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Cinq siècles d’expérience au Département de science politique Version imprimable Suggérer par courriel
22 septembre 2008

Les professeurs du Département font le point sur leurs savoirs en 27 questions

La politique en questions
Chaque expert répond à une question sur la politique.

«Nous voulions réaliser un projet commun pour montrer comment la science politique se pratique aujourd’hui plutôt que d’évoquer le passé et de se montrer nostalgique.» C’est ainsi que Philippe Faucher, directeur du Département de science politique, explique le pourquoi de l’ouvrage collectif La politique en questions, qui parait ces jours-ci aux Presses de l’Université de Montréal pour souligner le 50e anniversaire de son unité.

L’idée originale était d’inviter tous les professeurs du Département à présenter leur domaine de recherche de façon vulgarisée en répondant à une question. Sur 31 professeurs, les 27 qui étaient disponibles ont répondu à l’appel. «L’ouvrage propose un condensé de leurs savoirs réunis. La somme de leur expérience en enseignement et en recherche totalise plus de 500 ans», écrit Philippe Faucher dans la présentation du volume.

Les politologues ont tenté de répondre aux questions suivantes: «Faut-il étudier les femmes en science politique?» (Jane Jenson); «Mon vote peut-il faire la différence?» (André Blais); «Le pouvoir vient-il de la rue?» (Pascale Dufour); «Pourquoi les partis ont-il recours à la publicité négative?» (Denis Monière); «Est-ce l’économie qui inspire le vote?» (Richard Nadeau); «Peut-on faire l’éloge de la girouette?» (Éric Montpetit); «La démocratie participative fonctionne-t-elle?» (Laurence Bherer); «La Charte est-elle utile ou nuisible?» (Charles Blattberg); «Pourquoi tant de violence en politique?» (Marie-Joëlle Zahar).

Philippe Faucher
En 50 ans, les études politiques ont acquis une maturité, souligne le di-recteur du Département, Philippe Faucher.

«Les certitudes sont rares et plusieurs questions demeurent en suspens, prévient Philippe Faucher. Selon le groupe auquel on appartient, les certitudes sont d’ailleurs perçues comme des erreurs de jeunesse ou... de vieillesse! Mais nous avons beaucoup de plaisir à nourrir ces débats.»

Nouveaux outils

Même si le directeur du collectif se défend d’avoir voulu produire un ouvrage rétrospectif, le volume permet néanmoins d’observer l’évolution de la science politique et illustre lui-même une nouvelle préoccupation de la part des politologues. «Nous sommes en train de passer à la vulgarisation de nos connaissances, déclare le professeur. Alors que la littérature scientifique est souvent inaccessible, nous avons le souci de bien nous faire comprendre tout en gardant nos distances avec le discours de libre opinion.»

En 50 ans, les études politiques ont atteint une certaine maturité et la discipline défend son titre de science. «Le discours s’est transformé et nous nous fondons de plus en plus sur des données empiriques, poursuit le politologue. Nous avons maintenant des outils informatiques et une technologie que nous n’avions pas auparavant et la méthodologie est plus rigoureuse.»

Signe des temps, les objets d’étude ont aussi changé. Les questions idéologiques liées au marxisme et au nationalisme ont fait place à des thèmes tels que la gestion publique, la sécurité, les relations internationales, les partenariats public-privé ou même la biotechnologie.

Même si le champ d’études et les méthodes se diversifient, Philippe Faucher défend la forme singulière, plutôt que plurielle, de la dénomination du Département. «Ceux qui utilisent le pluriel font une distinction entre la politique intérieure et la politique internationale parce que les relations internationales supposent une familiarité avec le droit. Cette distinction n’existe plus, affirme-t-il en s’en remettant à une déclaration de Tony Blair. L’émigration iranienne est un enjeu pour l’Angleterre et les préoccupations locales exprimées par des groupes comme Green Peace ont une influence sur les décisions internationales. Au Département, nous privilégions l’intégration des disciplines, que ce soit l’administration publique, les relations internationales ou les questions juridiques. Cela permet de structurer la pensée dans une démarche qui est propre à la science politique.»

Une forte demande

Au fil de ses 50 années d’histoire, le Département a vu son nombre d’étudiants grossir sans cesse; ils sont maintenant 1000 au premier cycle et 200 aux cycles supérieurs, ce qui en fait le deuxième département en importance à la Faculté des arts et des sciences, après celui de psychologie.

Selon le directeur, il y a une forte demande dans les établissements publics, les services gouvernementaux, les ONG, les partis politiques, les organisations internationales et les médias relativement aux programmes de formation en science politique. Une maitrise est toutefois essentielle pour quiconque veut travailler dans ce domaine.

Le lancement de La politique en questions ne sera pas la seule façon de souligner ce 50e. Quatre conférences, prononcées par «ceux qui font les choses les plus marquantes en science politique contemporaine», soit Marie-Claude Smouts, Jon Elster, James Fowler et Peter Hall, seront présentées les 22 et 23 octobre. Les célébrations seront marquées par un banquet qu’animera Marc Laurendeau, diplômé du Département.

Daniel Baril

 

pol.umontreal.ca

 

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