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| La surstimulation nous rend irritables au travail! |
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| 01 décembre 2008 | |
Rose-Marie Charest rencontre les membres de l’ACPUM![]() La psychologue Rose-Marie Charest a mis son auditoire en garde contre la tentation d’apporter au bureau toutes les petites frustrations de la vie privée. Selon la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Rose-Marie Charest, un nouveau mal frappe les hommes et les femmes du Québec: l’irritabilité. «J’ai connu une femme qui a quitté son mari parce qu’elle n’en pouvait plus de voir la buée sur le miroir qu’il laissait après sa douche. On sous-estime l’importance de l’irritabilité dans les relations intimes. Sommes-nous plus irritables qu’avant? Je le crois», a-t-elle dit au cours de la conférence annuelle de l’Association des cadres et professionnels de l’Université de Montréal (ACPUM), le 19 novembre. Pourquoi sommes-nous si irritables? Parce que la coupe est pleine et qu’un rien la fait déborder, a-t-elle expliqué. Chaque jour, nous sommes bombardés d’informations. Nous devons manger sainement, limiter notre consommation d’alcool, faire de l’exercice, payer nos contraventions, être patients avec les enfants et performer au travail. «Nous sommes surstimulés, et pourtant nos cerveaux ne sont pas plus gros», a poursuivi la conférencière en riant. Mme Charest était sur le campus pour parler d’atmosphère au travail, un sujet qu’on n’aborde pas assez souvent, selon elle. Son message: nous avons tous une influence sur le climat de travail, autant en être conscients et ne pas rejeter nos malaises sur les autres. Et, si l’irritabilité gagne notre vie personnelle, elle se fait sentir aussi dans la vie professionnelle. Au fil de ses 30 années de consultation, la psychologue clinicienne a vu défiler dans son cabinet quelques chômeurs, mais la grande majorité de ses clients occupaient un emploi et le rapport avec le travail jouait un rôle important dans leur santé mentale. Si certaines personnes peuvent travailler 80 heures par semaine sans avoir l’impression d’en faire trop, d’autres auront de la difficulté à compléter leurs 35 heures hebdomadaires. De la même façon, les frustrations vécues dans la vie privée sont souvent transportées dans le milieu professionnel. Ces gens qu’on entend soupirer dans le bureau d’à côté ou qui pestent tous les lundis contaminent le climat de travail. «Tout le monde participe à l’atmosphère collective. On la ressent, mais on la produit également», a résumé Mme Charest, qui se désole de voir tant de gens rêver à leur retraite. «Comme s’ils passaient 20 ans à attendre 16 h 30.» Les composantes de l’atmosphère de travail Cela dit, il y a des éléments extérieurs qui contribuent, positivement ou non, à l’atmosphère de travail: le matériel sur lequel on peut compter, l’accès à un lieu d’intimité et l’organisation efficace du personnel. Le rapport de chacun avec le leadership et l’exercice du pouvoir, l’estime de soi, ainsi que la créativité et la façon dont on gère les conflits de personnalité sont d’autres points fondamentaux dans notre relation avec les collègues. ![]() Jean-Philippe Fortin, responsable du comité de perfectionnement de l’ACPUM, Mme Charest, M. Vinet et M. Viens. Les organisateurs de la rencontre ont demandé aux quelque 225 spectateurs de profiter de la pause pour rédiger des questions à l’intention de la conférencière. La seconde partie de sa présentation a consisté à y répondre. «Que faire quand un collègue rumine toujours le passé et est d’humeur changeante?» a demandé un employé. «Essayez l’humour», a répondu la psychologue. Mais cette façon de faire comporte des risques. Une blague manquée peut être perçue comme du sarcasme ou pire encore… Effet catastrophique à l’horizon. Autre question: «Apprendre à composer avec les gens: par où commencer?» Pour Mme Charest, il faut parvenir, d’abord, à distinguer l’essentiel et le nécessaire. «Si l’on place tout sur le même plan, tout devient grave.» Et tenter d’être en harmonie avec soi-même tout en trouvant le moyen de relaxer… «Il y a des clients qui arrivent à leur séance de thérapie essoufflés, car ils ont couru comme des fous pour être à l’heure. J’ai parfois envie de leur dire qu’ils auraient dû prendre une heure pour se reposer, cela leur aurait couté moins cher!» Le rapport avec les nouvelles générations a en outre été abordé. Il semble que certains employés de l’Université de Montréal composent difficilement avec leurs jeunes collègues, qui ont une tout autre perception de leur emploi que leurs ainés. Pour eux, la «job à vie» a souvent un caractère temporaire. Il faut surtout les écouter pour mieux les connaitre, a conseillé la psychologue. Au fond, les jeunes sont très motivés et remplis de projets. Le président de l’ACPUM, Bruno Viens, estime que Mme Charest a été invitée à aborder un thème «primordial pour l’Association», qui vit une année chargée. Le recteur Vinet, qui a pris la parole à l’ouverture de la conférence, a lui aussi souligné la pertinence du sujet. «S’il est juste de dire que l’atmosphère au travail est une responsabilité partagée, il ne faut pas oublier que les avantages d’un bon climat sont également partagés», a-t-il lancé. M.-R.S.
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