«Ça, c'est l'objectif», se disait Hubert Reeves, à 10 ans, quand il regardait la tour de l'Université de Montréal par la fenêtre de sa chambre. Aujourd'hui encore, lorsque le chercheur du Centre national de la recherche scientifique, en France, est à Montréal, il lève son regard vers l'immeuble pour insuffler le gout des études universitaires aux jeunes qui l'entourent. «Ma vie est intimement liée à l'Université de Montréal; je suis très ému de la chaleur que vous me témoignez», a-t-il dit en recevant la prestigieuse médaille de l'Ordre du mérite de l'Association des diplômés le 5 mai dernier.
Avec le charisme qu'on lui connait, il n'a pas mis de temps à séduire son auditoire de 215 personnes venues l'applaudir dans le Hall d'honneur aménagé en salle de gala. Évoquant ses années d'études et sa carrière, il a exprimé son admiration pour la théorie du bigbang – qui n'a pas toujours fait consensus; même Albert Einstein l'a longtemps rejetée – et a résumé son étonnant parcours de «personnalité médiatique» dont l'origine remonte à la publication de son essai Patience dans l'azur. «Quand j'ai écrit ce livre, on me disait que personne ne s'intéressait aux questions d'astronomie. Erreur.»
Devenu une vedette, sinon une icône, dans la francophonie, Hubert Reeves ne s'est jamais retranché derrière sa mission de scientifique pour éviter de prendre position sur des questions environnementales. Reprenant les mots de Woody Allen («D'où venons-nous? Où allons-nous? Et qu'est-ce qu'on mange pour souper?»), il a souligné que la «responsabilité sociale» du chercheur devait être au cœur de son identité.
Pouponnière d'étoiles
Pour le recteur, Luc Vinet, à qui Hubert Reeves a enseigné, le 42e lauréat de l'Ordre du mérite a rendu la physique accessible au grand public, ce qui n'est pas un mince exploit. «Dans un salon, quand on dit qu'on est physicien, en général les conversations s'arrêtent», a-t-il ironisé.
En remerciant M. Reeves, M. Vi-net a confié qu'il avait opté pour une carrière en physique à cause d'Einstein. «Plusieurs choisissent à présent la physique à cause d'Hubert Reeves», a-t-il commenté.
Précédemment, la chancelière, Louise Roy, avait rappelé que la carrière exceptionnelle de M. Reeves avait commencé ici, sous cette tour de 82 mètres. «J'aimerais que des jeunes la regardent avec les mêmes yeux. L'Université de Montréal est une pouponnière d'étoiles.»
L'année 2009 aura été l'occasion de célébrer plusieurs anniversaires: le 400e de la lunette astronomique de Galilée, le bicentenaire de Charles Darwin et le 150e de son œuvre maitresse... ainsi que les 75 ans de l'Association des diplômés. Avec 250 000 membres, elle est la plus grande association de diplômés de langue française en Amérique.
M.-R.S.
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- Les diplômés : Origines, histoire et réalisations (document .wmv)
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