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Soigner les guépards et les crocodiles Version imprimable Suggérer par courriel
29 octobre 2007

Six étudiants en médecine vétérinaire séjournent en Asie et en Afrique

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Les trois apprentis vétérinaires en Afrique : Émilie Lalonde, Marie-France Leduc et Alexandre Longpré.

Simplement armée d’un bâton, Taya Forde avançait lentement dans l’enclos à crocodiles de Palawan, un ile des Philippines. «Nous étions là pour recueillir des œufs afin de permettre l’incubation et la réintroduction des reptiles dans la nature. J’avoue que j’avais un peu peur… Il y avait dans cet enclos environ 200 crocodiles.»

Avec deux autres étudiantes de la Faculté de médecine vétérinaire, Marie-Pier Poirier-Guay et Marie-Michèle Poirier, Taya Forde était venue prêter main-forte aux responsables du Palawan Wildlife Rescue and Conservation Center, un centre de réhabilitation pour les crocodiles et autres animaux rescapés des activités de braconnage. «On y pratique la reproduction de deux espèces de crocodiles dont l’une, Crocodilus mindorensis, est la plus menacée du monde. Le taux de succès est très bon, autour de 60 %, mais on trouve de moins en moins de sites vierges dans le pays où il est possible de réintroduire les animaux», raconte l’étudiante, qui a consacré une bonne partie de la dernière année à organiser ce voyage dans le cadre du Défi Vet-monde, une activité parascolaire qui existe depuis 1994.

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Marie-Michèle Poirier en compagnie d’un crocodile de deux ans

Durant leur séjour de plus de 10 semaines qui les a conduites d’un bout à l’autre du pays, les étudiantes ont aussi vacciné et traité des rapaces, dont l’imposant aigle des Philippines. Pendant ce temps, une autre équipe, formée d’Émilie Lalonde, de Marie-France Leduc et d’Alexandre Longpré, avait pris le chemin de la Namibie et de la Zambie. Ces étudiants ont, notamment, contribué à une campagne de prévention des maladies chez les guépards. «Les guépards sont encore chassés par des fermiers qui craignent de les voir s’attaquer à leur bétail, explique Émilie Lalonde. Un organisme a été créé pour les recueillir et les soigner.»

Avec ses coéquipiers, elle a éprouvé un choc culturel lorsque, au cours d’un inventaire d’animaux sauvages en Namibie, elle s’est trouvée en présence des Himbas, une ethnie nomade. «Ce sont des gens coupés de toute civilisation. Les femmes vivent seins nus et les hommes portent des pagnes. Ils vivent principalement de la chasse à l’antilope. Ils nous ont d’ailleurs invités à partager leur repas. C’était mémorable», relate-t-elle.

Et quel gout a l’antilope? «C’est un peu comme du chevreuil. Mais je ne mange pas beaucoup de viande habituellement», répond-elle en riant.

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Les voyageuses ont aussi soigné des chiens.

Un défi de taille

Le Défi Vet-monde a été mis sur pied par deux étudiants aujourd’hui diplômés, Marc-André d’Anjou et Martin Lavoie, qui rêvaient de parcourir le monde pour «explorer la relation étroite entre l’animal et l’homme». Ils ont consacré l’été de 1994 à découvrir le Maroc, pays peuplé d’animaux exotiques. Ils ont entre autres côtoyé des Touaregs et leurs dromadaires.

Par la suite, leurs émules ont pris la route du Brésil, de la Thaïlande, du Kenya, de la Tanzanie, du Sénégal, de la Malaysia et du Népal, pour ne nommer que ces destinations. «Dans le Défi Vet-monde, le travail commence une année avant le départ», mentionne Taya Forde.

Après avoir choisi un pays, les étudiants communiquent avec différentes organisations sur place, demandent des autorisations et préparent l’aspect technique du voyage: itinéraire, visas, billets d’avion, vaccins, etc. Les voyageurs doivent cibler des endroits où leurs connaissances en médecine vétérinaire pourront être mises au service du pays hôte. Souvent, les moyens de communication sont archaïques ou lacunaires, de sorte que la majeure partie du travail s’effectue sur place. «En Afrique, donne en exemple Émilie Lalonde, les vétérinaires sont sans emploi, car l’État n’a pas de budget pour les engager ou encore ils s’occupent des animaux de compagnie des communautés riches. Les cabinets sont alors très semblables à ceux d’ici. Nous nous sommes tournés vers le soin des animaux sauvages.»

Mais le plus difficile s’avère la recherche de financement. Toute l’année, il faut redoubler d’efforts et d’imagination pour recueillir des fonds. Lave-auto, tirages, vente de paniers de fruits, sollicitation… «Les préparatifs nous ont occupés une vingtaine d’heures par semaine», souligne dans un souffle Taya Forde.

Mais cela a valu la peine. Quelque 35 000 $ ont été amassés pendant l’année par les deux équipes grâce notamment aux dons d’entreprises telles que la SPCA internationale, la Banque Royale, la Banque Nationale et Royal Canin.

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Émilie Lalonde a participé à une campagne de vaccination de guépards. (Photos fourniespar Taya Forde)

Conférence publique

Dans leur site, les fondateurs du Défi Vet-monde insistent sur le fait que la communication est au cœur du projet. «Une telle aventure, chargée en émotions et en connaissances, se doit d’être partagée. Au retour, les candidats doivent produire une conférence multimédia (incluant diapositives, vidéos, musique, danse…) exprimant leurs découvertes des espèces animales et de leur santé, mais aussi d’un peuple d’humains qui entretient des relations avec ces bêtes», écrivent-ils (www.medvet.umontreal.ca/AffaireVieEtudiantes/Defi_Vet_Monde).

Les voyageuses sont revenues avec d’étonnants témoignages. Au nord de Manille, l’équipe des Philippines a travaillé dans un refuge pour chiens rescapés des commerces d’alimentation. «La vente de chiens à des fins alimentaires est interdite dans le pays, mais cela se fait clandestinement, dit Taya Forde. Le refuge où nous étions avait pour mission de sauver ces animaux, de les soigner et de les confier à l’adoption.»

La conférence des participants aux deux missions de l’été 2007 aura lieu le 7 novembre à 18 h à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, au 3230, rue Sicotte. L’entrée est libre. On y présentera les photos des voyageurs et l’on invite même les spectateurs à partager des plats typiques des endroits visités. Il n’y aura pas de chien au menu…

Mathieu-Robert Sauvé

 

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