Quelque 13 milliards d'années après le bigbang, l'être humain précipite l'extinction des espèces et menace la biodiversité. «Mais il n'est pas trop tard pour limiter les effets de l'activité humaine. Il est trop tard seulement quand on dit qu'il est trop tard», mentionne le communicateur scientifique Hubert Reeves, qui prononcera une conférence à l'Université de Montréal le 22 mai à l'occasion de la Journée internationale de la biodiversité.
Le célèbre professeur du CNRS y racontera l'histoire de l'Univers, depuis l'éclatement initial jusqu'à l'apparition de la vie, et traitera longuement des interactions entre l'humain et la nature. «On le sait, les répercussions de l'activité humaine sur la couche d'ozone et le réchauffement du climat sont majeures. Mais, depuis quelques années, il y a de bonnes nouvelles. On sent que le développement durable et la diminution des risques environnementaux font leur chemin dans la vie de tous les jours et, surtout, dans le discours politique.»
Même si les rendez-vous internationaux ne mènent pas toujours à des conventions acclamées par les environnementalistes, la présence de chefs d'État de grandes puissances à des rencontres thématiques est le signe d'une prise de conscience planétaire. «En Chine, et dans une moindre mesure en Inde, des efforts importants sont faits pour ne pas reproduire les erreurs du passé en matière de développement. On pense développement durable.»
Cette préoccupation est présente en Amérique du Sud et en Europe, tient à souligner l'auteur de Patience dans l'azur (Seuil, 1981). Mais, en Afrique, les choses avancent moins vite, concède-t-il.
Le discours écologiste est-il adapté à la réalité actuelle? Pour Hubert Reeves, il y a une multitude de discours, du plus intransigeant au plus conciliant. «Des écologistes considèrent que l'humanité est une nuisance pour l'environnement et qu'on n'arrivera à rien tant que l'espèce humaine existera. D'autres estiment que l'être humain peut s'intégrer dans la nature en limitant au maximum ses effets négatifs. Je fais bien sûr partie de la seconde catégorie.»
Homme de confiance
À 77 ans, le chercheur qui a reçu de multiples honneurs en France et au Canada continue de voyager sur tous les continents. Au cours des derniers mois, il est allé au Maroc, en Tanzanie et dans différentes villes françaises pour donner des conférences.
Il répond cette fois à une invitation de l'Institut québécois de la biodiversité, fondé par Pierre Brunel, professeur émérite du Département de sciences biologiques, et d'autres biologistes qui ont à cœur la préservation des collections de sciences naturelles.
La conférence de M. Reeves devrait contribuer, selon M. Brunel, à «faire comprendre au gouvernement du Québec l'importance d'une infrastructure additionnelle pour conserver les collections de recherche sur la biodiversité du territoire québécois et de ses mers adjacentes».
Mathieu-Robert Sauvé
Hubert Reeves prononcera sa conférence «L'érosion de la biodiversité, de la planète au Québec» le 22 mai à 14 h, à la salle Z-110 du pavillon Claire-McNicoll; l'entrée est libre.
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