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| 22 septembre 2008 | |
Malolo révèle son indocilité![]() Lorraine Camerlain présente cette semaine sa première exposition solo. On connait Lorraine Camerlain comme directrice du Centre de communication écrite. Chaque année, elle organise les activités de la Semaine du français et de la francophonie sur le campus et dirige, dans Forum, le cahier spécial avec sa grille géante de mots croisés publiée à cette occasion. Mais Lorraine Camerlain est aussi une artiste accomplie. Cette semaine, elle présente à la galerie Kaf Art, de la rue Lajeunesse, la première exposition solo de ses œuvres, des aquarelles et des acryliques sur des papiers et cartons de diverses natures. «J’ai toujours aimé l’art, raconte celle qui signe ses toiles du nom de Malolo. À 20 ans, j’ai fait un peu de peinture à l’huile, mais cette forme m’est apparue trop lourde, trop contraignante. En 2000, peut-être parce que c’était un nouveau siècle, j’ai pris des cours de dessin et de peinture au Service des activités culturelles de l’Université. Je me suis retrouvée comme à 20 ans, alors que l’art pictural m’est allé droit au cœur.» L’aquarelle ne l’a toutefois pas séduite au premier abord. «L’aquarelle est traditionnellement associée aux paysages et ses tons doux de pastel ne me rejoignaient pas», affirme-t-elle. Mais, avec ses professeurs Henri Venne, Carmen Coulombe et Claude Noël, elle a découvert qu’on pouvait explorer d’autres effets de l’aquarelle en diluant moins les pigments pour concevoir des œuvres plus intenses. Du coup, ces techniques et le recours à de nouveaux supports ouvraient la voie à l’expression de thèmes plus abstraits qui la touchaient davantage. Lorraine Camerlain donne une image douce, tranquille et posée d’elle-même pour ceux qui la côtoient, mais ses compositions témoignent d’une tout autre facette de sa personnalité. «Nous vivons dans un monde qui n’est pas doux et je veux l’exprimer par des teintes non conventionnelles, comme le rose pour illustrer la terreur. Je recherche le choc des couleurs; si ce n’est pas riche en couleurs, ce n’est pas moi.» Malolo se dit même «guidée par son indocilité». Plusieurs œuvres dénotent cette insoumission, comme celle sur la photo ci-dessus au titre évocateur Non, bon! «Quand j’étais enfant, on m’appelait “Mademoiselle Non, bon!” parce que je m’opposais toujours à ce qu’on me demandait. Cette aquarelle rappelle ce souvenir de mon enfance.» Des thèmes plutôt dramatiques, comme Requiem, une toile inspirée des attaques contre le World Trade Center, révèlent également ce désir de dépasser l’effet généralement paisible de l’aquarelle. Ses acryliques sont non figuratives, mais toujours aussi colorées. Même si l’art semble maitrisé, Lorraine Camerlain continue de prendre des cours afin de bénéficier de l’effet stimulant du groupe. Depuis 2000, elle réalise une cinquantaine de tableaux par année et a déjà participé à quatre expositions collectives. «J’ai un immense besoin de créer», déclare-t-elle. L’exposition Profondeurs, soies et artifices, qui présente 25 de ses œuvres du 23 au 28 septembre, est sa première en solo. «J’ai des papillons dans le ventre!» Daniel Baril |
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