| Les étudiants de la Faculté de l’aménagement exposent |
| 12 mai 2008 | |
La 15e présentation rend hommage à la religieuse Délia Tétreault![]() Finissantes en architecture de paysage, Caroline O’Hara, Isabelle Filiatreault et Stéphanie Racine ont fabriqué un mur complet avec les croquis qui ont servi aux projets finaux. Recyclage et récupération… «L’élégance» était au cœur de l’exposition des finissants de la Faculté de l’aménagement, du 1er au 3 mai derniers. C’est le mot qui est venu à l’esprit de Giovanni De Paoli, doyen de la Faculté, au terme de sa visite des cinq étages du pavillon de l’avenue Darlington où étaient exposés les travaux de fin d’études de 230 futurs diplômés. «Durant toute l’année, nos étudiants arrivent ici les cheveux en broussaille, les traits tirés, concentrés sur leurs études. Aujourd’hui, ils ont passé leurs plus beaux vêtements, ont une coiffure soignée. Ils sont d’une élégance… Et cette élégance ne se retrouve pas seulement dans leur apparence; tous les projets en sont imprégnés», a dit le doyen, l’œil rieur. Baptisée Délia 2008, cette exposition voulait rendre hommage à Délia Tétreault (1865-1941), fondatrice des Missionnaires de l’Immaculée-Conception, qui ont érigé en 1938 le bâtiment qu’occupe actuellement la Faculté de l’aménagement. Même si celle-ci a substantiellement rénové l’ancienne maison des religieuses en 1998, elle a su en conserver plusieurs éléments architecturaux. À l’extérieur, les visiteurs étaient accueillis au son de cloches d’église… Le clin d’œil au passé a fait l’unanimité chez les finissants des cinq disciplines de la Faculté (architecture, architecture de paysage, design industriel, design d’intérieur et urbanisme). «C’était un thème rassembleur qui établissait un lien entre le passé et l’avenir», a mentionné Cynthia Savard-Saucier. ![]() Les étudiants Karine LeBon et Marc-André Rémillard, sous la supervision de leur professeure Tatjana Leblanc, ont repensé l’autobus urbain de façon à rendre ce moyen de transport « plus humain ». Développement durable Manifestement, le développement durable est au centre des préoccupations des aspirants architectes, urbanistes et designers. Créatrice d’un jeu de société dont le déroulement s’étend sur quatre jours, Bianca Paquette, finissante en design industriel, a voulu aller à contrecourant de ce qu’on exige habituellement des designers industriels: vendre des produits de consommation. Le but du jeu qu’elle a conçu est de vaincre un monstre né d’un immense dépotoir municipal, Surkon, qui menace d’avaler les habitants de la ville. Au cours des trois premières étapes, les joueurs doivent relever de véritables défis: ramasser des ordures, faire preuve de civisme, économiser l’énergie; ils accèdent ensuite au combat final contre le monstre de la surconsommation. «Un enfant de six mois, chez nous, consomme davantage qu’un habitant du tiers-monde durant toute sa vie», expliquait-elle aux visiteurs. Au Centre d’exposition de l’Université de Montréal, au sous-sol, ce sont les travaux des étudiants en urbanisme qui exprimaient des préoccupations écologistes. Protection du territoire agricole, plan d’aménagement de pistes cyclables et toits verts étaient au programme. ![]() Dans son projet de fin d’études, Vincent Boutin a créé un appareil portable d’échographie pour les vétérinaires appelés à se déplacer parmi le bétail. L’appareil se porte en bandoulière. Le projet de Mathieu Delage, par exemple, consistait en un aménagement touristique durable dans la région de Nominingue, dans les Laurentides. «Dans un secteur autrefois occupé par un centre de désintoxication, je propose la création de 100 unités conciliant villégiature et respect de l’environnement», indiquait le jeune homme engagé au sein du comité de finissants de l’Institut d’urbanisme. Les finissants en architecture de paysage ont eu l’idée, quant à eux, de limiter au maximum l’utilisation du papier. Toute leur production a ainsi été projetée sur un écran plutôt qu’imprimée sur des affiches. Dans sa note de présentation, le directeur de l’École d’architecture de paysage, John MacLeod, faisait remarquer «la vision d’avant-garde de la profession et l’engagement des auteurs envers le développement durable». C’est à trois finissantes de l’École, Caroline O’Hara, Isabelle Filiatreault et Stéphanie Racine, qu’on devait l’installation extérieure, un grand ruban rouge de 150 mètres qui menait aux entrées du pavillon. ![]() Finissant en design d’intérieur, Samuel Mathieu propose une « caserne des arts » pour contribuer à faire de Montréal une métropole culturelle du 21e siècle. L’architecture n’était pas en reste. Les finissants à la maitrise ont axé leurs travaux sur des projets qui occupent l’actualité montréalaise: Griffintown, la rue Notre-Dame, le Quartier des spectacles. Les célébrations du quatrième centenaire de Québec ont aussi inspiré leur réflexion: des écoles, des hôpitaux et l’Université Laval ont été en partie redessinés. Les 70 projets exposés s’appuyaient sur «le développement durable, l’architecture écologique, le rapprochement intergénérationnel, le développement économique, la revitalisation urbaine et, surtout, l’amélioration de la qualité de la vie», comme on pouvait le lire dans la présentation. Transfert technologique L’un des projets les plus ambitieux de l’année était sans contredit l’autobus urbain avancé, auquel ont travaillé trois finissants en design industriel, en collaboration avec des étudiants de l’École polytechnique et de HEC Montréal. Une équipe de 23 personnes au total. Ce sont l’Institut du transport avancé du Québec et le Centre de développement des composites du Québec (CDCQ) qui ont commandé aux étudiants un nouvel autobus mieux adapté aux réalités urbaines. Marc-André Rémillard s’est chargé de dessiner l’extérieur du véhicule, lui donnant une forme «plus sympathique», selon ses termes. «J’ai travaillé sur le côté humain, de façon à rapprocher le véhicule de ses utilisateurs», a résumé l’étudiant. Parmi ses bonnes idées, un toit parsemé de fenêtres, laissant entrer la lumière. Tatjana Leblanc, professeure à la Faculté de l’aménagement, avoue que ce projet est le plus ambitieux de sa carrière. Elle doit d’ailleurs le présenter prochainement à un congrès sur la pédagogie en milieu universitaire comme un bel exemple de transfert technologique. Pierre Labelle, directeur des opérations au CDCQ, s’est dit enchanté du travail des étudiants. Mathieu-Robert Sauvé
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