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| Tous les étudiants devraient suivre une formation |
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| 06 octobre 2008 | |
Les «compétences informationnelles» des étudiants ne sont pas à la hauteur, estime Thierry KarsentiThierry Karsenti n’en démord pas: à son avis, tous les étudiants devraient suivre une formation pour étendre leurs compétences informatiques à leur entrée à l’université. Comment, sinon, effectuer ses recherches de manière efficace dans Internet? «Si les étudiants arrivent à l’université avec certaines habiletés informationnelles, généralement ils n’en acquièrent pas de nouvelles», constate le professeur de la Faculté des sciences de l’éducation. ![]() Thierry Karsenti croit que l’Université devrait imposer une formation à tous les étudiants afin que ces derniers puissent tirer le maximum de Google et des autres moteurs de recherche. «Google est tout à fait indispensable, mais encore faut-il savoir l’utiliser. Cela signifie d’abord qu’on ne s’arrête pas nécessairement au premier site donné et qu’il faut pouvoir discerner la bonne de la mauvaise information.» M. Karsenti verrait très bien l’imposition d’une formation pour tous, qui n’aurait pas besoin d’être très longue – «cinq heures par exemple» – mais qui serait suffisante pour que tous les étudiants deviennent compétents dans la recherche d’information. Déjà, fait-il valoir, certaines écoles américaines dispensent une telle formation au primaire. Cela se fait notamment en Californie et plus près de nous, en Nouvelle-Angleterre. Logique car, dit-il, «c’est l’avenir des étudiants». «Il faut montrer aux étudiants à naviguer dans le savoir», mentionne le professeur. Cette formation pourrait inclure un tronc commun mais contiendrait également une section adaptée aux besoins particuliers de chacun, selon la discipline. M. Karsenti est lui-même pleinement engagé dans la formation aux outils électroniques, si l’on peut dire. Par exemple, dès son premier cours en début d’année, il parle de plagiat et du Web. «J’explique à mes classes qu’en 1991 j’avais des étudiants qui copiaient, mais qu’il m’était très difficile de prouver que la partie de texte suspecte venait effectivement d’ailleurs. Et j’enchaine en leur démontrant à quel point il est aisé, aujourd’hui, de repérer les phrases copiées. J’en profite aussi pour les informer des manières de recueillir de l’information dans Internet sans plagier.» M. Karsenti demande en outre à ses étudiants d’enrichir un des articles de Wikipédia en y ajoutant des éléments d’information inédits. «Je les oblige à bonifier les définitions de Wikipédia. C’est une stratégie pédagogique en éducation: ils peaufinent ainsi des notions de grammaire et traitent de l’information scientifique.» On aura compris que M. Karsenti ne partage pas l’avis de ceux qui dénoncent le manque de fiabilité de ce site. Il se plait plutôt à rappeler que, à la suite d’une recherche effectuée pour la revue Nature, des dizaines de Prix Nobel ont comparé des milliers d’informations dans Wikipédia et dans les volumes de l’Encyclopédie Britannica et trouvé moins d’erreurs dans Wikipédia! «Quand vous êtes professeur, vous devez jongler avec ces connaissances auxquelles les étudiants ont rapidement accès. C’est stimulant et difficile à la fois parce que les étudiants peuvent revenir le lendemain avec des renseignements liés au contenu du cours mais que vous n’avez pas abordés. Il y a une instantanéité nouvelle.» Paule des Rivières |
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