breton renouvelle les engagements pris par l'Université pour protéger la montagne et pour faire de l'aménagement du site d'Outremont un projet véritablement durable et respectueux de l'environnement. Du reste, plusieurs initiatives en enseignement et en recherche sont en chantier dans ce domaine. Sans parler du Centre sur la biodiversité, qui ouvrira ses portes dans quelques semaines à proximité du Jardin botanique de Montréal.

Paule des Rivières

 

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