Rechercher dans :

Logo du journal Forum

La recherche en santé mondiale est une des forces de l’UdeM Version imprimable Suggérer par courriel
01 décembre 2008

La Direction des relations internationales tient une journée de réflexion

Jeune africain
La recherche dans les pays en voie de développement a ses propres exigences. Par exemple, il est important qu’elle bénéficie aux populations locales.

La santé mondiale est un champ de recherche en pleine expansion et l’Université de Montréal est partie prenante de ce phénomène.

Une étude récente de l’Acfas démontre en effet que les deux chefs de file dans le secteur, l’Université de Montréal et l’Université McGill, «disposent de nombreux programmes et de multiples projets de recherche», notamment près de 30 cours offrant un contenu lié à la santé mondiale.

«On fait beaucoup de recherche en santé mondiale à l’UdeM et depuis très longtemps», a indiqué Slim Haddad, lui-même engagé dans plusieurs projets en Afrique francophone, à l’occasion de la première Journée de la recherche internationale, organisée par la Direction des relations internationales et le vice-rectorat à la recherche, le 21 novembre.

Slim Haddad enseigne à l’Université depuis 1995 et mène des recherches en santé mondiale depuis plus de 20 ans. Il mentionne que beaucoup de chemin a été parcouru depuis les premiers travaux en médecine tropicale entrepris par les chercheurs montréalais. Aujourd’hui, des équipes comme le Groupe de recherche interdisciplinaire en santé, le Centre de recherche du CHUM, nommément l’équipe de recherche Teasdale-Corti, et l’Unité de santé internationale ont fait de l’UdeM la leader au Québec, de loin, dans la recherche en santé mondiale «et l’un des plus importants établissements universitaires au Canada». Il faut ajouter à ce tableau les initiatives des départements et facultés (sciences infirmières, démographie, médecine vétérinaire, médecine), faisant de la santé mondiale un thème largement interdisciplinaire. C’est au Département de médecine sociale et préventive que se concentrent les activités dans ce domaine.

Slim Haddad
Slim Haddad

Le professeur Haddad précise que les principaux sujets sont l’évaluation des systèmes et des réformes du secteur de la santé, l’analyse des transitions démographiques, épidémiologiques et nutritionnelles et l’étude des interventions en santé en lien avec des problématiques de santé prioritaires ou affectant des populations vulnérables (VIH-sida, mortalité maternelle, adolescents et personnes âgées, populations indigentes). «Ces thématiques se rejoignent dans une perspective plus large d’analyse des liens réciproques entre les politiques, la vulnérabilité et la santé. Le genre et l’équité constituent des perspectives transversales de l’ensemble des activités.»

Approches particulières

M. Haddad souligne que les recherches réalisées dans les pays en développement nécessitent des approches particulières. «D’abord, et ceci est primordial, tous les projets sont mis en œuvre en partenariat avec des collègues chercheurs des pays ciblés. Ensuite, on ne fait pas de recherche en Amazonie ou au Burkina Faso sans penser aux retombées immédiates pour les populations concernées. Nos pratiques habituelles sont laissées de côté.»

En d’autres termes, «les cinq articles à rédiger dans les revues scientifiques» n’intéresseront les populations locales que s’ils laissent dans leur sillage des moyens permettant d’apporter des solutions concrètes aux acteurs de la santé et à ces populations.

Il peut paraitre paradoxal d’entendre dire que la recherche, dans les pays les plus pauvres de la planète, exige des millions de dollars, sans lesquels rien n’est possible. Pour aller à Oyem, au Gabon, par exemple, le déplacement en avion n’est pas la seule facture à régler. Une fois sur place, il faudra trouver des moyens de locomotion pour conduire l’équipe jusqu’au terrain de recherche, si l’état des routes le permet et si les conditions météorologiques ne compromettent pas le voyage. Tout cela coute cher.

Journée recherche
Plusieurs personnes ont participé à cette première journée de la recherche internationale.

Même si les temps sont aux compressions, l’Université tire plutôt bien son épingle du jeu. Au Vietnam, un projet financé par l’ACDI à raison de 16 M$ permet notamment à six étudiants à la maitrise de se consacrer à des études sur la santé de la population. Au Mali et au Sénégal, ce sont 5,1 M$ que les Instituts de recherche en santé du Canada ont investis dans un projet sur la réduction de la mortalité maternelle. Au Cameroun, la santé et la sexualité des adolescents font l’objet d’une recherche financée par la Fondation Rockefeller (1,9 M$). Au Kerala, en Inde, on étudie la vulnérabilité et la santé (1,1 M$).

Après la création de l’École de santé publique de l’UdeM, que Slim Haddad salue au passage, un centre de santé mondiale pourrait bientôt voir le jour, assurant le volet international de l’unité. L’Université devrait aussi, selon le professeur, se doter de toute urgence d’une chaire de recherche en santé mondiale, puisque des universités comparables en ont trois ou quatre…

En marge de la rencontre, M. Haddad a expliqué à Forum que l’Université de Montréal avait été retenue avec 13 autres candidats d’un océan à l’autre pour abriter une équipe de recherche Teasdale-Corti (qu’il anime). La force de l’UdeM est de permettre la convergence des «communautés de pratique», dans des projets de recherche en santé des populations où l’on trouvera des chercheurs issus de nombreuses disciplines – épidémiologistes, démographes, médecins, économistes ou anthropologues. La plupart des travaux de recherche sont conduits dans les pays en voie de développement, en Afrique, en Amérique latine et en Asie.

Joseph Hubert
Joseph Hubert

Le recteur Luc Vinet avait, en début de journée, énuméré diverses initiatives internationales de l’UdeM, de l’unité de recherche INSERM en immunologie humaine de Montréal au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal en passant par l’Institut d’études européennes, créé conjointement en 2000 par l’UdeM et l’Université McGill à la suite d’un concours de la Commission européenne. Il a rappelé que l’Université de Montréal et ses écoles affiliées forment le deuxième pôle universitaire au Canada, et figurent au 91e rang dans le palmarès des 100 meilleures universités au monde du Times Higher Education. « Nous redoublons d’efforts pour encourager les accords interinstitutionnels et multiplier les nouvelles façons de mener des travaux de recherche, a-t-il dit. L’UdeM y voit des occasions uniques d’internationaliser encore davantage la recherche, pour le plus grand profit des chercheurs et de leurs étudiants. »

Promettant à l’auditoire une deuxième journée de réflexion, et peut-être même un rendez-vous annuel, le vice-recteur à la recherche, Joseph Hubert, a clos la rencontre en dressant un bilan très positif de l’activité. Il a mentionné que l’enseignement et la recherche étaient des priorités institutionnelles, et il a signalé que son vice-rectorat travaillait à faciliter les regroupements de chercheurs.

M.-R.S.

 

international.umontreal.ca

acfas.ca

 

© 2008 - Bureau des communications et des relations publiques