| Rassembler les ressources de l'UdeM liées au développement durable |
| 09 décembre 2008 | |
![]() Trouver des solutions de remplacement aux pesticides, concevoir et fabriquer des produits écologiques, promouvoir des produits nettoyants «propres», calculer l’exposition des travailleurs à des contaminants à l’aide d’un modèle informatique, voilà quelques-unes des impressionnantes illustrations des recherches sur le développement durable à l’Université dont Forum vous entretient cette semaine. Mais c’est un livre de plusieurs centaines de pages qu’il faudrait écrire pour rendre compte de tous les travaux qui touchent au développement durable à l’UdeM. En effet, quelque 100 professeurs et chercheurs travaillent actuellement sur des problématiques liées à l’environnement et au développement durable. Malheureusement, dans un trop grand nombre de cas, ces recherches sont méconnues non seulement du public mais aussi des autres unités du campus. Mais la situation est en voie de changer. La direction de l’Université travaille à la mise en commun des ressources dans ce domaine. «Nous avons énormément de ressources, mais la concertation pourrait être améliorée», souligne Pierre André, professeur au Département de géographie. M. André et ses collègues réunis en comité de travail ont entrepris de dresser une carte préliminaire du développement durable à l’UdeM. Quelques grands secteurs s’imposent d’eux-mêmes : la gestion de la diversité biologique, incluant notamment les espèces à sauvegarder et la création d’aires protégées; la problématique des liens entre les cultures, les groupes sociaux et leurs rapports avec l’environnement; les études en urbanisme; la santé environnementale, comprenant la santé publique, la santé au travail et la gestion des catastrophes, et la gestion des ressources naturelles: l’eau, les sols, les forêts. Mais ce souci de l’environnement semble désormais partagé par tous. Anthropologues, juristes, architectes, biologistes, sociologues, économistes, ingénieurs, tous sont interpelés. «Le développement durable, c’est en quelque sorte une idéologie. C’est une manière de concevoir le développement qui intègre les dimensions sociale, économique, politique et technique. C’est pourquoi il n’y aura pas de solution si chacun aborde cet enjeu dans son coin», rappelle le géographe. Pour illustrer son propos, il pose la question suivante: quelles pratiques les gouvernements doivent-ils privilégier pour favoriser de bonnes habitudes chez les citoyens: l’imposition d’une taxe sur des produits «honnis», l’interdiction pure et simple de certains produits, l’adoption de mesures incitatives pour le transport en commun? Si aucun économiste ne fait partie des groupes de recherche sur ces questions, tôt ou tard, des failles apparaitront dans les études. D’ailleurs, si le développement durable met en lumière la nécessité de l’interdisciplinarité, il constitue également un plaidoyer en faveur de la participation des citoyens. «Un des principes du développement durable, c’est la participation citoyenne. L’engagement de chacun est nécessaire», dit M. André. Et ce n’est pas son collègue, le doyen de la Faculté de l’aménagement, où le concept de développement durable s’est introduit depuis un bon moment, qui va le contredire. «L’Université pourrait affirmer sa présence citoyenne chaque fois que cela est possible», plaide Giovanni De Paoli. Cela pourrait prendre différentes formes, au-delà des accomplissements scolaires. Pourquoi pas une chaire en développement durable qui s’exprimerait sur des enjeux publics ou une structure souple à la tête de l’Université? Mais, virtuel ou pas, le rassemblement des forces qui planchent sur des enjeux liés au développement durable est incontournable, croient MM. André et De Paoli. «Ce qu’il y a de bien à l’Université, mentionne ce dernier, c’est que la jeunesse pousse la vieillesse à sortir de sa torpeur. Quand on pense que Kyoto est aujourd’hui vu par plusieurs comme quelque chose de ridicule, c’est qu’il y a un problème.» Paule des Rivières
D’où vient l’expression «développement durable»?
«Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion: le concept de “besoins”, et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.»
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