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| Passage accéléré au doctorat: attention aux fausses attentes |
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| 17 novembre 2008 | |
Pour la FAECUM, l’encadrement prime sur les passages accélérésTrès populaires aux États-Unis, les passages accélérés ou les accès directs au doctorat demeurent des phénomènes marginaux au Québec. Cela n’a pourtant pas empêché la FAECUM de s’y intéresser. ![]() Tous les chemins ne mènent pas au doctorat, mais il y a tout de même plusieurs façons d’y accéder. (Photo : Richard Gravel) «Nous nous demandions quelle est la satisfaction des étudiants qui ont choisi ces parcours particuliers», explique Louis-François Brodeur, coordonnateur des affaires académiques des cycles supérieurs à la FAECUM. Les étudiants qui font leur maitrise en un an au lieu de deux ou qui passent directement au doctorat sans faire de maitrise sont-ils bien intégrés? Quel est l’effet de ces cheminements sur leur rendement? Une douzaine d’étudiants dans cette situation sur plus d’une centaine au total ont ainsi été sondés l’an dernier. Résultat? Au-delà du fait qu’ils auraient aimé davantage de publicité sur ces parcours, les étudiants semblaient somme toute très satisfaits. La FAECUM est demeurée dubitative. «On s’est rendu compte que les critères n’étaient pas homogènes et qu’il n’y avait pas une seule façon d’envisager ces passages», constate M. Brodeur en rappelant qu’il n’existe que très peu d’information sur le sujet. Par exemple, la moyenne minimale exigée pour se prévaloir d’un passage accéléré ou d’un accès direct au doctorat diffère selon le parcours choisi et le département. La FAECUM souhaite également que le caractère «exceptionnel» d’un tel cheminement soit souligné dans les règlements de l’Université. «Sinon, on risque de créer de fausses attentes», signale M. Brodeur en appelant à la prudence devant l’absence de règles claires. ![]() Abolir la maitrise? Selon les chiffres du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, dans tout le Québec, 519 étudiants étaient aux cycles supérieurs dans un programme d’accès direct au doctorat en 2005 et n’avaient donc pas fait de maitrise. À l’UdeM, pour la même période, 46 étudiants ont été admis dans un programme de passage accéléré au doctorat et 13 dans celui de l’accès direct, si l’on se fie au nombre de bourses qui ont été accordées. En réalité, ce chiffre est un peu plus élevé, car tous ne reçoivent pas une aide financière. Ces chiffres de la Faculté des études supérieures et postdoctorales révèlent par ailleurs que les étudiants en sciences pures sont plus nombreux à participer à de tels programmes. Bien qu’il ne déconseille pas totalement le passage accéléré ou l’accès direct au doctorat, Louis-François Brodeur fait valoir l’importance de la maitrise. «Ce diplôme doit continuer d’exister, car il correspond à un besoin du marché. Ainsi, pour enseigner au cégep, il faut une maitrise. Il y a aussi une qualité de formation à la maitrise, ne l’oublions pas.» Il se dit rassuré en constatant que ce n’est pas une priorité pour la direction de l’UdeM d’encourager ce genre de parcours. ![]() Maxime Desmarais-Tremblay et Louis-François Brodeur La durée des études aux cycles supérieurs devrait être de 5 ans, mais elle est dans les faits de 2,8 années à la maitrise et de 6 ans au doctorat. Les parcours particuliers qui écourtent ou éliminent la maitrise ont souvent été associés à une plus grande motivation à terminer ses études ou encore à les achever en moins de temps. Mais cela est possible si et seulement si les étudiants ont l’encadrement nécessaire et le soutien financier approprié, insiste Maxime Desmarais-Tremblay, ancien coordonnateur des affaires académiques des cycles supérieurs. «On ne peut pas prendre un élément du système américain et l’implanter dans notre contexte à nous. Aux États-Unis, les étudiants sont souvent mieux aidés financièrement», dit-il. Pour la FAECUM, la meilleure façon de réduire le nombre d’années passées à étudier aux cycles supérieurs demeure un encadrement adéquat. «C’est la précarité qui nuit aux études de 2e et de 3e cycle, croit Louis-François Brodeur. Il faut aussi arriver à briser l’isolement et à clarifier l’engagement de l’étudiant qui décide de poursuivre ses études.» L’étudiant qui passe directement du baccalauréat au doctorat n’a pas nécessairement l’expérience de la recherche, ajoute-t-il. Il peut avoir effectué des stages d’été, mais il ne sait pas s’il a les aptitudes pour ni à quoi s’attendre exactement. Lisa-Marie Gervais
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