— Justice et démocratie : une introduction à la philosophie politique
— Environnement et sciences sociales: les défis de l’interdisciplinarité
— Les langues de la dramaturgie québécoise contemporaine
— Réflexion sur la thérapie génique germinale : aspects juridiques et éthiques
— Michel Foucault: sociologue?
Justice et démocratie: une introduction à la philosophie politique
Comment un philosophe ou un théoricien aborde-t-il une question en philosophie politique? À quel exercice de la pensée se prête-t-il pour régler les problèmes bien réels et souvent très complexes qui se présentent à lui? Pour l’auteur de cette introduction à la philosophie politique, l’investigation des concepts et des intuitions ainsi que le développement du sens critique sont des étapes nécessaires à la compréhension des principaux débats qui nous occupent encore aujourd’hui.
Dans ce livre, il s’agit donc de présenter des questions mais aussi des théories. Christian Nadeau y traite de justice et de démocratie à travers le prisme de l’argumentation philosophique. Peut-on concevoir la démocratie comme un obstacle à la justice? Est-ce que la démocratie est par définition juste et ne peut donc donner lieu qu’à des décisions justes? Ces problématiques, comme celles de la liberté, des conflits sociaux, du pluralisme, sont disséquées à la lumière du débat contemporain et des différentes approches théoriques.
Finalement, au-delà des questions politiques soulevées, le lecteur trouvera dans la singularité de cet ouvrage toutes les bases d’une initiation à la philosophie, qui lui permettront d’élaborer sa propre réflexion sur les sujets qui l’intéressent.
Christian Nadeau, Justice et démocratie: une introduction à la philosophie politique, Les Presses de l’Université de Montréal, 2007, 186 p., 29,95 $.
Environnement et sciences sociales: les défis de l’interdisciplinarité
Voici un ouvrage rédigé par des chercheurs reconnus dans leur domaine (sociologie, histoire, science politique, droit, économie sociale, etc.) comme des experts des aspects sociaux de l’environnement qui n’hésitent pas à s’engager publiquement dans des enjeux d’actualité.
En plus d’une introduction qui traite de l’interdisciplinarité dans les sciences sociales de l’environnement et d’une conclusion qui analyse les nouveaux défis posés par la problématique environnementale, le volume contient 17 chapitres regroupés en trois parties: la première, plus théorique, examine les rapports entre la société et l’environnement sous l’angle d’un nouveau paradigme d’analyse des questions environnementales en sciences sociales; la deuxième s’attarde à des perspectives plus concrètes et plus critiques relatives aux modes de gestion environnementale; la troisième présente des études empiriques portant sur des aspects environnementaux particuliers.
Ce livre s’adresse à tous ceux qui sont fascinés par l’analyse sociale des questions environnementales, par l’interdisciplinarité entre les sciences sociales et les sciences naturelles, de même que par la recherche comparative internationale. Il intéressera tant un large public que les professeurs, chercheurs, intervenants ou étudiants attentifs aux rapports complexes qu’entretiennent nos sociétés industrielles avancées avec l’environnement biophysique naturel et bâti.
Sous la direction de Corinne Gendron et Jean-Guy Vaillancourt, avec la collaboration de Cécilia Claeys-Mekdade et Alain Rajotte, Environnement et sciences sociales: les défis de l’interdisciplinarité, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 2007, 444 p., 45 $.
Études françaises: les langues de la dramaturgie québécoise contemporaine
Au cœur de l’interrogation identitaire sur la langue parlée, le théâtre québécois s’avère un lieu privilégié d’expérimentations et de prises de position linguistiques. En se penchant sur les pratiques textuelles et scéniques du joual, de l’oralité, du métissage linguistique, de l’adaptation et de la traduction, ainsi que sur certaines poétiques d’auteurs, ce numéro d’Études françaises vise à brosser un tableau historique et critique des divers rapports avec la langue dans la dramaturgie québécoise des 40 dernières années.
Ce numéro a été préparé par Jeanne Bovet.
Études françaises, vol. 43, no 1, Les langues de la dramaturgie québécoise contemporaine, Les Presses de l’Université de Montréal, 2007.
Réflexion sur la thérapie génique germinale : aspects juridiques et éthiques
La médecine moderne fait rêver. Serons-nous un jour en mesure de guérir ou de prévenir certaines maladies héréditaires graves, de «corriger» les désordres génétiques? Pourrions-nous appliquer une technique (la thérapie génique germinale) permettant d’apporter la «correction» génétique de sorte que les descendants de l’individu traité seraient eux aussi, par la même intervention, guéris?
La thérapie génique germinale est, depuis deux décennies, condamnée et généralement jugée non acceptable. L’étude comparative que l’auteure réalise dans cet ouvrage démontre que, même si l’ensemble des instruments normatifs examinés évoque la non-acceptabilité d’une telle application, les approches retenues à son égard sont divergentes: elles sont parfois flexibles (ouverture éventuelle possible), parfois strictes (prohibition totale). Ces deux approches semblent contradictoires. Quelle approche devrait être privilégiée par notre société?
L’auteure examine si, dans quelques années, il pourrait être légitime de recourir à la thérapie germinale. Elle fait valoir que, selon le genre d’application envisagé, le recours à la thérapie germinale ne porterait pas nécessairement atteinte aux droits de la personne, bien qu’elle soulève des questions éthiques difficiles et parfois inédites.
Karine Sénécal, Réflexion sur la thérapie génique germinale: aspects juridiques et éthiques, Montréal, Les Éditions Thémis, 2007, 48 $.
Sociologie et sociétés Michel Foucault: sociologue?
La radicalité du questionnement philosophique foucaldien, transposée sans complexes dans les domaines des disciplines les plus variées (de la psychiatrie au droit, de la criminologie à la sexologie, de la médecine à la biologie), force un double déplacement qui n’est pas sans poser des problèmes théoriques et méthodologiques majeurs. Alors que la philosophie renoue avec les problèmes de la cité, les sciences empiriques sont confrontées à leurs conditions de possibilité. Qu’a-t-on fait des fous, des pauvres et des malades? Pourquoi enferme-t-on certaines catégories de personnes? Pourquoi faut-il constamment dire et se dire «qui» on est? Comment gouverne-t-on? Qu’est-ce que dire «vrai»? Comment peut-on devenir sujet moral de son action?
Foucault n’est pas Durkheim. Sa méthode, dévoilée par fragments épars (entrevues, cours, articles, etc.), est constamment remise au point et parfois même en question (archéologie, méthode structuraliste, généalogie, problématisation, diagnostic…). Les notions clés qui la soutiennent évoluent et se redéfinissent au cours de ses travaux (épistémè, dispositif, discipline, savoir, discours, pouvoir, véridiction, entre autres). Enfin, les problématiques traitées dans ses textes ne font pas l’unanimité chez les critiques. De quoi parle-t-on au juste dans tel ou tel ouvrage? Quelle méthode est mise à l’œuvre? Peut-on justifier historiquement tel ou tel découpage chronologique? Peut-on rassembler dans un même corpus d’analyse des matériaux fort hétérogènes (architecture, règlements administratifs, taxinomies, tableaux de maitres, récits obscurs de gens oubliés, décrets royaux, théories scientifiques et autres)?
Malgré le malaise que bien des sociologues éprouvent devant ces difficultés, force est de constater que la pensée complexe de Michel Foucault ne peut être enfermée dans une discipline, école ou méthode qu’au prix d’émousser son originalité et de lui ôter sa force. Vers la fin de sa vie, Foucault affirmait: «Quant à ceux pour qui se donner du mal, commencer et recommencer, essayer, se tromper, tout reprendre de fond en comble vaut démission, eh bien nous ne sommes pas de la même planète.» La planète Foucault a-t-elle encore quelque chose à offrir aux sociologues?
Sociologie et sociétés, vol. 38, no 2, Michel Foucault: sociologue?, Les Presses de l’Université de Montréal, 2007. |