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01 octobre 2007

Marie-Josée Lespérance dirige le CPE de l’Université de Montréal

Lesperance
«Je voulais me rapprocher du milieu de l’enfance», dit Marie-Josée Lespérance.

On entendrait une mouche voler en cet avant-midi de septembre dans le centre de la petite enfance (CPE) de l’Université de Montréal, situé au pavillon J.-A.-DeSève. Difficile de croire qu’il y a ici 80 enfants âgés de quelques mois à cinq ans. Les murs et planchers insonorisés y sont pour beaucoup, mais ce climat paisible est surtout le fruit du travail des éducatrices. «Ici, le personnel est souriant et détendu, et les enfants le sont tout autant. Je vous assure, on entend rarement un enfant pleurer», soutient Marie-Josée Lespérance, qui dirige le CPE depuis le printemps 2006.

Pour cette triple diplômée de l’UdeM et de HEC Montréal (majeure en éducation en 1991, mineure en orthopédagogie en 1993 et maitrise en administration des affaires en 2005), le choix de diriger un CPE n’a pas été évident. Son salaire aurait été beaucoup plus important si elle était demeurée dans le secteur privé. «Mais ce n’est pas tout ce qui compte, l’argent! J’ai ici une qualité de vie extraordinaire et un milieu de travail passionnant.»

Après avoir été enseignante et orthopédagogue, puis gestionnaire de projet dans le domaine médical (chez Expertise Neuro-conseil), la directrice de 38 ans a cherché un endroit où son sens de l’initiative et ses qualités d’administratrice seraient mis à profit. «Et je voulais me rapprocher du milieu de l’enfance. J’avais beaucoup aimé mon travail d’enseignante», mentionne-t-elle.

Quand elle a été informée de l’offre d’emploi au CPE de l’Université, elle a posé sa candidature et obtenu le poste. «C’était comme de revenir à la maison. Mes quatre frères et moi avons un diplôme de l’Université de Montréal», lance-t-elle en riant.

Le milieu des services de garde est en pleine effervescence, estime-t-elle. Encore jeune sous sa forme actuelle, il laisse beaucoup de place à la créativité. «Je peux développer ici mon côté entrepreneur», indique-t-elle. Ce qui la motive le plus, c’est de travailler avec les 22 personnes qui forment son équipe. Toutes des femmes. Discrimination à l’embauche? Pas du tout. «J’aimerais bien avoir quelques hommes!»

Après 18 mois à la barre du CPE, elle compte deux réalisations majeures: le réaménagement de l’espace de jeu extérieur et la négociation de la nouvelle convention collective, signée à la satisfaction des parties en juin 2007.

La nouvelle cour, où les enfants s’ébattent durant les quatre saisons, était déjà prévue sous l’administration précédente, mais Mme Lespérance a dû retravailler les plans de façon à rendre le projet moins couteux. Une partie des 80 000 $ nécessaires à sa réalisation a été obtenue par une campagne de financement auprès de la communauté universitaire et des parents.

À présent, elle aimerait bien agrandir le CPE et doubler la superficie disponible. «On peut toujours rêver, dit-elle, consciente des problèmes d’espace sur le campus. Mais le besoin est là: notre liste d’attente compte actuellement 400 noms.» Un second agrandissement de la cour (et une autre campagne de financement!) est aussi dans ses plans.

Actuellement, le CPE accueille 13 poupons. C’est pour cette catégorie d’âge qu’il y a le plus de places. «Les nouveaux congés parentaux semblent bien convenir aux jeunes parents. Grâce à la possibilité de pouvoir passer 12 mois en congé, on voit beaucoup plus souvent qu’avant des pères et des mères passer une année complète avec leur bébé.»

La politique de la petite enfance, Marie-Josée n’en a guère profité lorsqu’elle a donné naissance à Christophe, aujourd’hui âgé de 12 ans. Véronique (11 ans) et Geneviève (6 ans) ont pu en bénéficier pendant quelques années. À l’époque de son ainé, on avait moins de problèmes à trouver des places en garderie, mais la facture était de quatre à cinq fois plus élevée…

Mathieu-Robert Sauvé

 

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