Le 78e Congrès de l'Acfas offre près de 3600 communications portant sur différentes disciplines. Le journal Forum vous propose un bref aperçu de quelques-unes de ces conférences.
Sur le Web
Latin et modernité
À la Révolution tranquille, le latin est devenu le symbole obsolète d'une société élitiste. Au Québec, cette désaffection pour les études classiques a entre autres eu pour conséquence d'entrainer l'oubli de tout le patrimoine littéraire latin moderne, à un moment où ailleurs les études néolatines prenaient leur essor. Ainsi, la place du latin et de sa culture représente un point aveugle de l'histoire littéraire et culturelle québécoise qu'il est temps d'explorer.
Après une première journée d'étude organisée à l'UdeM (CRILCQ) le 2 octobre 2009 pour établir un premier état de la question, le colloque présenté au congrès de l'Acfas abordera spécifiquement la question de la place faite au latin dans l'histoire littéraire et l'enseignement québécois (18e-21e siècle).
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 10 mai à 9 h à la salle A-220 du pavillon Marie-Victorin
Les enfants défavorisés font peu d'activité physique à l'âge adulte
Les enfants nés dans des familles défavorisées ont-ils tendance à faire moins d'exercice à l'âge adulte? C'est la question à laquelle a voulu répondre Carl-Étienne Juneau dans sa thèse de doctorat au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal. «Malgré que les inégalités sociales en matière d'activité physique croissent au Canada, peu d'études se sont penchées sur l'association entre des conditions socioéconomique difficiles dans l'enfance et l'activité physique à long terme. C'est ce à quoi je me suis consacré dans ma recherche.»
À partir des données de 2005 de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, le chercheur a évalué le statut socioéconomique à trois moments précis de la vie des répondants à l'aide de marqueurs tels que la taille, le niveau de scolarité et le revenu. Il a ainsi pu déterminer que le statut socioéconomique dans l'enfance et à l'adolescence était associé à l'activité physique de loisir à l'âge adulte, et ce, indépendamment du revenu à ce moment-là. Ces résultats préliminaires laissent entendre que si le petit Thomas a grandi dans une famille défavorisée du quartier Hochelaga-Maisonneuve, il aurait moins de chances de faire du sport récréatif une fois adulte. Et ce, même s'il est devenu dentiste, avocat ou ingénieur.
Pour Carl-Étienne Juneau, l'habitude de faire de l'activité physique devrait être développée dans l'enfance. «Plus on attend pour apprendre à lire, plus ce sera difficile. De la même façon, pour apprécier la pratique du sport, l'intérêt doit être développé le plus tôt possible.» Selon le chercheur, ses résultats donnent à penser que l'on pourrait réduire les inégalités à l'âge adulte quant à l'activité physique en intervenant sur le statut socioéconomique au cours des 20 premières années de la vie.
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 10 mai à 13 h 30 à la salle M-2101 de l'École Polytechnique
Développement durable : le recyclage d'une notion
On peut concilier la poursuite de la croissance économique mondiale avec la préservation des ressources naturelles pour les générations futures et la lutte contre les inégalités. Tel est le pari contenu dans l'idée de développement durable.
Le concept n'est pas nouveau. En usage dès la fin des années 70 dans certaines organisations internationales, l'expression a été popularisée au Sommet de la Terre de Rio, en 1992.
Récemment, elle a connu de nouveaux... développements. On parle ainsi de «développement urbain durable» pour désigner les initiatives destinées à conjuguer la croissance des villes avec la lutte contre la pollution et la congestion automobile. On met l'accent sur la recherche de durabilité plutôt que sur l'expansion. Depuis quelques années, il est donc question de «ville durable» ou de «mobilité durable».
Gérard Beaudet, professeur à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, présentera une communication sur le sujet au colloque «La mobilité urbaine et le développement durable: du concept à la réalité». Ses propos viseront à montrer la richesse, l'intérêt et la portée du concept de mobilité urbaine.
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 11 mai à 9 h à la salle 3036 du pavillon Marguerite-D'Youville
Le Louvre à Abou Dhabi : commercialisation du patrimoine ou dialogue entre les cultures?
En 2013, le Louvre aura pignon sur rue à... Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, qui travaille très fort pour enrichir sa culture. En vertu d'une entente signée en 2007, la France prêtera quatre expositions chaque année au nouveau musée. Cette entente n'est pas inédite: le Guggenheim de New York s'est exporté à Bilbao et à Berlin. Mais en France, le geste a suscité une polémique sur ce que certains ont appelé la commercialisation du patrimoine français. Car les Émirats arabes unis paieront grassement les expositions qui s'arrêteront sur leur territoire.
Viviane Gauthier-Jacquet (UdeM) fera le tour de la question.
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 11 mai à 9 h à la salle B-403 de l'École Polytechnique
Pour aider les femmes violentes
Une mère qui bat ses enfants se décide à communiquer avec une association d'aide. Il parait facile, à première vue, de décrocher son téléphone pour obtenir des conseils d'un psychologue et de faire les démarches pour cesser d'exercer de la violence sur une personne ou plusieurs membres de sa famille. Et pourtant, cette action est loin d'être courante. Pour en comprendre les raisons, il est nécessaire de s'intéresser à la logique propre de la violence familiale.
Dominique Damant, professeure et directrice de l'École de service social de l'Université de Montréal, étudie cette problématique depuis une vingtaine d'années. «Plusieurs chercheurs se sont penchés sur la violence infligée par les hommes et l'efficacité des interventions menées auprès d'eux, dit-elle. Toutefois, peu d'écrits existent sur les femmes ayant des comportements violents et sur les mesures qui leur sont destinées. Les services actuels sont rares et le plus souvent non adaptés à leur réalité.»
La professeure viendra parler d'un programme novateur dont l'objectif principal est de répondre à la détresse sociale des femmes qui ont des comportements violents. Élaboré en collaboration avec des chercheuses des universités de Montréal et de Laval ainsi qu'avec l'organisme Relais-femmes, ce programme propose des solutions à la violence et vise l'établissement de réseaux d'entraide. Mme Damant abordera la démarche d'élaboration du projet et mettra en évidence la nécessité d'adopter une analyse féministe de la violence dont les femmes font usage et de tenir compte des conditions de vie dans lesquelles elles se trouvent.
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 11 mai à 9 h à salle M-2109 de l'École Polytechnique
Internet, une nouvelle forme de communication et de sociabilité
À force d'associer Internet aux nouvelles technologies de la communication, on en oublie presque qu'il s'agit d'une innovation désormais plus que trentenaire. Ce n'est cependant qu'au cours des dernières années que sociologues, anthropologues et spécialistes de la communication ont commencé à se pencher sérieusement sur cette technologie, sa diffusion, ses répercussions sur les agglomérations urbaines et les formes de communication et de sociabilité auxquelles elle donne naissance.
Deux chercheuses de l'Université de Montréal, Sandra Rodriguez et Yollande Cloutier, respectivement des départements de sociologie et de communication, feront part, le 11 mai à 10 h 45 et à 14 h 30, de données tirées de travaux menés sur le sujet. La présentation de la première s'intitule «S'engager à l'ère du Web 2.0». Mme Rodriguez y décortique la logique technocentriste de plusieurs études s'intéressant à l'engagement des jeunes en soulignant les multiples facteurs qui agissent sur leurs motivations à recourir aux technologies de l'information et de la communication à des fins sociales ou politiques.
La communication de la seconde conférencière portera sur le clavardage chez les adolescents. Peut-il être associé à un rite institué par et pour des jeunes marquant leur passage vers le monde adulte? s'interroge Mme Cloutier. Elle y présentera ses analyses d'entretiens réalisés avec des adeptes du clavardage en observant cet acte de communication sur les plans anthropologique et social, à partir de la notion du rite.
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 11 mai à 10 h 45 et à 14 h 30 à la salle S1-139 du pavillon Jean-Coutu
Écouter de la musique punk est un facteur de prédiction de la consommation de drogue
Les adolescents qui préfèrent la musique punk ont plus tendance à consommer de la drogue. «Un intérêt élevé pour ce style musical est prédictif d'une consommation plus grande de drogues fortes», selon Alexandra Poirier, étudiante au Département de psychologie de l'Université de Montréal.
C'est ce qui ressort d'une étude qu'elle a menée dans ses travaux de doctorat auprès de 205 filles et 135 garçons qui fréquentaient des écoles publiques de Montréal entre 2005 et 2009.
Réalisée sous la direction du professeur Éric Lacourse, cette étude longitudinale contribue de façon significative à l'avancement des connaissances sur l'influence de la musique chez les adolescents. Les travaux d'Alexandra Poirier visaient à approfondir cette question en explorant les trajectoires de la délinquance et de la consommation de drogue par rapport à trois styles musicaux: le heavy metal, le punk et le gothique. La chercheuse a aussi étudié les associations entre ces trajectoires et l'adaptation psychosociale des adolescents.
La collecte des données s'est faite annuellement auprès de jeunes âgés de 15 ans au début de l'étude. L'étudiante les a ainsi suivis de la troisième secondaire jusqu'à la seconde année du collégial. Les analyses ont permis de déterminer trois trajectoires pour les styles heavy metal et punk et deux pour le gothique. Les résultats révèlent des effets d'interaction entre les préférences musicales et les comportements délinquants (trajectoires). Toutefois, l'influence d'un intérêt marqué pour la musique déviante, vers la fin de l'adolescence, est limitée et propre au style de musique et varie selon le sexe du jeune.
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 11 mai à 11 h 30 au foyer du deuxième étage de l'École Polytechnique
La figure de la grand-mère chez le célèbre écrivain
La grand-maman occupe une place particulière chez plusieurs romanciers et Marcel Proust est peut-être l'un des auteurs qui lui a accordé le plus d'attention. C'est du moins ce que croit Clara Dupuis-Morency, qui avance que la relation du narrateur avec sa grand-mère, surtout dans À la recherche du temps perdu, est caractérisée par ce qu'elle appelle «le fuyant». Pour la chercheuse, la nature de cette relation est d'autant plus intéressante qu'elle peut servir de grille d'analyse au rapport entre l'écrivain et son monde.
Conférence au 78e Congrès de l'Acfas
Le 12 mai à 13 h à la salle B-403 de l'École Polytechnique
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- L'UdeM accueille le 78e Congrès de l'Acfas (Durée : 3 min 14 s)

