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Les acides gras mono-insaturés pourraient aider à prévenir l’obésité Version imprimable Suggérer par courriel
24 novembre 2008

Les bienfaits des habitudes méditerranéennes sont confirmés

Les populations où les taux d’obésité sont faibles semblent consommer davantage d’acides gras mono-insaturés, démontre une étude publiée dans la revue Public Health Nutrition. «Une autre raison d’adopter les habitudes alimentaires traditionnelles des Méditerranéens», dit Nadiah Moussavi, diplômée de troisième cycle du Département de nutrition, qui a mené la recherche. Les acides gras mono-insaturés contenus en grande quantité dans l’huile d’olive protègent aussi nos artères. À l’opposé, les acides gras saturés que renferment surtout le beurre, la crème fraiche et la viande, ainsi que les gras trans, présents dans les huiles hydrogénées et les produits dérivés, augmentent le risque de maladies cardiovasculaires. Des risques d’obésité pourraient également être associés à ces différents acides gras.

«À ce jour, les recherches sur l’animal et quelques essais cliniques confirmeraient l’hypothèse que tous les types d’acides gras n’ont pas le même effet sur le poids, explique Nadiah Moussavi. Peu d’études épidémiologiques sur le sujet sont actuellement disponibles et leurs résultats sont contradictoires. L’objectif de mes travaux était de voir si l’on pouvait établir une association entre la prévalence de l’obésité et les diverses matières grasses dans 168 pays du monde.» Pour connaitre le sort de tous ces gras, la chercheuse a eu recours aux données de l’Organisation mondiale de la santé relatives à la prévalence de l’obésité chez les femmes âgées de 15 ans et plus. Les bilans alimentaires pour les années 1998 à 2002 ont été obtenus à partir de la base de données FAOSTAT. Pour chacune de ces années, l’apport calorique total des matières grasses par habitant a été calculé. Un modèle de régression linéaire multiple a été employé pour vérifier le lien entre la prévalence de l’obésité et les gras consommés dans les pays ciblés.

Huile d'olive
Les acides gras contenus dans l’huile d’olive protègent nos artères.

L’huile d’olive fait moins grossir

L’analyse de Nadiah Moussavi montre, comme on pouvait s’y attendre, que l’apport calorique quotidien par habitant d’acides gras est lié à l’embonpoint pour les gras saturés, les gras polyinsaturés et d’autres matières grasses. La relation est toutefois négative en ce qui concerne les acides gras mono-insaturés. Autrement dit, dans les pays où ce type de gras fait partie intégrante du régime alimentaire, il n’y a pas ou peu de surcharge pondérale.

La consommation d’acides gras mono-insaturés, et donc d’huile d’olive, aurait un effet bénéfique à cet égard. «C’est probablement parce que notre corps travaille mieux à oxyder ces acides gras», remarque le professeur Olivier Receveur, qui a dirigé les travaux de recherche de Mme Moussavi.

«Dans les pays où le taux d’obésité est bas, on constate plus souvent une grande consommation d’acides gras mono-insaturés, résume la chercheuse. Là où la prévalence est élevée, il semble y avoir une consommation moindre de ce genre de gras au profit des gras polyinsaturés.»

La France a un profil idéal

Parmi les pays qui ont un haut taux d’obésité et une consommation négligeable d’acides gras mono-insaturés figurent, notamment, l’Égypte, la Dominique (État insulaire des Petites Antilles), l’Arabie Saoudite et le Pérou. Certains autres, comme la France, le Danemark, l’Italie et les Pays-Bas, présentent un profil idéal, soit un faible taux d’obésité et une forte consommation d’acides gras mono-insaturés. En France, par exemple, la prévalence de l’obésité chez les femmes âgées de plus de 15 ans est de 6,1 % et la consommation quotidienne de gras mono-insaturés dépasse 55,5 g par habitant.

La situation au Canada et aux États-Unis semble toutefois plus complexe.

Pour le Canada, mentionnons que le taux d’obésité atteint 22,2 % chez les femmes âgées de 15 ans et plus, avec une consommation quotidienne de 59,2 g de gras mono-insaturés par habitant, pour un total de 147 g, tous types de gras confondus. Pire encore, les États-Unis affichent un taux d’obésité de 37,8 %; la consommation quotidienne de gras mono-insaturés est de 45,9 g par habitant et la consommation totale de gras s’élève à 152,2 g.

Ces exemples indiquent que des facteurs autres que la seule consommation de gras mono-insaturés entrent en jeu, ce que ne nie pas Nadiah Moussavi. «La consommation totale de gras, de fibres, de fruits et légumes, la pratique soutenue d’activités physiques, l’histoire familiale sont des éléments à considérer, souligne-t-elle. Mais notre étude révèle qu’il y a quelque chose à prendre en compte du côté de la consommation des gras mono-insaturés et peut-être d’autres types de gras.»

Dans sa thèse, Nadiah Moussavi a d’ailleurs montré que les acides gras trans pourraient non seulement être responsables de maladies cardiovasculaires mais aussi être associés à un risque accru d’obésité. La thèse de Mme Moussavi, menée sous la codirection du professeur Victor Gavino, a officiellement été déposée au printemps dernier.

Dominique Nancy

 

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