La Super Expo-sciences Bell aura lieu au CEPSUM

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Cinq ambassadeurs des expo-sciences représentant autant de décennies : Yannick Bergeron (1990), Michel Bourdages (1970), Delphine Rémillard-Labrosse (2000), Martin D’Amours (1980) et Jean-Marc Lebœuf (1960). La plupart ont eu la piqure pour les sciences à leur première expérience d’exposant. Tout se passe sur une affiche de 2,28 m sur 1,12 m, sur laquelle le jeune exposant aura résumé une démarche scientifique. Au moment où les juges passeront devant son kiosque, il devra trouver les mots pour les convaincre des résultats obtenus par ses propres expériences ou par celles d'autres chercheurs. S'il gagne, il représentera sa région dans une finale élargie et il pourrait même, honneur suprême, défendre le Québec à la compétition canadienne.

L'Université de Montréal accueillera en avril prochain la finale provinciale des expo-sciences, la Super Expo-sciences Bell, à laquelle on attend près de 5000 exposants, juges et visiteurs. Ce sera une excellente occasion pour les jeunes autodidactes de la science et leurs amis d'entrer sur le campus d'une université qui voudra bien leur ouvrir ses portes dans quelques années.

Depuis 50 ans, le Conseil de développement du loisir scientifique organise ce populaire concours parascolaire qui a touché, au total, environ 300 000 jeunes de tous les coins du Québec et de toutes les disciplines.

Présents à la cérémonie marquant les 50 ans des expo-sciences, le 2 février, cinq anciens participants, représentant autant de décennies, étaient venus témoigner de l'influence qu'avaient eue les expo-sciences sur leur parcours. «Moi, elles ont changé ma vie», a lancé le physicien Jean-Marc Lebœuf, qui a pris part à la compétition montréalaise à sa deuxième année d'existence, en 1962. Jusqu'à la fabrication de son oscilloscope, qui lui a valu le premier prix en sciences appliquées, le futur ingénieur n'avait eu aucun contact avec l'expérimentation scientifique.

Même son de cloche du côté de Martin D'Amours, qui ne parlait pas anglais lorsqu'il a défendu le Québec à la finale canadienne (où il décroche l'or) de 1983. Aujourd'hui copropriétaire et président d'une compagnie de plus de 120 employés, il affirme mener 95 % de ses affaires à l'extérieur de la province.

Le chimiste Yannick Bergeron s'orientait vers les arts quand il s'est inscrit à sa première expo-sciences, en 1993. Il trouvera sa voie dès sa deuxième participation, l'année suivante, où il représente le Québec à la finale canadienne: communicateur scientifique. Nommé, avec Nathalie Beaudry, personnalité de l'année 2009 du journal La Presse dans le secteur des sciences humaines, des sciences pures et de la technologie, Yannick Bergeron est l'un des plus actifs animateurs du mouvement Les débrouillards.

Adolescent, Michel Bourdages a conçu un dispositif à rayon laser qui lui a permis de gagner la troisième place à la finale régionale du Saguenay–Lac-Saint-Jean en 1972. Ce premier coup de foudre pour l'électricité le mènera à... Hydro-Québec, où il dirige, 30 ans plus tard, une équipe de 45 chercheurs.

De telles histoires sont fréquentes chez les anciens exposants. On lance d'ailleurs un appel à tous pour connaitre les vocations que des expo-sciences ont pu éveiller.

Tête chercheuse

Pour Delphine Rémillard-Labrosse, étudiante en médecine à l'Université de Montréal, l'expo-sciences de 2005 lui a permis d'apprivoiser le secteur de la thérapie génique avec «Dr Virus». Ce projet lui vaudra une médaille d'argent au Québec et une participation à la finale canadienne, exploit qu'elle répètera l'année d'après. «J'ai tissé un important réseau dans le milieu scientifique et, je l'avoue, ça m'a donné l'occasion de faire la fête avec des jeunes vraiment passionnants des quatre coins du pays.»

Grande amoureuse des sciences, Delphine Rémillard-Labrosse a obtenu des bourses pour mener des projets d'études en Israël, au Costa Rica et dans l'Arctique. «Toutes les sciences m'intéressent, mentionne-t-elle à Forum. J'ai trouvé dans les expo-sciences l'occasion de bien communiquer des connaissances tant à de jeunes enfants qu'à des personnes âgées. Pour un futur médecin, ces compétences en communication sont fondamentales.»

Rendez-vous au printemps

La Super Expo-sciences Bell se tiendra du 15 au 18 avril au CEPSUM. «C'est avec un immense plaisir que l'UdeM accueillera cette compétition qui nourrit les rêves d'innovation des jeunes Québécois depuis 50 ans, a déclaré le vice-recteur adjoint à la vie étudiante, Alexandre Chabot. Nous préparons d'ailleurs plusieurs activités spéciales qui permettront aux jeunes exposants d'enrichir leur séjour sur notre campus et de partager leur passion pour la science avec nos professeurs, nos chercheurs et nos étudiants.»

Des visites de laboratoires, des ateliers et des activités sociales sont au programme. L'École Polytechnique sera de la partie. «En développant l'intérêt des jeunes pour les sciences et la technologie, cette finale québécoise constitue une rampe de lancement pour des carrières variées et passionnantes en sciences, a indiqué Gilles Savard, directeur de la recherche et de l'innovation à l'école de génie. Les possibilités sont d'autant plus nombreuses que ce secteur a un grand besoin de relève. Nous espérons donc que les finalistes nationaux seront des exemples et inciteront d'autres jeunes à envisager une carrière scientifique, notamment celle d'ingénieur.»

Enfin, Martin Duchaîne, directeur général de TechnoMontréal et président scientifique de la rencontre, a souligné le caractère essentiel de la relève scientifique et technologique pour assurer la prospérité de l'industrie de l'information et de la communication.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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