- De la tolérance à la reconnaissance
- Analyse économique du droit
De la tolérance à la reconnaissance
Le philosophe Michel Seymour aborde ici le thème de l’État multinational comme modèle d’organisation politique. S’inscrivant directement dans la foulée des travaux de Charles Taylor, de Will Kymlicka et de John Rawls, il se donne pour objectif de formuler une théorie originale des droits collectifs.
L’auteur traite particulièrement des minorités nationales au sein de l’État-nation ainsi que des peuples inscrits dans des organisations supranationales. Il réfléchit sur les conditions qui pourraient garantir la viabilité de toute forme d’arrangement «plurinational», ce qui inclut autant les États-nations rassemblant des minorités nationales diverses que les États multinationaux et les organisations supranationales rassemblant différents États souverains.
Il s’attaque à la «reconnaissance politique» des peuples, qui peut apparaitre comme une condition sine qua non pour assurer la viabilité de toute forme d’arrangement plurinational, mais qui peut aussi être admise pour des raisons morales. Il examine en ce sens les arguments récents qui sont favorables ou défavorables à l’octroi de droits collectifs pour les groupes nationaux au sein d’une seule et même entité politique. S’il s’intéresse aux droits collectifs, c’est parce qu’il faut faire appel à de tels droits pour que la reconnaissance politique des peuples puisse prendre forme.
Michel Seymour, De la tolérance à la reconnaissance, Montréal, Les Éditions du Boréal, 2008, 696 p., 39,95 $.
Analyse économique du droit
L’analyse économique du droit a-t-elle quelque chose à dire aux juristes civilistes? La réponse proposée ici est résolument affirmative. Le livre montre que l’analyse économique du droit conforte le savoir traditionnel du juriste civiliste et permet de l’approfondir.
Dans sa première partie, l’ouvrage apporte au juriste un minimum de «culture économique» et une trousse d’outils nécessaires pour pratiquer l’analyse économique du droit; il montre, dans sa seconde partie, comment cette analyse peut être appliquée aux institutions centrales du droit civil et du droit des affaires que sont les droits réels, la responsabilité extracontractuelle, les obligations contractuelles, la propriété intellectuelle, l’entreprise, les sociétés par actions et les valeurs mobilières.
Le livre s’adresse à différents publics: aux juristes – magistrats, universitaires, praticiens – qui souhaitent savoir en quoi consiste au juste l’analyse économique du droit; aux étudiants des cycles supérieurs qui pourraient considérer l’analyse économique du droit comme un outil permettant de mieux structurer leur sujet d’étude; aux non-juristes à la recherche d’une lecture rationnelle derrière l’apparence parfois hermétique du droit.
Ejan Mackaay est professeur à la Faculté de droit de l’UdeM et directeur du Centre de droit des affaires et du commerce international. Stéphane Rousseau est professeur à cette même faculté et titulaire de la Chaire en droit des affaires et du commerce international.
Ejan Mackaay et Stéphane Rousseau, Analyse économique du droit, 2e éd., Paris, Dalloz-Sirey; Montréal, Les Éditions Thémis, 2008, 67 $. |