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| 28 janvier 2008 | |
Et si la ceinture fléchée faisait partie du patrimoine?![]() Claudine Déom Des universitaires de la région montréalaise se réuniront le 29 janvier à la Faculté de l’aménagement afin d’en apprendre davantage sur les projets du gouvernement en matière de conservation du patrimoine. Au cours de cette séance d’information, les responsables du dossier au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine fourniront de l’information sur le livre vert, intitulé Un regard neuf sur le patrimoine culturel, rendu public le 10 janvier. «Le document vise à actualiser la notion de patrimoine et cela est très intéressant», signale Claudine Déom, professeure adjointe à l’École d’architecture et responsable du programme de maitrise en conservation du patrimoine bâti. Le livre vert, se réjouit Mme Déom, élargit la notion de patrimoine, limitée dans la Loi sur les biens culturels de 1972 à l’architecture et aux monuments. Désormais, on suggère d’y inclure l’immatériel, entre autres les traditions – pourquoi pas la ceinture fléchée – et le savoir-faire en bâtiment. Mme Déom estime que cette vision devrait bénéficier de mesures de protection juridique. D’ailleurs, plusieurs experts croient que, pour avoir plus de poids, les éventuelles modifications à la Loi devraient s’appliquer à l’ensemble des ministères. «Cela suppose une adéquation avec d’autres lois, par exemple la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, la Loi sur les archives, la Loi sur le développement durable», souligne Mme Déom. Plusieurs autres aspects sont abordés dans le livre vert, notamment la contribution des villes, des associations et des citoyens à la préservation du patrimoine. Ceux qui suivent le dossier pensent en effet qu’il faut responsabiliser les citoyens afin qu’ils aient leur mot à dire sur des lieux auxquels ils sont attachés, cela au-delà des habituelles protestations devant des projets déjà trop avancés pour subir des changements significatifs. Pour Claudine Déom, les parties du livre vert touchant à la contribution des citoyens sont bien plus qu’une reconnaissance juridique: «Cette approche relève d’une philosophie.» Restera la sempiternelle question de la perennité du financement, car sans argent pour soutenir le patrimoine, ce dernier ne vaudra pas cher. La séance d’information, qui aura lieu de 14 h à 17 h à l’amphithéâtre 3110 de la Faculté de l’aménagement, s’adresse aux professeurs de l’UdeM mais aussi de six autres établissements. Il s’agira de la deuxième séance destinée aux experts, la première s’étant déroulée à l’Université Laval le 25 janvier. Suivront des consultations dans 12 villes et possiblement la parution d’un livre blanc, menant à des modifications de la loi de 1972. Pour les spécialistes en architecture, paysage et urbanisme, ce livre vert est une bouffée d’air frais et il alimentera certainement les débats dans les salles de cours. En fait, dans ses grandes lignes, il résonne comme un écho aux préoccupations déjà exprimées dans les universités, entre autres par Christina Cameron, responsable de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine bâti. Paule des Rivières |
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