— Pouvez-vous imaginer vivre en ayant peur des autres?
— La psychologie environnementale
Pouvez-vous imaginer vivre en ayant peur des autres?
Peur de parler ou de manger en public? Peur de rencontrer de nouvelles personnes? Ce type de troubles est parmi les plus fréquents: on estime que 7,9 % de la population en souffre (et 13,3 % à vie). La grande majorité des gens aux prises avec l’un de ces troubles ont peur de plus d’un type de situations sociales. La phobie sociale et l’anxiété sociale perturbante font partie de la vie de nombreuses personnes. Mais qu’est-ce que la phobie sociale? Quelles sont ses causes? Quelle est sa nature et quelles interventions peuvent l’atténuer? Telles sont les questions auxquelles tente de répondre Ariel Stravynski.
En utilisant des méthodes et des concepts clés, de même qu’en se référant à une littérature exhaustive, ce livre vise à répondre à ces questions et à clarifier le concept de phobie sociale par l’entremise de discussions critiques et de l’examen de résultats de recherche. Il adopte un point de vue sceptique par rapport à l’idée reçue que la phobie sociale est un type de maladie causée par un mécanisme interne déficient et considère une conception alternative de la phobie sociale en tant que modèle interpersonnel d’autoprotection contre des menaces de nature sociale. La possibilité que la phobie sociale n’existe pas «naturellement» est aussi considérée.
La phobie sociale ou trouble d’anxiété sociale est caractérisée par une peur marquée et persistante des situations sociales (réunions, repas de groupe, etc.) ou de performance (exposés oraux, entrevues d’embauche…) durant lesquelles la personne est en contact avec des gens non familiers ou est exposée à l’observation d’autrui. La personne craint alors d’agir de façon embarrassante ou humiliante et est préoccupée par le jugement des autres (crainte que quelqu’un la juge comme anxieuse, faible, «folle», stupide; crainte que les autres remarquent qu’elle rougit, que ses mains ou sa voix tremblent, etc.). À cause de la tendance à l’évitement des situations sociales qu’il entraine, ce problème a des conséquences occupationnelles et sociales graves. Une fraction des personnes atteintes d’une phobie sociale manifestent une dépendance à l’alcool et aux drogues ou souffrent de dépression.
Ariel Stravynski, Fearing Others: The Nature and Treatment of Social Phobia, Royaume-Uni, Cambridge University Press, 2007, 432 p.
La psychologie environnementale
Nul ne saurait aujourd’hui prétendre ignorer l’influence de l’environnement sur la société et les individus. Pourtant, les psychologues se sont relativement peu intéressés à la dynamique complexe entre l’environnement et le comportement humain. Dans cet ouvrage, Jean Morval fait le point sur le développement de la psychologie environnementale, un domaine qui, depuis plusieurs années, se penche particulièrement sur les transactions entre les individus et leur cadre de vie.
Après un rappel indispensable des concepts de base, tels ceux d’espace personnel et de régulation de l’intimité, l’auteur analyse les différents processus psychosociaux à l’œuvre dans les échanges entre les gens et leur environnement: le bruit, la pollution, la chaleur, la foule, etc.
Par ailleurs, le lecteur est convié à se familiariser avec la notion d’appropriation de l’espace, qui fait l’objet des recherches les plus récentes dans le domaine, de ses liens avec la motivation au travail et l’affirmation identitaire. En corollaire, le livre aborde les questions délicates de la mobilité et de l’autonomie chez la personne âgée, ouvrant ainsi la réflexion sur les problèmes du vieillissement démographique et le maintien de la qualité de vie.
Jean Morval, La psychologie environnementale, Les Presses de l’Université de Montréal, 2007, 120 p., 24,95 $. |