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Manger dans sa chambre est un facteur d’embonpoint! Version imprimable Suggérer par courriel
04 septembre 2007

L’endroit où les enfants mangent est capital, observe Marie Marquis

Enfant-TV
Habituellement, la nourriture consommée en solitaire est de moins bonne qualité que celle qui est mangée en famille.

C’est bien connu, les enfants aiment les aliments gras et sucrés qui sont habituellement sans grande valeur nutritive. Mais les interventions visant à corriger les mauvaises habitudes alimentaires doivent prendre en compte l’endroit où les enfants mangent. «Il faut se poser cette question même avant de savoir ce qu’ils mangent», soutient Marie Marquis, professeure au Département de nutrition.

Dans une étude réalisée auprès de 534 garçons et filles de 10 ans, la nutritionniste a observé une corrélation positive entre le fait de manger dans sa chambre, devant le téléviseur ou l’ordinateur et la quantité d’aliments sucrés, gras et pauvres en fibres qui sont consommés. «Nous avons voulu savoir si les enfants mangeaient ailleurs qu’à la cuisine et nous avons découvert qu’ils prennent des collations partout et à longueur de journée», signale la chercheuse.

Marie Marquis
Marie Marquis

D’une part, plus l’enfant rapporte manger fréquemment dans sa chambre, plus souvent il mangera devant le téléviseur ou l’ordinateur, ce qui pourrait indiquer que ces appareils se trouvent dans la chambre. «La chambre a évolué comme un miniappartement et l’enfant y mange en solitaire, hors de la vue de ses parents, qui ignorent bien souvent le portrait réel de ce que consomme leur enfant», ajoute Mme Marquis.

Plus de 58 % des garçons mangent de temps en temps ou tous les jours dans leur chambre, contre 48 % des filles. Les garçons sont également plus nombreux à manger chaque jour devant la télévision, soit 25,5 %, alors que près de 18 % des filles le font. Par contre, celles-ci sont plus nombreuses à manger quotidiennement devant l’ordinateur (6 %) que les garçons (4,5 %). Bien que cette différence ne soit pas significative, Marie Marquis y voit un indice possible du clavardage auquel s’adonnent les fillettes.

Le rapport entre le lieu du repas ou de la collation et la faible valeur nutritive est plus marqué chez les garçons. De façon générale, plus ils mangent dans la chambre ou devant un écran, plus ils consomment de pâtisseries, de crème glacée, de hamburgers, de pizzas, de croustilles, de frites et de boissons sucrées. Les filles se distinguent par une plus forte consommation de jus de fruits, de thé et de café ainsi que par une plus faible consommation de crudités.

Cela fait dire à la nutritionniste que les repas ou aliments consommés en solitaire sont moins sains que ceux mangés en famille et que cet aspect de l’alimentation doit être considéré dans la lutte contre l’embonpoint, qui touche 11 % des enfants de 10 ans au Québec.

«L’enfant qui mange dans sa chambre mange seul et adopte des comportements moins acceptables parce que personne ne l’observe, souligne-t-elle. Cela est également vrai pour les adultes. Le regard de l’autre est important dans les comportements sociaux et manger en est un.»

Marie Marquis déplore que l’habitude du repas en famille semble être en voie de disparition. Elle rappelle les statistiques préoccupantes du gouvernement québécois qui montrent que, dès l’âge de quatre ans, 38 % des filles et 45 % des garçons prennent fréquemment ou très fréquemment leurs repas quotidiens en écoutant la télévision, une tendance qui, tout sexe confondu, a augmenté de 5 % entre 1999 et 2002. Autre signe inquiétant, 31 % des parents considèrent que le moment du repas n’est pas un moment agréable de la relation avec leur enfant.

Daniel Baril

 

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